COLLECTANEA FRIBURGENSIA

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COMMENTATIONES ACADEMICtï

UNIVERSITATIS FRIBURGENSIS HELVETIORUM

FASCICULUS III.

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FRIBURGI HELVETIORUM

APUD BIBLIOPOLAM U N I V E RS I T AT I S MDCCCXCV

LES

GLOSES DE CASSEE

LE

PLUS ANCIEN TEXTE RETO-ROMAN

PAR

PAUL MARCHOT

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FRIBOURG (Susse)

EN VENTE A LA LIBRAIRIE DE l'iNIVERSITÉ 1895

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LES GLOSES DE CASSEE

Les Gloses de Cassel ont été étudiées par Fr. Diez il v a une trentaine d'années dans ses Anciens glossaifes' romans (traduction par A. Bauer, 5'-' fascicule de la Bibliothèque de 1" Ecole des Hautes-Etudes). Elles sont généralement regardées comme appartenant au VIII*: siècle et, en ce qui concerne la langue, on parait être d'accord avec le père de la philologie romane pour les attribuer au domaine d'oi'l et même à la partie nord-est de ce domaine existe le phénomène du maintien de w germanique. C'est au point que les auteurs de deux chrestomathies de l'ancien français les ont imprimées dans leurs recueils : c'est par les Gloses de Cassel que s'ouvre la Chrestomathie de l'ancien français de Bartsch et elles figurent immédiatement après les Gloses de Reichenau dans le remarquable et savant Altfran^ôsisches Uebungsbuch de MM. Fœrster et Koschwitz. Cependant, déjà en i855, Holtzmann avait cherché «à établir une parenté entre la langue du glossaire et le roumanche » fap. Diez, p. 78) et dernièrement, en 1892, un savant italien, M. Monaci, professeur à l'Université de Rome, a déclaré formellement qu'il regardait ces gloses comme un texte de la région lombardo-frioulane, en annonçant qu'il publierait prochainement les raisons qui le portaient à émettre semblable assertion 1. A ma connaissance, ces arguments annoncés depuis >deux ans n'ont pas été publiés. Je me propose dans le présent travail d'examiner personnellement la question et d'essayer d'arriver à une localisation des Gloses de Cassel.

L'étude de Diez est faite surtout au point de vue lexicographique ;

' Voy. Rumania, XXII, p. 627. M. Monaci a t'ait cette déclaration dans les Rendi- conli delta R. Accademia dei Lincei (juin iHya), qui ne me sont pas accessibles. 11 v dit aussi que la pièce 81 des Cannina liurana est également lombardo-frioulane.

8

ce qu'il dit de la phonétique et de la flexion tient en quelques pages (79-83 et 1 14-1 17). Et dans V Avant-propos de la traduction française, M. G. Paris le loue d'avoir agi ainsi : « Le glossaire, si précieux pour l'histoire du sens, ne peut dans la plupart des cas inspirer pour la partie phonétique qu'une médiocre confiance, rédigé comme il l'est par un Allemand latiniste, c'est-à-dire dans les plus mauvaises conditions possibles '. » Je dois dire que je ne saurais me rallier à cette opinion, exprimée il y a vingt-cinq ans du reste par le maître français. Que le glossaire contienne une masse de mots purement latins : liomo, caput. index, médius, auricularis, etc., etc. (voyez Diez, p. x), que d'autres soient parfois affublés à tort et à travers de désinences latines, comme timporibus (Diez, p. 74), c'est un fait qu'on ne saurait nier et qui est, si je ne me trompe, admis de tous. Notre auteur, en tant qu'auteur du Vlll*^ siècle, avait reçu une éducation exclusivement latine et la langue parlée était pour lui une corruption, une dénaturation, si je puis dire, du latin. Cette langue vulgaire, triviale presque, il eût été contraire à toutes les règles de l'écrire telle quelle, comme elle était prononcée. Une idée aussi révolutionnaire ne pouvait germer dans la cervelle d'un homme du VIIl'^ siècle. Qu'on veuille bien tenir compte aussi de ses habitudes acquises dans l'Ecole. On observe un phénomène semblable chez les patoisants, qui, absolument étrangers à la linguistique et ayant reçu toute leur instruction par le canal de la langue française, affublent leurs productions dialectales de défroques françaises. Au surplus, ce qui prouve surabondamment cette thèse, c'est que le glossographe, dans les rares cas l'étymologie lui échappe, écrit parfaitement le mot roman : innuolu, talauun 1. taliiun (le lat. disait talus), ordigas, figido (hcatum), ferrai, auciun, pulcins , bisle (pensilk), esilos, mediran {' materamen), pis (■ picus), devrus (tubrucos), manneiras (manuarias;, /orneras (vomerias), etc.

J'entends laisser de côté la question de date, mais je ne saurais admettre l'opinion de M. G. Paris et je dis que, étant donnés les progrès considérables qu'a faits depuis trente ans la linguistique romane, étant connue cette tendance de l'auteur à une latinisation excessive du texte, il n'est point impossible que l'on apporte des corrections et des amé- liorations nombreuses au travail de Diez et qu'à l'aide des mots en nombre respectable écrits en roman , on parvienne à tracer, d'une façon assez exacte, le tableau des principaux caractères phonétiques de la langue des Gloses, ce qui permettra alors de donner du te.xte une

' I'. I.

- 9 -

localisation au moins approximative. Tel est le but que, comme je l'ai dit, je me propose dans le présent travail.

Il va de soi que je n'utiliserai pas les mots qui n ont pas encore été expliqués ou qui sont encore douteux tels que cinge, segradas, de apis siluiiarias, etc., pas plus que le VIII'^ chapitre du glossaire, dont la langue est à peu près exclusivement latine et dont Fauteur, d"après l'opinion générale (voy. Diez, p. 74), n'est pas le même que celui des sept premiers chapitres.

Après avoir déterminé, d'une façon générale, dans quelle région du monde roman les Gloses du Cassel ont été élaborées, il s'agira d'identifier dans la langue romane que parle cette région chacun des mots que contiennent les Gloses. Ce sera l'objet de la seconde partie du travail. Le couronnement obligé de celui-ci sera un essai d'édition critique des Gloses, essai qui jusqu'à maintenant n'a pas été tenté.

.Mais il faut, avant d'entrer en matière, donner une reproduction du texte tel que nous l'a transmis le ms. C'est l'excellent texte diplo- matique de y Altfran^ôsisches Uebungsbuch de MM. Fœrster et Roschwitz que j'emprunte, en résolvant tous les signes et toutes les abréviations paléographiques et [en séparant les mots réunis, réunissant les fragments de mot séparés dans le ms. :

homo man.

caput haupit.

uerticeHZ skeitila.

capilli fahs. 5 oculos augun.

auras aorun.

nares nasa.

dentés zendi.

timporibus chinnapahhun, hiuffilun. ' 10 facias uuangun.

mantun chinni.

maxillas chinnpein.

coUo hais.

scapulas ahsla. i5 humérus ahsla.

tondit skirit.

tundi mec capilli skir min fahs.

radi me meo colli skir minan hais.

radi meo parba skir minan part. 20 radiées uurzun.

lO

labia lefsa.

palpebre prauua.

interscapulas untarhartinun.

dorsum hrucki. 25 un osti spinale ein hruckipeini.

renés lenti.

coxa deoh.

os maior daz maera pein deohcs.

innuolu chniu. 3o tibia pein.

calamel uuidarpeini.

talauun anchlao.

calcanea fersna.

pedes foozi. 35 ordigas zaehun.

uncla nagal.

membras iidi.

pectus prust.

brachia arm. 40 manus hant.

pal ma prêta.

digiti fingra.

polix dumo.

index zeigari. 45 médius mittarosto.

medicus laahhi.

articulata altee.

minimus minnisto.

putel darm. 5o putelli darma.

lumbuluȔ lentiprato.

ligido lepara.

pulmone lungunne.

intrange indinta. 55 stomachus mago.

latera sitte.

costis rippi.

unctura smero:

cinge curti. Oo lumbus napulo.

II

umbilico napulo.

pecunia fihu.

cauallus hros.

equm hengist. 65 iumenta marhe.

equa marhe.

puledro folo.

puledra fulihha.

animalia hrindir. 70 boues ohsun.

uaccas choi.

armentas hrindir

pecora skaaf.

pirpici uuidari. 75 fidelli chalpir.

ouiclas auui.

agnelli lempir.

porciu suuinir.

ferrât paerfarh. 80 troia suu.

scruua suu.

purcelli farhir.

aucas cansi.

auciun caensincli. 85 puUi honir.

pulcins honchli.

callus hano.

gaUna hanin.

pao phao. go paua phain.

casu hus.

domo cadaw.

mansione selidun.

thalamus chamara. 95 stupa stupa.

bisie phesal.

keminada cheminata.

furnus ofan.

caminus ofan. 100 furnax furnachc.

12

segradas sagarari.

stabulu stal.

pridias uuanti.

esilos pretir. io5 mediran cimpar.

pis first.

trapes capre/ta.

capriuns rafuun.

scandula skintala. I lo pannu lahhan.

tunica, seia tunihha.

camisa pheit.

pragas proh.

deurus deohproh. 1 15 fasselas fanun.

uuindicas uuintinga.

mufflas hantscoh.

Liuanz irhiner.

uuasa uuahsir.

f dolea, '^° I caua putin. I idrias 1 tunne choffa.

I carisa

[ ticinne choffa fodarmaziu.

sisireol stanta.

cauuella potega.

125 gerala, tina zuuipar.

siccla einpar.

I sicleola,

I sedella ampri.

sestar sehtari.

calice stechal. i3o hanap hnapt.

cuppa chupf.

caldaru chezil.

caldarora chezi.

cramailas hahla. i35 implenus est fol ist.

paias scLilla.,

i3

sappas hauua.

saccuras achus.

manneiras parta. 140 siciles sihhila.

falceas segansa.

taradros napugaera.

scalpros scraotisran.

planas pau/nscapo. 145 liones seh.

fomeras uuganso.

martel hamar.

mallei slaga, hamar.

et forcipa anti zanga. i5o et inchus anti anapaoz.

de apis picherir.

siluuarias folliu.

( flasca, [ puticla.

mandacaril moos. i55 ua cane.

fac iterum to auar.

citius sniumo.

uiuaziu iili.

argudu skeero. 160 moi mutti.

quanta moi in manage mutte.

sim halp.

aia tutti uuela aile.

uestid cauuati. i65 laniu uestid uullinaz.

Uni uestid lininaz.

tramolol sapan.

uellus uuillus.

punxisti stahhi. . 170 punge stih.

campa hamma.

ponderosus haolohter.

albios oculus starapiinter.

gvppus houarohter. 175 et lippus prchanprauuer.

claudus lamer. mutus tumper. tinas zuuipar. situlas einpar. i8o guluium noila.

A. GRAMMAIRE

I. PHONÉTIQUE

VOCALISME

CHUTE DE LA PÉNULTIÈME ATONE

1. On sait que la pénultième atone était déjà tombée en latin dès les premiers siècles de l'Empire. Notre texte nous montre de nombreux exemples en -ulus, -ula elle est conservée, mais il ne faut voir là, évidemment, que des graphies purement latines. Du reste, on a

uncla nagal 36

oviclas auui 76

mufflas hantscoh 1 17

siccla einpar 126

cramailas ^ ha.h\3i 184

puticla i53 Digiti fingra 42 est peut-être une graphie étymologique, tandis que bisle phesal 96 (= pensile), dont l'étvmologie échappait à l'auteur, est tien roman.

Dans figido lepara 52. peut-être v avait-il encore un léger son vocalique, a offrant toujours plus de résistance à l'atone que les autres vovelles.

' Les Capitulaires de Cliarlemagnc ont cramacllim (Hatzfeld et Darmesteter, Dictionnaire général).

- i6 -

Dans gerala, tina zuuipar i25, il faut nécessairement voir une faute pour gerula, voyez au Commentaire.

Quant hpuledro folo 6j,puledra fuliiiha 68, ils peuvent représenter, comme le dit Diez p. gS, aussi bien pui.létbus que pùlletri-s. Nous verrons au Commetitaire qu'ils correspondent à pullétrus.

CHUTE DES VOYELLES FINALES

2. Malgré le grand nombre de mots affectés de terminaisons latines, on peut affirmer que la langue des Gloses de Cassel a déjà laissé tomber les voyelles finales. 11 faut faire toutefois trois exceptions : pour a et, ce qui paraîtra plus surprenant, pour i et pour la finale de la 2"^ personne sing. de l'impératif.

Pour la chute de e, on relève les exemples suivants :

mantuji chinni 1 1 .

lal(a)uu?i anchlao 32

atcciun caensincli 84

tned i7-an cimpsLV io5 (* materamen)

capriuns rafuun 108 (* caperiones)

sim halp 162 (semem) 11 y a des exceptions comme pulmone lungunne 53, mansione selidun 93 (graphie latine comme le prouve la première n), calice stechal 129. Pour la chute de o et de u, on a les exemples :

lin os(ti) spinale ein hruckipeini 2 5

ca/ame/ uuidarpeini 3i

putel darm 49

pulcins honchli 86

uuani{ irhiner 1 18

ses/ar sehtari 128

martel hamar 147

;no/ mutti 160 (= modium)

vestid cauuati 1 64

laniii vestid uullinaz i65

Uni vestid Wn'uMxz 166 Les exceptions sont en nombre considérable, mais il faut, à n en pas douter, les attribuer à la tendance latinisante de notre auteur.

La règle de la chute des finales que nous avons établie, subit, en faveur de a^ une première exception qu'on ne trouvera pas surprenante. Les exemples à citer pour le maintien de a sont les innombrables

- 17

féminins pluriels, qui eux sont toujours en -as (jamais en -es comme il arrive dans les Gloses de Reichenaiij, dont la nomenclature serait ici superflue, de nombreux féminins singuliers en -a tels que

coxa deoh 27

tibia pein 3o

uncla nagal 36

palma prêta 41

unctura smero 58

equa marhe 66, etc., etc.. des neutres probablement féminisés tels que

brachia arm 3 9

iumenta marhe 65

pecora skaaf 73 On trou\c un exemple a est représenté par u. dans casu hus 91 (voyez l'explication au Commentaire) et un exemple il est représenté par o .■ radi meo parba skir minan part 19. Ici nous avons incontesta- blement affaire à une faute du copiste, amenée par les expressions précédentes meo capilli et ineo colli.

Une deuxième exception à la loi des finales a lieu en faveur de 1 : en effet, parmi les noms que notre glossaire nous trasmet sous la forme du pluriel, ceux de la deuxième déclinaison latine, lorsque par hasard ils sont au nominatif, conservent toujours leur / ;

digiti fingra 42

putelli darma 5o

fidelli chalpir 75

agnelli lempir 77

purcelli farhir 82

pulli honir 85

mallei slaga, hamar 148

aia tutti uuela aile i63 A ces exemples, il n'est pas inutile d'ajouter la phrase bien connue du huitième chapitre : stulti sunt romani, sapienti sunt paioari.

, La troisième exception à la loi des finales concerne les impératifs. Les exemples ne sont pas bien nombreux : deux, du reste, se terminent en i, un en e :

tundi meo capilli akk m\n i'aha 17

radi me meo colli skir minan hais 18

radi meo (\. mea) parba skir minan part ig

punge stih 170 Mais on a va cane 1 55.

3

i8

CHUTE DE LA CONTREFINALE

3. La chute de la contrefinale paraît, à l'époque des Gloses, tout au moins en voie d'accomplissement, si elle nest pas un fait accompli. Ainsi, l'on a d'un côté

intrange indinta 54 i^ interanea)

pulcins honchli 86

capriuns rafuun 108, mais de l'autre

umbilico napulo 61

animalia hrindir 69

mediran ^ cimpar io5

ponderosus \\&o\ohie.v xji. Dans ces derniers exemples, il faut probablement voir des graphies latines; toutefois, mediran est évidemment roman : peut-être le groupe t-r, d'une prononciation quelque peu rebelle, résistait-il mieux à la jonction.

Quant à keminada cheminata 97, il n'est pas surprenant. C'est un dérivé de date évidemment romane, qui peut bien ne s'être formé que postérieurement à l'époque de l'action de la loi de la contrefinale. C'est le cas en France, par exemple, l'on a cheminée et non chemée.

Ajoutons encore que, comme il fallait s'y attendre, à la contrefinale aussi bien qu'à la finale, a résiste et n'a pas le sort des autres voyelles :

calamel uuidarpeini 3i

caldarora chezi i33 (I. caldarola).

VOYELLES INMTIALES

4. En général, a reste a : capilli fahs 4 ca/a??!e/ uuidarpeini 3i cavallus hros 63 galina hanin 88 caminus otan 99 capriuns rafuun 108 camisa pheit i 1 2 calice stechal 129, etc.

En fr. merrain : * maieramen. Matehiamen > mairicn.

- 19 -

Il faut cependant noter qu'il y a trois mots dans lesquels il devient e. Ce sont :

keminada cheminata 97 esilos pretir 104 (* axillos) mediran cimpar io5 Dans ordigas zaehun 35, on pourrait voir le changement de a en o. Pour moi, je regarde ce mot comme purement celtique, cf. au Commen- taire.

Dans pridias uuanti io3 (= lat. vulg. raretés), il faut bien voir une aphérèse de 1"a, à moins qu'on n'admette qu'il y a une faute de copiste. Pour l'explication du second i. cf. au Commetitaire.

Enfin, je ferai remarquer ici, bien que ce ne soit peut-être pas exacte- ment l'endroit, que hanap hnapf i3o possède Va épenthétique.

Pour K, il v a à noter que, selon une tendance romane bien connue, il passe à a dans un certain nombre de mots : mantun chinni 1 1 saccuras achxis i38 aia tutti uuela aile i63 (= eia). Dans le dernier exemple, je considère I'k. en elfet, comme ayant le traitement de l'initiale.

Je parlerai de innuolu chniu 29 (= genucui.um) au Commentaire. A propos de u, je dirai que j'admets que devrus deohproh 1 14 = ruBRucos. Je reviendrai d'ailleurs sur ce point. J'admets donc que i' initial a passé à e dans ce mot.

VOYELLES TONIQUES

A.

5. A reste a, mais, s'il est suivi de jod, il passe à ei. Nous avons de ce cas deux exemples :

tunica, seia tunihha 1 1 1 (saga) manneiras parta 139 (manuarias) 11 est vrai que l'on a d'un autre côté pragas prôh 1 13, qui est peut-être écrit sous sa forme latine. Je rappelle aussi ici le paioari du huitième chapitre ou ai reste intact. C'est un exemple du reste ou ai se trouve à l'initiale.

Le suffixe -arit qui devrait faire -eir comme son féminin fait eira

20

fmanneiras), fait exception à la règle. Ce n'est pas une forme correspon- dant à -ARu;s que nous avons, mais bien à ' ari's, c'est-à-dire à l'italien -aro, au roumain -ar(u) :

sestar sehtari 128

caldaru chezil i32, exemples auxquels il convient d'ajouter le dérivé caldarola chezi i33, qui n'a pu être formé évidemment que d'un primitif caWa/'ii ou caldara, et la forme hautement intéressante paioari du huitième chapitre (sapienti sunt paioari), qui doit être mentionnée à ce paragraphe, puisque les thèmes germaniques de Gautier, Confier, Ogier, Baivier, etc., sont traités dans les langues romanes comme des mots en -arils.

E ET O OUVERTS

6. E et o ouverts sont toujours écrits e, o :

palpebre prauua 22

pedes foozi 84

boi>es ohsun 70

troia suu 80

domo cadam 92. etc. Nous n'avons pas d'exemple de -erium, mais le traitement de -eria est bien étonnant : contrairement à ce qui se passe dans -aria, 1'/ de -eria se perd sans laisser aucune trace :

/orneras uu[a]ganso 146 = vomerias Un second exemple nous est fourni par inediran cimpar [o5 qui postule un thème * materamen, lequel ne peut avoir été dérivé que d'un primitif * matera.

E ET O fermés

7. e et o fermés non plus ne nous sont attestés une seule fois sous la forme diphtonguée, lorsqu'ils sont libres. Qu'ils soient libres ou entravés, ils s'écrivent à volonté par leur double forme étymologique e ou /, o ou 11. C'est un fait banal sur lequel je n'insiste pas. La même dualité de graphies existe aussi naturellement dans les syllabes autres que les toniques :

timporibus chinnapahhun, hiuffilun 9 On trouve une fois o terme représenté par y conformément à 1 etymologie :

gyppus houarohter 1 74. \

21

AU

8. Un phénomène remarquable, c'est que au reste au dans les Gloses de Cassel, à l'inverse de ce qui se passe dans les Gloses de Reichenau. Sans \ouloir tirer argument de aures aorun 6, aucas cansi 83, claudus lamer 17G qui ont bien l'air d'être écrits sous leur forme latine, je relèverai auciun caensincli 84 qui est écrit à la romane, parce que notre auteur ignorait probablement un thème tel que * aiicionem, joao phao 89 = PAio ou PAiuM (en a. fr. on aurait eu pou), paiia phain 90 (qui serait devenu ici poa, a. fr. poe).

CONSONNANTISME

H.

9. H latine subsiste dans hoino man i et dans humérus ahsla i5, qui sont des graphies savantes. Dans idrias 121 au contraire (= hvdrias), elle n'est pas notée. Sa'chute date déjà de l'éqoque latine.

H germanique est maintenue dans hanap hnapf i3o, il est probable qu'elle était prononcée.

On a dans trois mots une notation cli, à laquelle il faut donner la valeur de c dur :

brachia arm Sg

siomachus mago 55

ei inchus anti anapaoz i5o.

X, se, es

10. \, se sont déjà devenus dans les Gloses s ;

esilos pretir 104

fasselas fanun 1 15 1= * fascellasj sestar sehtari 128 On retrouve x dans

maxillas ch\nnp(t\n 12 coxa'deoh 27 punxisti sXahW 169 On est fondé à croire que ce ne sont que de simples graphies latines.

22

Les finales -eus, -cos se résolvent en s : pis first io6 = * picus devrus deoproh 114 = tubrucos

C, G.

11. c. G -t- fl étaient-ils altérés dans la langue des Gloses ? 11 est impossible de le dire. D'aucuns pourraient arguer de la forme tout isolée keminada cheminata 97 ke représente ca latin, mais quant à moi j'estime que keminada ne prouve rien pour la prononciation de c, g. Je partage avec Darmesteter l'avis que c, g ont très bien pu se palatiser encore après le passage de a initial à e; qu'on veuille bien se rappeler le traitement en français des mots germaniques qui renferment k -|- e et de dérivés tels que duchesse, sachet.

On ne peut pas dire non plus que c, g étaient altérés dans le groupe -CL- car la forme crainailas hahla 1 84 = cramacii.as est absolument isolée au milieu d'une multitude d'autres en -cl- et une forme siccla 126 avec redoublement du c semble bien prouver qu'on avait encore la pronon- ciation de c dur. Cramailas doit être une faute pour cramaclas.

Intervocaliques, c, g sont déjà tombés ou réduits à / selon le cas. Ainsi :

tunica, seia tunihha 1 1 1 (= saga)

lio)ies seh 145 (= ligones) Ils ne tombent pas toujours cependant :

pecunia fihu 62 pecora skaaf 63

aucas cansi 83

pragas prôh 1 1 3

saccuras achus i38. Il se peut que quelques-uns de ces mots soient écrits dans leur forme latine, mais pour saccuras le redoublement du c prouve qu'il y était encore prononcé.

12. Quant à c, g -[- e, i, ils étaient indubitablement altérés à l'époque des Gloses. Cela est prouvé d'une façon certaine par falceas segansa 141, le groupe ce représente le son nouveau, car falcem, s'il eût passé à la première déclinaison à l'époque le c était encore dur, eût produit falca (comme en roumain) et non falcea. D'autres exem- ples, où l'on a la combinaison ci pour le son nouveau sont :

facias uuangun 10 auciun caensincli 84 et peut-être /?/r/J/c? uuidari 74 (= bebbices, Diez).

23 -

n faut y ajouter viva^iu iili i38 (= l'adv. vivacius, voir au Commen- taire), où l'on a pour ce son une troisième graphie : li. Il est infiniment probable que ce son tour à tour représenté par ce, ci, ^i était ts ou tch puisqu'il semble avoir résorbé \'s finale dans vipa^iu. Je considère en effet Vu final de ce dernier comme une simple lettre muette et servant d'appui. Je prononce pivats ou vivatch. Bracliia arm Sg est, selon toute vraisem- blance, une graphie latine.

Mais de l'altération de c, g devant e, il y a encore d'autres preuves : ce sont : keminada 97 et intrange 54. En effet, si l'auteur n'a pas écrit ceminada, c'est qu'il s'est aperçu que cela donnerait une prononciation autre fts, tch) et dans intrange = interanf.a il a représenté par g (suivi d'e) le son palatal issu de I'k latin en hiatus.

T, D.

13. La finale -t's donne ^ dans uuan^ irhiner 118, ce qui nous prouve que dentés zendi 8, pedes foozi 84, clatidns lamer 176, mutus tumper 177 sont des graphies latines.

P, B, F. V.

14. S'il fallait tenir compte de la majorité des exemples, on n'admettrait pas que dans la langue des Gloses, p et b médials fussent déjà devenus )'. Mais comme nous y relevons déjà cavallus hros 63, auquel il faut joindre devras deohproh 114 = tubrucos, nous devons bien admettre que les autres exemples

capiit haupit 2

capilli fahs 4

tundi meo capilli skir min fahs 17

stupa stupa 95

trapes capretta 1 07

capriuns vaiuun loS sont des mots a été conservée l'orthographe traditionnelle et archa'ique ou, tout au moins, qu'à l'époque de notre texte la langue était arrivée à cette étape intermédiaire entre b et v, qui est représentée par le b, v espagnol.

Scriuia suu 81 scrofa peut s'interpréter de deux façons : scrwKa avec redoublement de Vu comme dans tal(a)uun et effacement de l'i- médiale ou bien scruva avec changement de k en v (la sonore pour la sourde).

Pour v médial, cf. à Ai' tonique, % 8.

24 -

M.

15. M finale donne n : mediran cimpar io5. Homo man i est une graphie savante.

W GERMANIQUE

16. w germanique reste intact dans notre texte :

uumdicas uuintinga i i6 (a. t'r. guinche) uuan^ irhiner 1 18.

HIATUS

17. Comme il fallait s'y attendre, les Gloses de Cassel montrent I'k ou l'i latin en hiatus déjà résolu en jod, phénomène qui est du reste de l'époque latine. Le jod peut être écrit de trois manières :

par / :

laniu vestid uulinaz 1 65

Uni vestid Vm'msiZ lôfi. par g :

intrange indinta 54, enfin par e conformément à l'orthographe latine :

calcanea fersna 33

dolea 120 = DOUA (a. fr. doille). qui est une graphie contraire,

mallei s\aga. hamar 148 (a. fr. mail). Il faut admettre que dans sicleola 127, Ve est purement graphique, puisque dans le suffixe -eolus 1"e était déjà tombé dès l'époque latine (cf. du reste caldarola chezi i33).

Les groupes bi, pi. vi ne sont pas altérés :

labia lefsa 2 1

tibia pein 3o

gulvium noila 180 Y a-t-il des exemples i en hiatus ait passé dans la syllabe tonique ? 11 en est deux, en tous cas, qui semblent assurés; c'est manneiras parta 1 Sq i^lcamisa pheit 112. Mansione selidun qS fait exception. Dans/owerrt.v uu[a ;ganso, on constate la disparition totale de 1'/ ; je renvoie pour ce mot au I 6.

Sur CE, CI, zi ayant la valeur ts ou tch, voir % 12.

25

CONSONNES DOUBLES

18. Dans la langue des Gloses, les consonnes doubles se sont déjà simplifiées.

Pour ce. le phénomène nous est atteste par des graphies contraires telles que siccla einpar 126, saccuras achus i38, bien que Ton ait vaccas choi 71 .

Les exemples ll est réduit à /abondent :

calamel uuidarpcini 3 i

polix dumo 44

putel darm 49

puledro folo 67

puledra fulihha 68

pulcins honchli 86 . galina hanin 88

fasselas fanun 1 15

martel hamar 147 Il est vrai quon pourrait citer tout autant d'exemples ll se maintient :

capilli fa h s 4

maxillas chinnpein 12

collo hais 1 3

tundi meo capilli skir min fahs 17

radi me meo colli skir minan hais 19

putelli darma 5o

cavalhis hros 63

fidelli chalpir jb

agnelli lempir 77

purcelli farhir 82

pulli honir 85 ' callus hano 87

mallei slaga, hamar 1 48 : mais il va de soi qu'on a affaire, ici comme ailleurs, à un simple phénomène orthographique. L'influence latine ne perd jamais ses droits. De la réduction de pp en p, il n'y a pas d'exemples, probablement par un pur effet du hasard.

cuppas cluipf I 3[

s appas hauua 137

gyppus houarohter 174

et lippus prehanprauuer 175 On ne rencontre vv que dans mufflas hantscoh 107.

26

La simplification de nn est attestée par la graphie contraire manneiras parta i3(), bien qu'on trouve pannu lahhan i lo.

D'autre part, le redoublement des consonnes nous est encore attesté comme une simple habitude orthographique du glosographe par uu = v latin : uuasa uuahsir i 1 9, cauuella potega 1 24 (1. ctiuuella). Dans tal(a)uun anchlao 32, cet u est redoublé, lors même qu'il a la valeur d'une voyelle. La partie germanique offre aussi des exemples de cette singularité : suu 80 et 81, rafuun 108.

II. FLEXION

ARTICLE

19. On ne trouve la présence dans notre texte que de l'article indéfini : un os(ti) spinale ein hruckipeini 25. L'article défini n'est exprimé nulle part, pas même dans une glose se trouve l'article défini allemand : os maior daz maera pein deohes 28.

DECLINAISON

20. 11 saute aux veux de quiconque lit les Gloses de Cassel, que la langue de ces Gloses possède et connaft les représentants de deux cas latins, le nominatif et l'accusatif. Mais un glossaire n'est pas un texte formé de propositions présentant des sujets et des régimes munis chacun de sa terminaison respective. Aussi il devient très difficile de dire si la langue des Gloses de Cassel possédait encore un système de déclinaison ou si chez elle la réduction des cas à un seul s'est déjà opérée, cas qui serait alors emprunté tantôt à l'accusatif latin, tantôt au nominatif.

Pour les mots de la première déclinaison latine, il va de soi que les cas sont déjà uniformisés aussi bien au singulier qu'au pluriel. Au pluriel, c'est la forme en -as qui nous est attestée uniformément, et cela par un nombre considérable d'exemples qui ne peut laisser place à aucune espèce de doute. 11 y a bien deux nom. plur. en -e : palpebre 22 et intrange = interanka 54, mais ils semblent bien n'être autre chose que des formes latines, le second surtout qui ne paraît être mis au nom. (au lieu de intrangas) que pour qu'un e suivant le g lui donne sa valeur

27

palatale. Il est à noter que dans la déclinaison féminine en -a il est passé un certain nombre de substantifs féminins des troisième et cinquième déclinaisons latines :

facias uuangun lo

pridftjas uuanti io3

saccuras achus i38

falceas segansa 141

et forcipa anti zanga 149 On a exceptionnellement costis rippi 57, qui est peut-être un latinisme.

Ce qui a rapport à la deuxième déclinaison latine est plus compliqué. Au singulier, il est évident que les représentants de cette déclinaison avaient encore leurs deux cas, chacun remplissant sans aucun doute sa fonction propre. Ainsi on a :

humérus i5 à côté de calamelii

manus 1 40 putel ^g

stomachus 55 umbilico 61

lumbus 60 puledro 62

cavallus 63 domo 92

callus 87 pannu 1 10

thalamus q^f sestar 12S

furnus 98 martel 147

caminus 9g moi 160

pis 106 ]>estid 164

utian^ 1 1 8 laniu vestid 1 65

Uni vestid i66. De même, dans les adjectifs fimjplenus est i35, ponderosus iy2, gyppus 174, et lippus i65, claudus 176, mutus 177, à côté d'argudu iSg. Au pluriel de cette deuxième déclinaison, on observe semblable dualité de désinences. Cependant on constate à première vue que les noms qui ont -/. la terminaison du nominatif, sont tous en t, tt, Il (y compris // mouillé). La simplification des cas serait-elle déjà un fait accompli ici et y aurait-il eu option tantôt pour la forme nominative tantôt pour la forme accusative, selon les affinités de la consonne finale ?

cap il H 4 oculos 5

diffili 42 pulcins 86

putelli 5o e.s-//o.9 104 (== * AxiLi.os)

Jidelli jb devrus 114

agnelli ■j'] taradros 142

' .\u singulier, la quatrième déclinaison se confond évidemment avec la deuxième.

28

purcelli %2 scalp r os i ^3

pulli 85 mallei 148 aia tulti i63 Toutefois il est juste de dire qu'au huitième ciiapitre il y a une phrase est encore formellement observée la règle des cas : stiilti sunl romani, sapienti sunt paioari.

Arrivons à la troisième déclinaison latine. Au singulier, elle présente aussi des formes nominatives et accusatives. 11 faut pourtant dire que les premières offrent dans leur ensemble les caractères de mots latins, tandis que les secondes accusent plutôt, pour la plupart du moins, une allure romane :

homo I mantun 1 1

polix 43 tal(a)uun 32

furnax 100 piilmone 53

et inchus i5o auciu7i 84

mansione g 3 calice 129 Dans les adjectifs, on relève la forme sim halp 162.

Au pluriel, il faut distinguer les féminins des masculins. Les premiers ou bien ont passé dans la déclinaison en -a, ou bien sont restés dans la troisième comme aures aorun 6, nares nasa 7, i-adices uurzun 20, siciles sihhila 140, et ceux-ci comme ceux-là n'ont naturellement qu'un seul cas, resp. en -as et en -es. Pour les masculins, on ne trouve qu'un seul exemple d'une recomposition du nominatif en -/ : encore est-ce une forme adjec- tive qui se trouve au huitième chapitre : sapienti sunt paioari. Dans les substantifs au contraire, on trouve cinq formes en -es : dentés zendi 8 renés lenti 26 pedes foozi 34 baves ohsun 70 lianes seh 145 La question d'une recomposition du nominatif en -/ pour les substantifs ne saurait être tranchée. Voy. encore au Commentaire ptrpici 74.

En manière de conclusion, on peut donc dire que la langue des Gloses de Cassel connaît encore partiellement (au singulier de la deuxième déclinaison latine) le système de la déclinaison à deux cas. Elle connaît peut être encore, en tout cas a connu ce même système de déclinaison pour le pluriel des noms de la deuxième déclinaison latine.

29

GENRE

21. Kn latin, le genre neutre avait commencé (par les noms de la deuxième déclinaison) à s'effacer de bonne heure (1I1<= siècle). Dans les (îloses de Cassel, nous trouvons des noms neutres qui ont passé à la déclinaison féminine en -a :

Sing. : calcanea fersna 33

pecora skaaf 73

dolea 120 Plur. : meinbras lidi Zj

arjnentas hrindir 72. et d'autres qui ont passé à la déclinaison masculine en -us : Plur. : taradi-os napugaera 142

scalpros scraotisran 143. On ne relève pas d'exemple de ce dernier cas pour le singulier. 11 faut également citer, comme nous attestant le remplacement du genre neutre par le masculin, la glose 28 : 0.9 maior daz maera pein deohes.

Mais comme on sait, le genre neutre, n'a pas été sans laisser des traces dans les langues romanes. Sous ce rapport, la langue dans laquelle sont écrites nos gloses ne fait pas exception. Les plur. neutres en -a ne sont pas rares :

b?-achia arm 39

la ter a sitte 56

animalia hrindir (3c)

iiuasa uuahsir i k). Il est probable que plus d'un de ces mots est purement et simplement latin : cependant animalia apparaît comme une forme romane, traduit qu'il est par un pjuriel : « tètes de gros bétail ». Il est vrai qu'il pourrait être un collectif féminin et signifier : « troupeau de gros bétail ». Labia letsa 21 peut être, comme le dit Diez, aussi bien le sing. lat. labia que le plur. latin labia.

PRON'O.M

22. .\U sujet des pronoms, il n'y a à noter qu'un seul fait, mais il est d'une grande importance : c'est que le possessif (forme conjointe) de la première personne au cas régime masculin est meo :

lundi meo capilli 1 7

radi me meo colli 1 8

- 3o -

C'est donc la forme des langues romanes du midi que nous avons ici. et non celle du Irançais.

On pourrait ajouter que la forme accusative me a supplanté le datif MiHi, ce qui n'a rien d'extraordinaire : }-adi me meo colli 1 8 Il convient pourtant de noter que le huitième et dernier chapitre com- mence par : Indica tntk quomodo nomen habet homo iste. Mais on ne doit pas perdre de vue que ce huitième chapitre est à peu près du latin pur.

VERBE

23. On remarque les deux impératifs lundi et radi qui supposent des infinitifs refaits tundir et radir, ainsi que la forme va i55 dont il a déjà été parlé au J 2 (fin).

CONCLUSION '

Je ne saurais admettre avec Frédéric Diez que les Gloses de Cassel soient un texte de la langue d'oïl. J'admets que la langue dans laquelle elles sont rédigées présente bon nombre de caractères qui sont ceux du français du Nord, tels que la chute des voyelles finales, le maintien de \v germanique, le changement de es en s, la réduction de ts à ^. Mais il y a plusieurs raisons qui s'opposent absolument à l'attribution des Gloses au domaine français.

Je ne veux pas faire figurer parmi ces raisons celle qui consisterait à dire qu'on ne retrouve pas en français bon nombre de mots : scapulas, humérus, pecora, scruva, sedella, saccuras, manneiras, siciles, liones, fomeras, vellus, gyppus, lippus, etc. Cette raison n'est pas décisive et on pourra probablement toujours en faire valoir une semblable contre toute attribution des Gloses à un domaine quelconque.

' A partir de cet endroit, mon, honorable et éminent collègue M. Streitberg a bien voulu m'aider à revoir les épreuves. Je lui adresse mes vifs remerciements.

- 3i -

Je ne veux pas non plus m'autoriser de ce fait que la forme du suffixe -ARius, -ARIA est dans nos gloses -ar, -eira (| 5) et de cet autre que au n"v est nullement vocalisé en o (| 8). Je pourrais cependant le faire avec quelque raison , puisque les Gloses de Reichenau qui sont un texte français du VIII'^ siècle possèdent déjà le suffixe -arius sous la forme -er (so?-ce>-us, paner) et ont déjà transformé au en o. On peut, en effet, ruiner ces deux arguments en disant que les Gloses de Cassel sont peut-être antérieures aux Gloses de Reichenau et que la substitution du suffixe -er (' ERus) au suffixe -ar et le changement de au en o sont des phénomènes qui ont pu s'accomplir dans l'intervalle.

Je ne m'appuyerai pas davantage sur le fait que ai >- ei dans seia et manneiras (| 5), transformation qu'on ne saurait absolument pas admettre dans le français du VI1I<^ siècle, car on pourrait objecter que ces ei sont le résultat d'une simple habitude graphique du scribe allemand ^. Je crois cependant qu'on se tromperait, puisque le même scribe connaît la graphie ai (aia tutti) -.

Les deux seules formes que je produirai pour prouver la provenance non française des Gloses sont esilos (| 4) et ineo = meum (J 22), mais elles sont concluantes. En français, les formes répondant à « essieu » ont toutes originairement la diphtongue ai à l'initiale aissil (* axile), aissel (* AXELLUM) et ce n'est qu'au \l'^ siècle que la diphtongue ai peut se resserrer en e. Ici, au contraire, nous n'avons pas le même processus : A initial passe directement à e.

Dans MEUM, la chute de I'm qui est un phénomène des langues romanes du midi, est totalement inconnue au français. Et pourtant dans meo Ton ne peut pas voir une faute de copiste, puisque la forme est attestée deux fois.

La conclusion de l'étude grammaticale que j'ai faite de la langue des Gloses de Cassel sera donc que ces Gloses ne sont pas françaises.

Tous les caractères de cette langue que j'ai relevés plaident au contraire en faveur du réto-roman. Je vais montrer, en conservant la même numérotation de paragraphes, qu'aucun des phénomènes que j'ai relevés dans l'étude de la langue des Gloses n'est étranger au réto-roman ''.

' « Dans la partie allemande ». dit Diez. p. i i5, « on ne rencontre jamais ai, mais ci, comme par ex. dans les mots einpar, pein, skeitila •».

' Au huitième chapitre on a aussi le roman paioari à côté de l'allemand peigira (les faits du huitième chapitre ne sont pas du reste décisifs).

■' Liste des abréviations ; Gartner. Gram. ^ Gartner, Ratoromanische Grammatih- lleilbronn, i883. Grundriss Grundriss der romanischen Philologie, hgg. von G. Grœber. Strasbourg. 1886, t. I. Cavalli - Cavalli, Reliquie ladine raccolte in Muggia d'Istria dans VArchirio glottologico italiano d'Ascoli, XII, 255-375.

- 32 -

I et 2. « In den besten riit. Mundarten ^'ibt es i. kcin Proparoxv- tonon... 2. keinen Vokal der lat. unbetonten Endsilben ausser a. » L'exception en faveur des pluriels en -/ existe, puisque dans le Frioul et surtout dans le Tvrol, le pluriel se forme encore partiellement au moyen de la désinence -i. L'exception pour la finale de l'impératif est encore en vigueur également : « Zuniichst gibt es Ausnahmen zu Gunsten flexivi- scher Ausgiinge, die man also ihrer Bedeutsamkeit wegen schonte, wie die Imperative auf -e... » (Gartner, GrundT-iss, I, 477).

3. La chute de la contrefinale est un phénomène qui relève encore de l'époque latine et a lieu aussi bien en rtr. qu'en français.

4. Le traitement des voyelles initiales (a donnant sporadiquement e et V. donnant a) s'accorde également avec le réto-roman : « Vor der Tonsilbe werden die Vokale sehr haufig abgeschwàcht : ... offene Vokalc verdumpfen sich gegen / und u oder verlieren ihren Character, indem sie ungefâhr zu a verblassen. » (Gartner, Grain., % 60.)

5. Ai devenant ei et la finale -ar correspondant au suffixe -arus sont des traits que l'on retrouve en réto-roman, cf. Gartner. Gram.. % 27. On relève de même ce suffixe -ar en ancien tergestin (Gavalli. Archivio glottol., XII, 261).

8. au restant an est un caractère propre à une partie du domaine réto-roman : « au besteht am Rhein, in (jreden und im Friaul noch fort. » (Gartner, Grundriss, I, 477.)

10. La réduction de x à s a lieu : « Das lat. x ist ebenso meist mit ss gleichwerthig... » (Gartner, Grain., | 85). es final réduit à s n'est pas inconnu : ainsi, en ancien tergestin on a awu's = amicus fCavalli, Arc/i. glottol.. XII, 203). Cf. encore les pluriels de i.ocus dans Gartner. Gram.. p. 86, ceux de porcus dans Gartner, Grundriss, I, 476.

II et 12. Nous avons vu que dans c, g -|- e, i les gutturales sont déjà altérées dans notre texte. Ce n'est pas un caractère propre au français, il est parfaitement connu du réto-roman ; cf. Gartner, Grundriss, I, 479 : « G und c haben in vier Stellungen ihren alten harten Laut aufgegeben : I. am frûhesten vor e und i, wo dann in den reineren Mundarten die Erweichung bis zu d:. t^ und :, .s fortgeschritten ist... ». ci et gi -h voy. se comportent absolument comme c et g |- e. / ; « Genau so wie gi. ci verhâlt sich auch g;, cj {gi, ci vor Vokalen)... (Gartner, Gram., % 88).

13. ts peut parfaitement avoir été graphie 7 dans le réto-roman du VIII<= siècle, aussi bien qu'en ancien français. La finale ts est restée jusqu'aujourd'hui ts dans la prononciation règle générale : voy. les représentants des pluriels .ïstates, DuiiTos, partes, tuttos dans Gartner, Gram., % 106. Dans Pirona, je relève yoH^ = fondus, ^ = ds.

- 33 -

14. p, li médials devenant ;' est un phénomène général dans le réto- roman, cf. Gartner, Grundriss, 1, 478.

15. M finale >. n n'est pas non plus un phénomène étranger au réto-roman (Gartner, Grundriss, I, 478).

16. On peut en dire autant de \v germanique >. w, puisqu'on trouve )(' dans le Frioul (Meyer-Lùbke, Gr. des langues rom., trad. franc., I, p. Sg).

20. Les phénomènes que nous avons relevés dans l'étude de la déclinaison concordent avec ceux que l'on constate dans le réto-roman moderne. Les plur. fém. de la i" déclinaison sont en -as et il y a même une partie du domaine (Ober-Fascha et Greden) cet -as devient la règle pour les féminins latins en -es (Gartner, Gram., p. 82). ce qui explique des formes comme facias, prid(i)as, etc. Pour le masculin, le réto-roman actuel nous révèle les traces de l'ancienne déclinaison à deux cas que nous avons constatée : « Vom Masculinum aber treffen wir in allen drei râtischen Gebieten als Pluralform nicht nur alte Akkusative (-os -es), sondern auch Nominative auf -i an, so dass man annehmen darf, es habe hier uberall cinst zwei Pluralkasus gegeben » ((jartner, Grundriss, 1. 48 1 ). Il y a même plus. Pour les pluriels masculins, le Tyrol et le Frioul nous ont conservé la distinction que nous avons observée dans la langue des Gloses, distinction qui repose sur la nature des consonnes finales et qui trouve sa raison d'être dans une question d'affinité de consonne à voyelle ou de consonne à consonne : « In Tirol und im Friaul, dit Gartner, Gram. p. 82, kommt -i und -s vor, in Tirol das erstere, im Friaul das andere gewôhnlicher,... Stellt man die einzelnen Fâlle zusammen, so entdeckt man bald, dass die W'ahl je nach dem Auslaute des Nomens getrofFen ist. Man braucht da keineswegs immer an venedischen Einfluss zu denken, der ja vor allem gerade im \erkehrten Verhâltnisse auf Tirol und Friaul vertheilt sein mûsste ; es hat sich vielmehr dort das -/ erhalten, \vo es durch seine bekannte atzende Wirkung auf den vorhergehenden Ronsonanten bestimmte. klare. leicht aussprechbare, mit einen Worte : beliebte Pluralformen erzeugt hatte, \on denen man nimmer lassen mochte. Besonders /, d, t und (wenn es nicht zu /; wird) n vertragen sich nicht in jenem iMunde mit einem folgenden s, und in der That haben gerade die meisten Stamme auf/ und einzelne aufaf, /, n (und auf Vokale) von der Etsch bis an den Isonzo das Plural -/ beibehalten. ... Bei ocilus, •vETLLus u. a. fâllt der friaulische Plural auf-/ um so mehr auf, als der Sing. wegen des unterstûtzenden / nicht auf / auslautet. »

21. Il n'y a pas jusqu'au.x collectifs féminins dérivés du neutre latin, dont j'ai cru reconnaître un spécimen dans animalia, qu'on ne retrouve dans le réto-roman. Le fait se présente dans les Grisons. Là. on retrouve

3

- 34 -

un grand nombre de neutres latins devenus grammaticalement des fémi- nins sing., mais exprimant une collectivité (Gartner, Gram. % ici).

22. Enfin, la perte de I'm dans meum est parfaitement conforme aux données du réto-roman (cf. les formes de meum dans Gartner, Grundriss, 1, 477, note 2). En ce qui concerne la substitution de me à mihi, il faut faire remarquer qu'elle n'est nullement étonnante, mais à propos de l'exemple tout isolé du huitième chapitre indica mih, il convient de rappeler que « man unterscheidet an vielen Orten sogar noch me und Mmi, TE und TiBi. » (Gartner, Grundriss, I, 482.)

23. On constate le changement de conjugaison tout au moins pour le verbe radere : radir (Carigiet). Va est aussi la forme du rtr. pour VADE, voy. Gartner, Gram. % 26.

Est-il possible de préciser encore et de dire à quelle partie du domaine réto-roman appartiennent les Gloses de Cassel ? Je crois que oui. Le traitement du suffixe -arius (-arj et les pluriels radical en /, t) de la deuxième déclinaison en -i excluent la partie occidentale du domaine (Grisons), car celle-ci pour -aru s a une forme primordiale * -air. Le Tyrol aussi est exclu à cause du maintien de au latin et de \v germanique. Je crois donc que c'est à la partie restante, au Frioul, qu'appartient notre texte.

B. COMMENTAIRE '

2. Caput haupit.

AH. mod. Iiaiipt. Nous avons ici affaire à une graphie latine, puisque le lat. vulg. disait déjà * capu, comme le fait est attesté par Taccord de toutes les langues romanes. Le réto-roman ne fait pas exception, voy. dans Gartner, Grain., p. 85, les représentants de * capu. Caplt est bien le mot du réto-roman l'on n"a pas testa, vov. (îartner. Gundi'iss. I, 463.

3. Verticem skeitila.

Ail. mod. scheitel. Graphie latine. C'est le rtr. verscha, guerscha, versch «. Scheitel » (Carisch).

6. Auras aorun.

Ail. mod. ohren. Aures doit être un mot latin, le réto-roman employant, comme les autres langues romanes du reste, des représentants du dimin. auricula, voy. Gartner, Qram., % i. Diez a déjà exprimé cette opinion.

7. Nares nasa.

Ail. mod. nase. C'est un des mots que Diez. p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Cependant, je relève en brégalien nar {Zeitschr., VIII. 166) que Redolfi fait venir de l'a. h. a. nabro.

' Liste des ouvrages et articles cités: Carisch, Taschen-Wœrterbuch der Rhœto- lomanischeH Sprache in Graubûnden, etc. 1848-1852. Carigiet, Raloromanisches Wœrierbucli, Surselvisch-deutsch. 1 882. Pallioppi père et fils, Di^ionari dels idioms romauntschs d'Enf;iadin' nta e bassti, etc. Samedan (les trois premiers fasicules parus). Pirona, Vocabolariu friulano. Venise, 1871. Gartner, Die Mundart von Erto dans la Zeitschrifl fur Romanische Philologie XVI, 1 83-2 10 et 308-372. Redolfi. Die Lautverhiiltnisse des bergellisclien Dialekts dans la même Zeitschrifl, VUI, 1 6 t -2o5.

- 36 -

9. Timporibus chinnapahhun, hiuffîlun.

AU. mod. kinnbacken. Graphie latine. En ancien tergestin. je relève tiénpula « tempia » (Cava'.li, Arch. glottoL, XII, 33 1).

10. Facias uuangun.

AU. mod. watigen. La traduction n'est pas tout à fait exacte. Rtr. fatscha « Gesicht ».

11. Mantun chinni.

AU. mod. ktnii. Le rtr. est la seule langue qui connaisse une forme mantim (ap. Diez).

14. Scapulas ahsla.

23. Interscapulas untarhartinun.

AU. mod. achsel. «. 11 n'y a que le roumanche schtiin (masc), plur. chuvalla qui paraisse descendre de scapula ou plutôt de scapella, » dit Diez. Le premier est exactement * scapei.lus. le second ne peut être qu'un de ces collectifs ayant un sens pluriel et propres au rtr.. dont il a été parlé.

Interscapulas est la partie située entre les deux épaules.

15. Humérus ahsla.

AU. mod. achsel. Je n'ai pas retrouvé de représentant de humérus en rtr.

17. Tundi mec capilli skir min fahs. 4. Capilli fahs.

Tonds mes cheveux. Dans la première phrase, capilli est au sing. (= prov. ton meu cabelh). Le frioulan offre encore exactement la forme tchavéli au sing., voy. Gartner, Gram.. p. 169. C'est un de ces pluriels que les Italiens appelleraient « fossilizzati » et qui s'emploient pour les deux nombres. On comprend assez que, dans le cas présent, le plur., bien plus fréquent que le sing., ait éliminé celui-ci. L'ancien tergestin paraît présenter de ces plur. « fossilizzati » dans fis, vis. foins = kicos, vîtes et fungos, voy. Cavalli, Arch. glottoL, XI 1, 263.

18. Radi me mec colli skir minan hais. 13. Collo hais.

Rase-moi mon cou. Ce colli du premier exemple ne peut absolument pas s'expliquer comme capilli. Le second exemple donne du reste collo et le rtr. a un représentant tiré du sing. : à Erto kol (Gartner, Zeitschr.

- 37 -

XVI, 326); en ancien tergestin ^mo7 ('Cavalli, Atx/i. glotloL. XII, 33i). Le plur. du reste ici ne pouvait agir sur le sing. C"est une simple faute du scribe, qu'il a faite parce qu'il avait capilli sous les yeux et peut-être aussi dans la tète.

Il y a à remarquer que cette phrase « rase-moi mon cou » semble attester que l'auteur était clerc ou moine.

20. Radiées uurzun. AH. mod. u'ur^eln. Ce mot ne peut se trouver parmi les parties du corps qu'à cause de l'homophonie qu'il présente avec l'impératif radi L'auteur du glossaire en écrivant fadi a pensé à un autre mot roman très proche qu'il connaissait et l'a inscrit. \'oy. les représentants de radices dans Gartner. Gram., p. 184.

21. Labia lefsa.

AH. mod. lef^e. Ce mot peut être le sing. latin labia ou le plur. labia. C'est un des mots que Diez déclare, p. 79, n'avoir pas retrouvés en rtr. Cependant je le relève dans Carisch : lèv, lè/m. ne peut être phonétique- ment que LABU M. Il existe du reste aussi en brégalien, voy. Redolfi, Ziitschr., VIII, i83.

24. Dorsum hrucki. AH. mod. riicken. Graphie savante, puisque le lat. vulg. disait déjà

DOSSf.

25. Un osti spinale ein hruckipeini. AH. mod. ein riicken-bein. Ce li qui est probablement un lapsus est resté jusqu'ici inexpliqué en dépit des diverses hypothèses. Je propose de l'expliquer par un bourdon, si je puis ainsi dire. Le scribe qui copiait le texte aurait, dans un moment de distraction, sauté de un os à tibia pein 3o, puis se serait aperçu de son erreur, mais aurait omis de rayer ti.

28. Os maior daz maera pein deohes.

L'os majeur de la cuisse. Le représentant du compar. .maior (au nom.) existe encore en rtr. : mêr « grôsser » (Pallioppi et Carigiet). Le premier dérive plaisamment le mot de mehr.

29. Innuolu chniu. AH. mod. knic. D'après Diez, on peut lire iunuclu aussi bien

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qu'innuolu. Il faudrait donc corriger en iunuclu ou itinuolu. Le réto- roman connaît des formes avec la diphtongue î<o, ue, voy. Gartner, Grain., p. 174-5, et permet parfaitement de lire iunuolu. C'est le c alors qui est tombé sans laisser de traces. Pkduculls a des traitements absolu- ment analogues, cf. Gartner, Grundriss, p. 477, note 3 et Gram.. p. 87. Deux phénomènes importants seraient à observer dans cet iunuolu : d'abord le changement de k initial en o, dont il n'y a pas d'exemple dans le texte, puis celui de g en /. Ce serait une autre preuve que o + e était palatalisé et qu'il s'était confondu déjà avec j latin. Cependant, je préfère lire [g'jinnuolu en restituant un g oublié par le copiste, parce que l'initiale du mot dans les formes réto-romanes est habituellement e ou i (non 0).

30. Tibia pein.

Ail. mod. bein. Je n'ai pas trouvé le représentant de tibia. Le frioulan a un verbe tibia (Pirona) représentant * tibiare et signifiant « fouler ».

31. Calamel uuidarpeini. Contre-os. Je n'ai pu trouver de représentants de ce mot.

32. Talauun anchlao.

Cheville du pied. C'est une faute pour taluun = talun. Le deuxième a a sans doute été amené par le premier. Diez dit, p. 79, qu'à sa connais- sance talon n'existe pas en rtr. Mais l'anc. tergestin a talon (Cavalli, Arch. glottoL, XII, 33 1), le dial. d'Erto talon (^Gartner, Zeits., X'VI, 35oj.

Il faut probablement corriger le mot allemand de la traduction en anchalo, nom. plur. de anchala.

33. Calcanea fersna.

. Ail. mod. ferse. Ceci est un des mots que Diez n'a pu retrouver en a. fr. (p. 79). Mais le Psautier a deux fois chauchein (Godefroy). Le mot est courant en rtr.

35. Ordigas zaehun.

AU. mod. lehen. Diez voudrait qu'on lût ordiglas. Mais il ne faut pas faire de correction qui ne soit strictement nécessaire. Je préférerais voir dans ordigas le mot purement celtique (gaël. ordag), qui a vivre dans les langues romanes, au moins dans l'une d'elles, puisqu'il a influencé l'a fr. * arteil. Son existence semble encore attestée dans le

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latin de la Gaule par le verbe français ordoier « marcher, s'avancer » (Godefroy), qui se rattache évidemment à cette racine. Je n'ai pas trouvé de descendant pour ordigas.

39. Brachia arm. .\11. mod. arm. Brachia est traduit par un sing. en allemand et cependant le rtr. n'a pu tirer ses représentants de la forme pluriel féminisée, mais bien du sing. brachium (voy. Gartner, Gram., p. 84). Mais il possède encore le plur. brachia sous forme d'un collectif féminin : bratclia (voy. Meyer-Liibke, Gram. des l. romanes, trad. franc. II, p. 55 fin).

41. Palma prêta.

Paume de la main. Rtr. palma « flache Hand » (Pallioppi).

42. Digiti fingra.

Ail. mod. finger. Les mots index, médius, medicus, articulata, (qu'il faut lire auricularis), minimus sont des mots savants (G. Paris, ap. Diez, p. X), ce qui n'a pas lieu de surprendre. Pour l'ancien tergestin, par exemple, Cavalli remarque : « ignoti i nomi délie dita » {Arch. glottol., XII, 33 1). Arliculala (1. auricularis) et minimus désignent la même chose : « le petit doigt ». Altee fait difficufté. Je le regarde comme une faute pour le germanique aide vel. Il aurait été inséré en même temps que les mots de la traduction germanique, ou bien par le second auteur, si l'on admet que cette traduction n'est pas de l'auteur même du texte roman, ou bien par un auteur unique qui, alors, n'aurait écrit la traduc- tion qu'après achèvement complet du-te.xte roman.

49. Putel darm. 50. Putelli darma. Ail. mod. darm. Le mot se retrouve en frioulan : budièll (Pirona).

51. Lumbulum lentiprato.

/\11. mod. lenden-braten. Graphie savante. C'est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés. Je relève en ancien tergestin nonbul « lombo » (Cavalli, Arch. glottol., XII, 33 11.

53. Pulmone lungunne. AH. mod. lungc. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir

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pas retrouvés en rtr. Je relève en anc. tergestin palmon (Cavalli, Arch., XII, 33i), à Erto pelmon (Gartner. Zeits., XVI, 338), en brégaiien palmun Redolfi, Zeits., VIII, 174).

54. Intrange indinta.

Lisez innida = entrailles. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Mes recherches n'ont pas été plus heureuses que les siennes.

56. Latera sitte.

Ail. mod. seite. Un correspondant de latus existe en frioulan : lài (Pirona).

57. Costis rippi.

Ail. mod. rippen. Diez dit, p. 80, « qu'on est étonné de lire costis au lieu de costas », ce dernier thème étant à la base de toutes les formes romanes, .le crois qu'il s'agit purement et simplement d'une graphie latine. Le rtr. aussi dit cosla : cf. Cavalli, Arch., XII, 33 1, Gartner, Zeitschr.. XVI, 327, Redolfi, Zeitschr., VIII, 175, Carisch, Carigiet et Pallioppi.

58. Unctura smero.

AH. mod. schmeer. C'est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. .le ne Fai pas retrouvé non plus, mais comme iîngkrk est courant en rtr., un dérivé unctura ne doit pas être surprenant.

59. Cinge curti.

AH. mod. giirte, ceins. On peut admettre avec Diez que cinge = lat. * ciNGA et qu'il y a un contre-sens dans la traduction ou bien avec G. Paris (ap. Diez, p. IX) qu'il égale cinge. On n'est pas obligé, comme le croit M. G. Paris, d'admettre dans l'hypothèse de Diez, un second auteur qui serait le traducteur. Si l'auteur ne s'est traduit qu'après achèvement complet de son texte roman, il a bien pu faire des contre-sens dans la traduction, s'il travaillait avec quelque précipitation. Pour ma part, j'adopte l'opinion de M. Paris, parce que le rtr. n'a que des réprésentants de ciNCTA et de cingula.

Cinge est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Il veut probablement parler de citige au sens de * cinga qui, en effet, n'e.xiste pas. Je pense qu'on peut donner à cinge son sens d'impératif, inséré qu'il est entre latera, costis et lumbus, umbilico. Cf. les phrases

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qui sont insérées au milieu des noms des parties du corps et (im)plenus est après la nomenclature des vases.

60. Lumbus napulo.

Ail. mod. nabel. Cette glose renferme une erreur de traduction, ce qui prouve que le traducteur travaillait avec assez de négligence. Rtr. lomm « Lungc » (Carisch), lomas « die Weichen » (Carigiet).

61. Umbilico napulo.

AH. mod. nabel. Les représentants rcto-romans de ce thème sont cités dans Gartner, Gram., î gS.

62. Pecunia fihu.

AU. mod. vieil. Pecunia est le nom générique qui sert en quelque sorte de titre au chapitre comme en d'autres endroits liomo i, casu 91. pannu i 10. uiiasa i ly. Suit une liste de noms d'animaux très remar- quable par sa richesse de synonymie. On pourrait dire que c'est un caractère du vocabulaire réto-roman, de posséder cette innombrable variété de mots pour exprimer : « troupeau », « bétail », « animal », « bête bovine », « bête ovine ». Ainsi Gartner, Grundriss, I, 465, dit que ces diverses significations sont exprimées selon les lieux tour à tour par les thèmes les plus variés : animal, armentum, bestia, fétus, mobile,

PECUS, * MONTANARIA (= dc la mOntagUe), VACCA, NUTRLX, CAPL'T-DE-BESTIA.

HESTiAMEN-, CAPSA (= le bicu mobilier), * pastur.\ticum, etc.

Pecunia est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Je ne l'ai pas retrouvé, mais j'ai relevé un dérhé pugnéra (pecuniaria) au sens dc « Herrkuh » dans Carigiet.

65. lumenta marhe.

Jument. Je n'ai retrouvé giumaint en rtr. qu'au sens de « Lasttier » (Pallioppi).

67. Puledro folo.

68. Puledra fulihha.

Ail. mod. J'iillen. C'est le réto-roman pulieder (CaThch), puledar en brégalien (Redolfi, Zeitschr., "VIII, lyo), puliar à Erto (Gartner, Zeitschr.. X'VI, 340), ce qui nous ramène donc à * pullétrus. Le féminin puledra « das weibliche Fohlcn » est mentionné par Carigiet.

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69. Animalia hrindir.

Ail. mod. rinder. Rtr. armai « Rind » (Carisch et Carigieti. L'engad. a le pliir. ammalia sous forme de collectif féminin : limardja (ap. .Mever- Lûbke, Gr. des l. romanes, tr. franc. II, p. 76.1

72. Armentas hrindir.

AU. mod. rinder. La forme ordinaire en rtr. est armaint, mais KôrtingiySy) cite une forme féminine armenta et Pirona donne armcnlù (-e -a) au sens de « vacca ».

73. Pecora skaaf.

Ail. mod. schaf. Contrairement à l'opinion de Diez, les deux mots, roman et allemand, sont au sing. : à Avoltri piuoro « brebis » (-0 = -a, (Gartner, Grundriss, I, 466); en ancien tergestin ju/é^i^ra (Cavalli, Arch. glottoL, XII, 336); en frioulan p/ôre (Pirona).

74. Pirpici uuidari.

AU. mod. widder, béliers, -ci peut être, comme le pense Diez. une combinaison graphique ayant la valeur de ts ou tch. Cependant, ce pourrait être aussi un datif littéraire, conformément à l'opinion e.xprimée par Graff, que Diez accuse à ce propos de « pédanterie » (p. 81). Mais comp. iimpo- ribiis 9. Dans Carigiet, je relève berbeisch « der Hammel », « der verschnittene Widder ».

Une autre explication, la meilleure, consistera à dire que pirpici tsl un masc. comme son représentant moderne et n'est autre qu'un nom. plur. refait en -/ (comp. sapienti).

76. Oviclas auui. Brebis. Je n'ai pas trouvé le représentant à'oviclas.

78. Porciu suuinir.

AU. mod. schiveine. Diez corrige « sans hésiter » enporci. Mais il ne faut pas faire de correction qui ne soit pas absolument nécessaire. Voici une explication bien simple de ce porciu jusqu'ici rebelle à toute inter- prétation. Il égale PORci. Après les palatales, la règle du maintien d'i' final a subi une exception ; dans porci la palatale avait résorbé 1';' comme dans quanta moi = modu, comme du reste elle avait résorbé \'s dans viva^iu i58, voy. ce mot. Notre auteur a donc écrit très régulièrement, conformément à son système, porci comme il a écrit viva^i. Mais il s'est

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aperçu alors que cela donnerait une prononciation tout autre que la prononciation réelle, puisque ci, ^i pour avoir leur valeur ts ou tch doivent être dans le corps du mot, devant une voyelle. C'est alors que très naturellement il a ajouté un ii muet d"appui, lettre qui dans son système ^'raphiquc, ne l'oublions pas, n'a aucune valeur à la fin des mots, voy. la loi des finales. C'est une sorte de féminin français.

On peut également bien admettre du reste que porcin = porcu, c final se palatisant en rtr. tout comme c -(- k, i, voy. les e.xemples pour poucLS dans Gartner, Grundriss, 1, 476, les formes du sing. ont la palatalisation. Les formes actuelles du plur. représentent porcos.

79. Ferrât paerfahr.

Sanglier. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Dans Carigiet, on trouve le primitif verr « Eber ». Rien donc d'étonnant que le rtr. ait possédé le dérivé verrat.

80. Troia suu.

.\ll. mod. sau. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Mais Carisch donne troia « trâchtige Sau ».

81. Scruva suu.

AU. mod. sau. C'est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. On trouve dans Carisch scrua « Sau » et dans Pirona scràve. En frioulan, I'f médialc s'est donc changée en la sonore corres- pondante : c'est pourquoi je lis scruva et non scruua.

84. Auciun caensincli.

Ail. mod. gànslein. C'est un des mots que Diez déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Mais le primitif auca est usuel en rtr. ; le dérivé a donc bien pu exister.

85. Pulli honir.

W\. mod. hiihner. Je n'ai pas pu retrouver ce mot en rtr. M. Decur- tins me signale l'existence d'un féminin jP!</rts.

86. Pulcins honchli.

.411. mod. hûhnlein. Je relève en ancien tergestin puleiin « pulcino » l^Cavalli, Arc/i. glottol., XII, 336).

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87. Callus hano.

AU. mod. hahn. gallls est bien le mot qu'on emploie pour désigner le coq dans toute la partie orientale du domaine réto-roman ; les Grisons seuls ont l'onomatopée coc, cot. Cf. Gartner, Gy-undriss, I, 468.

88. Galina hanin.

AU. mod. henné, gali.ina est le thème uniforme qui existe dans tout le domaine réto-roman pour dire « poule», cf. Gartner, Grundriss. I, 479, note 3.

89. Pao phao.

AU. mod. pfau. Il semble que l'on ait affaire ici au nom. pavo, si l'on s'en rapporte au réto-roman moderne qui a pavun, pivun (Carisch, Carigiet, Pallioppi).

91. Casu hus.

AU. mod. haus. Diez veut corriger en casa. Mais on peut expliquer casu (avec u muet) en disant que casa a une tendance à se raccourcir, comp. franc. cAe^ et des patois réto-romans qui disent ca ((nirtner. Gram.. 170-1 ). La forme ordinaire en rtr. est cependant casa.

92. Domo cadam.

Maison. Diez dit qu'on ne retrouve domus au sens propre de « maison » dans aucune langue romane. Ce n'est pas tout à fait exact. Ix St Léger a diiom, dom. En réto-roman, domi s a disparu devant casa, mais il pouvait encore fort bien vivre à l'époque des Gloses.

93. Mansione selidun.

Séjour, auberge. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. 11 n'a pas le sens ordinaire de « maison ». Il existe encore en rtr. avec le sens spécial qu'il a ici : masc/ncng « Rammer » (Carisch, p. 190) et avec un sens dérivé dans maschun « Hùhnerstange » (Pallioppi).

94 Thalamus chamara.

AU. mod. kammer. .le n'ai pas retrouvé ce mot en rtr.

95. Stupa stupa.

AU. moà. stube. Ce mot germanique, dit Gartner (Ze//sc/??-., XVI, 449, note 12), se présente dans les dialectes rétiques, lombard et vénitien avec les trois significations habituelles de : « chambre chauffablc », « fournil » « poêle ».

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96. Bisle phesal.

Chambre chauffable. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en rtr. Il existe parfaitement. Dans Carigiet. la pegna « der Ofen » = pk(n)sii.ia.

97. Keminada cheminata.

Appartement chauffable. Rtr. moderne caminada « Speisekammer » (Carisch et Pallioppi).

98. Furnus ofan.

Ail. mod. o/en. Rtr. /nom « Backofen » (Carisch, Carigiet et Pallioppi).

99. Caminus ofan. \\\. mod. o/en. Rtr. camin. cliamin « Kamin » (Carisch et Pallioppi).

100. Furnax furnache.

C'est un des mots que Diez déclare, p. 79, n'avoir pas retrouvés en rtr. On le retrouve en ancien tergestin, l'on a furnaza « fornace » (Cavalli, Arch. glottoL, XII, 846), dans Pallioppi qui donne furnatsc/i « Ofen ».

101. Segradas sagarari.

M. h. a. sageraere, sacristie. On ne comprendrait pas pourquoi, entre le poêle et l'étable, le glossographe ait pu vouloir mentionner une « sacristie ». Ici je partage l'opinion de Diez, à savoir que la traduction, qu'elle émane de l'auteur lui-même ou d'une seconde personne, renferme un contre-sens. Segradas (peut-être une faute pour segredas) doit repré- senter SKCRETA, latrines. I/hypothèse est appuyée par le mot secret du réto-roman moderne qui signifie « Abtritt » (Carisch et Carigiet). Pour l'explication de ce contre-sens, voyez au Texte critique.

'Une autre explication, moins bonne, consisterait à interpréter segra- d as par le rtr. segràd, sagràd (Pirona), «cimetière». Mais alors on se demande, et c'est cela qui fait difficulté, comment il a pu être traduit par « sacristie » et pourquoi surtout il est inséré dans les noms des parties de la maison.

102. Stabulu stal. AU. mod. slall. Diez dit. p. 79, qu'à sa connaissance le mot n'existe

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pas en réto-roman. Je relève Atàvl, stàval en brégalien (Redolfi, Zeitschr., VIII, 184;.

103. Pridias uuanti.

Ail. mod. u'ânde. Je regarde pridias comme une faute pour pridas, le second / ayant été amené par le premier, comme le second a l'a été par le premier dans talauun. C'est le rtr. prei qui existe à côté de parei (Carisch), preit (Carigiet).

104. Esilos pretir. Ail. mod. bretter. Je n'ai pas retrouvé le mot. Le rtr. dit assa, aissa.

105. Mediran cimpar.

Bois de charpente. C'est un des mots que Diez, p. 79, déclare n'avoir pas retrouvés en réto-roman. Je n'ai pas retrouvé expressément * matera- MEN, mais MATEBiEs avcc un sens voisin : iiiadèr. niadier « dicker Baum- stamm (zu Stâllenj », (Carisch et Pallioppij.

106. Pis (Irst.

AU. mod. first. On trouve dans les Gloses de Vienne (XI"^ siècle) qui sont aussi, à n'en pas douter, des gloses réto-romanes 1, ce même mot : pi^ spiz (Diez, p. 1 26). C'est le rtr. pi!(^, pé\, pi^ m. ou pi^^ci f. « Spitze » (Carisch, Carigiet, Pallioppi). Pis est une forme picus qui a été influencée ensuite par le germ. spit^, spit:{e, ce qui a déterminé le changement de son s en ^ et la formation d'une forme féminine pi^^a. Il est impossible de songer à une étymologie directement allemande ; les groupes germaniques se, st, sp en passant en rtr. ne perdent pas leur élément initial.

107. Trapes capretta.

Ce sont deux mots romans. Le second est l'engadin chavret «. Schlùs- sel des Dachstuhles », chavrida ou chevrida « ein Schlag Waldbâume, die frùher geschàlt und dadurch zum Fâllen bezeichnet wurden » (Pallioppi).

Il est probable que nous n'avons pas aft'aire ici à deux synonymes, mais à une seule expression le second mot joue le rôle d'adjectif.

108. Capriuns rafuun.

Chevron au toit. C'est un des mots que Diez. p. 79. déclare n'avoir

' Je compte le démontrer peut-être ultérieurement. On les croit françaises.

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pas retrouvés en réto-roman. Je le retrouve avec un sens dérivé dans cai'fiii « stehende, diirre Tanne » (Carigiet).

109. Scandula skintala. AU. mod. scliindel. Iltr. schlonda. (Carisch, Carigiet).

110. Pannu lahhan.

AH. mod. laken. Parmi les noms de vêtements, il ne subsiste plus en rétp-roman moderne que pannu, camisa. pragas, uuan^. Il n'est pas étonnant pour plusieurs comme seia, devrus, uuindicas, qu'ils soient disparus avec la chose qu'ils signifiaient. Ttinica survit aussi dans le frioulan tànie (Pirona).

114. Devrus deohproh.

.'\11. theoh-brôch , littér. pantalon de cuisse. C'est « une sorte de tablier entourant les reins et les pantalons ». Le mot roman vient de l'allemand et se retrouve dans Isidore et Paul Diacre sous la forme latinisée tubrucus, irBRUGus (cf. Diez).

115. Fasselas fanun.

Ail. mod. fahnen. Le ms. & fanun et non faciun comme a voulu lire Holtzmann, à l'avis de qui Diez s'est rallié. Cette glose sur laquelle Diez s'escrime vainement ne peut s'expliquer que par la comparaison avec une des gloses de Vienne (qui sont réto-romanes), on lit : sella lenti fano (= toile des reins), glose que Diez a génialement restituée en [Ja]sella lentifano (p. 127). Ce. fasella fasselas représente donc un latin * fascellas et signifie « bande ou écharpe entourant les reins ». Il est probable que dans notre glose le scribe a omis un mot de la traduction allemande et que la glose était -.fasselas lentifanun.

118. Uuanz irhiner.

" Il faut suppléer hantscôh. Le sens est : gant en cuir blanc.

119. Uuasa uuahsir.

Nous avons peut-être affaire ici à un de ces collectifs propres au réto- roman, qui aurait le sens de « la vaisselle », « les vaisseau.x ». En tout cas, VAS existe en réto-roman : à Erto veA «. Gefâss », « eiserne Oelflasche » (Gartner, Zeitschr., XVI, 357).

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120. °°'"" . Cava putin.

124. Cauuella potega.

Ail. mod. butte et bottich. Malgré les scrupules de Diez, il faut absolument corriger en cuva et cuuuella (= cupa, cupella) parce que d'autres glossaires ont cuba putin, guba putina (Gloses de Vienne) et même gubellas, voy. Diez, p. i23. Du reste, le rtr. ne connaît pas ca\a dans ce sens, mais connaît cupa, cupella icitvaigl « Eimer » dans Palliopi). Cuva, cuuuella sont une nouvelle preuve que b, p médials étaient devenus V dans la langue des Gloses (% 14).

Je n"ai pas retrouvé dolea en rtr., mais les (Jloses de Vienne renfer- ment le mot : dolea zentanara (Diez, p. i23). Contrairement à ce que dit Diez, il existe une forme doille en a. fr.

121. Idrias tunne. choffa.

Ail. mod. toiinen, kii/'e. Cest le lat. iivdbia. cruche à eau. Je ne l'ai pas retrouvé en rtr. Diez a fait une méprise en considérant tunne comme un mot roman.

122. Carisa ticinne. choffa fodarmaziu.

AH. nwd. Judermdssige kuj'e. Ce carisa a exercé vainement jusqu'ici la perspicacité des commentateurs. Une chose est certaine, x'est que c'est le rtr. charôt, chariet (Pallioppi). « Kûbel, den frischen Zieger zu formen ». Mais le mot paraît altéré. Comme son étymologie est obscure, il est difficile de le restituer. 11 faut peut être pensera carrottum : ce serait un vase en forme de petit char. Pallioppi dit cependant expressément : Jener Kiibel ist wie ein Fâsschen geformt.

Je corrige ticinne qui ne signifie rien en tunne et j'en fais, comme dans la glose précédente, un mot allemand, contrairement à ce que fait Diez, qui le considère aux deux endroits comme un mot roman.

123. Sisireol stanta.

128. Sestar sehtari.

.Ml. mod. stànder. On n'a pas encore pu expliquer sisireol. Il est probable que ce mot, fort dénaturé, représente un diminutif de sestar (comme sesterol). Sestar est le rtr. stèr « Viertel » (Carisch).

125. Gerala, tina zuuipar. 178. Tinas zuuipar.

AU. mod. ^uber. La première glose renferme deux mots romans

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synonymes. Je rélève dans Pallioppi gierl, « Tragkorb », dans Carisch scherl « Tragkorb », tignia « Kiibel », dans Carigiet tigna « Weinkufe », « Tonne ».

Gerala ne peut être qu'une faute pour gerula : les Gloses de Vienne, qui sont bien certainement un texte réto-roman, ont gerula zupar (voy. Diez, p. 123).

126. Siccla einpar. 179. Situlas einpar.

AH. mod. eimer. 11 ne faudrait pas croire que le second mot est une graphie latine. Le rtr. possède les deux thèmes : ainsi à Erto je relève ■•iédya = s\CLA (Gartner, Zeitschr., XVI, 343), dans Carisch seisch « Kupfer- eimer » = siclus et dans Kôrting (Dictionn. jioj) sedla = situla.

,„_ Sicleola 127.

Sedella ampri.

Seau. Il faut vraisemblablement corriger le mot allemand en ainpri. Sedella est un des mots dont Diez, p. yg, reconnaît déjà le caractère réto-roman. Quant à sicleola, il ne peut être qu'un diminutif en -ola de sida (le est étymologique). Je ne l'ai pas retrouvé en rtr., mais j'ai relevé en brégalien un diminutif sadalin qui égale * sitkli.inis (Redolfî, Zeitschr., VIII, i93j.

129. Calice stechal.

Gobelet conique. Rtr. caliscli « Kelch » (Carigiet), « caliscli oder chalsch, Kelch ("beim Abendmahl) : Blumenkelch; Bêcher» (Pallioppij.

130. Hanap hnapf.

C'est un des mots que Diez déclare, p. 79, n'avoir pas retrouvés en rtr. Malgré mes recherches, je n'ai pas été plus heureux que lui.

131. Cuppa chupf.

Rtr. coppa « Napf » (Carisch), cùppa « halbkugliges, irdenes oder metallenes Tischgefass » (Carigiet), coppa « Schûssel, Schale» (Pallioppi).

132. Caldaru chezil.

133. Caldarora chczi.

Ail. mod. kessel. Je nai retrouvé en rtr. que des représentants d'une forme féminine caldabia, mais les Gloses de Vienne ont galdarios chezzila (Diez, p. 123).

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Caldarora est évidemment une faute pour caldarola, le second r avant été amené par le premier. Caldarola est très répandu en pays réto- roman, voy. ses représentants dans Carisch et Pallioppi.

134. Cramailas hahla.

Crochet de la chaudière. C'est un des mots que Diez, p. 7g, déclare n'avoir pas retrouvés en reto-roman. Je dois avouer que je n"ai pas été plus heureux que lui. Comme je lai dit au § 1 1, je corrige en cramaclas. Les Gloses de Vienne ont encore gramagla (Diez, p. i23).

135. Implenus est fol ist.

Ail. mod. voll ist. Cette phrase insérée à la fin du chapitre des vases, doit signifier : 11 (le vase) est plein. Nous avons vu des phrases particu- lières enchâssées aussi dans le chapitre des parties du corps. Comme le dit Diez, il faut corriger en impletus ou en plenus : le rtr. dit plenus et non implenus, cf. Gartner, G?-a>n., p. 184.

136. Palas scufla. Ail. mod. schaufel. Rtr. pala « Schaufel » (Carigiet).

137. Sappas hauua. Ail. mod. haue. Rtr. ^appa « Hacke » (Carisch et Carigiet).

138. Saccuras achus.

AU. mod. axt. C'est un des mots dont Diez, p. 79, reconnaît déjà le caractère réto-roman. Je relève en brégalien une forme sagiir qui a l'a initial (Redolfi, Zeitschr., VllI, 176).

139. Manneiras parta.

Large bâche. C'est un des mots dont Diez, p. 79, reconnaît déjà le caractère réto-roman. Voy. les représentants dans Gartner, Grain., | 27 et dans le Grundriss, p. 478, note i .

140. Siciles sihhila.

Ail. mod. sichel. Ce mot, contrairement à l'opinion de Diez, n'a pas complètement disparu dans les langues romanes. Le roumain a secere et, quant au réto-roman, un grand nombre de formes sont énumérées par Gartner, Zeitschr if t, XVl, 348, note 3.

5i

141. Falceas segansa.

AU. mod. sensé. On est surpris de ne trouver en rtr. que des formes dérivées de falcem (cf. Gartner, Gram., i 28). Les Gloses de Vienne ont aussi /a/ce,ï (Diez, p. 124). Mais le roumain a /alca (Dict. de Kôrting, 3 1 1 ij.

142. Taradros napugaera.

143. Scalpros scraotisran.

144. Planas paumscapo.

Foret. Burin (schrot-eisen). Couteau servant à aplanir le bois. De ces trois mots, Diez énumère déjà les correspondants réto-romans : lerader, scalper, plaiina. Il faut vraisemblablement corriger scraotisran en scraotisarn.

145. Liones seh.

Couteau de la charrue et aussi houe. Diez dit qu'on ne retrouve plus ce mot qu'en aragonais. C'est une erreur : l'ital. a ligone et l'esp. ligona. 11 range aussi le mot parmi ceux qu'il n'a pas retrouvés en réto-roman. .le dois dire que mes recherches sont restées vaines également.

146. Fomeras uuganso.

Soc de la charrue. 11 faut restituer dans la traduction iiuaganso soc de la charrue. Nous n'avons pas ici l'équivalent de l'it. vômere, vômero = vomerem, comme le pense Diez, mais celui du provençal vomier, it. gumej'a, gumea, modénais gmera = l'adj. vomerius, vomeria. C'est un des mots que Diez déclare, p. 79, n'avoir pas retrouvés en rtr. Je ne l'ai pas retrouvé non plus.

148. Mallei slaga, hamar. Ail. mod. scHlâgel, hammer. Je n'ai pas retrouvé le mot.

149. Et forcipa anti zanga.

Ail. mod. und ^ange. Je n'ai pu retrouver en rtr. la forme équivalente At forcipa (forcipem). Le réto-roman d\tforsch = forficem (^vov.forsa, a. ïr. force). Je relève bien dans Carisch une (ovmo. foarbasch. mais elle dérive aussi de iorficem (mieux de forpicem), h. forbice. Les Gloses de Vienne nous présentent aussi cette i'ormc fojxtpe (Diez, p. 124).

150. Et inchus anti anapaoz. .\ll. mod. tind amboss. C'est un des mots que Diez. p. 79, déclare

- 52 -

n'avoir pas retrouvés en réto-roman : mais il existe bel et bien, voy. ses représentants dans Gartner, Gram., % 78.

151 et 152. De apis siluuarias picherir folliu.

Dans le ms. écrit ici sur lignes suivies et non en colonnes, cela forme deux gloses : deapis. picherir. siluuarias. folliu. Séparées, elles n'ont évidemment aucun sens et il faut nécessairement les réunir en une seule, ce qui donne d'un côté la traduction allemande : « ruches pleines » et de l'autre de apis siluuarias. Ainsi reconstituée, la glose n"a pu cependant encore être expliquée définitivement. Voici, à cet égard, la solution que je propose, solution qui me parait se recommander par une certaine vrai- semblance :

D'abord il est tout-à-fait certain qu'il faut corriger, conformément à lingénieuse hypothèse de Diez, en de apis (= apes) alvarias = cellules, loges et, par extension, ruches d'abeilles. Alvarias représente le latin ALVEARiA. Alveus désigne déjà [en latin une ruche : ital. alveo, m. sens. Ce qui est tout à fait décisif du reste, c'est que le mot se retrouve en rtr. moderne : ualêr, lialè (3 silbig), « Bienenstand ». « Bienenhâuschen » (Carisch et Carigiet) = ai.vearu m (aluêr, puis ualêr avec une métathèsei.

Le pléonasme et l'interversion même qu'on trouve dans de apis alvarias sont aussi surprenants et doivent s'expliquer. Comme'.je crois l'avoir montré plus loin, au Texte critique, les Gloses, à mon avis, existèrent un certain temps dans le texte roman seul. C'est alors que fut ajoutée à celui-ci au dessus à' alvarias, une glose explicative de apis. Le traducteur, voyant donc écrit « ruches d'abeilles », ne traduisit pas simple- ment par « ruches », mais voulant éviter toute équivoque par « ruches pleines » (d'abeilles). Cette glose écrite sur deux colonnes comme suit : de apis picherir aluuarias folliu fut prise par le scribe du ms. qui écrivait cet endroit) sur lignes continues pour deux gloses différentes, que, ne comprenant pas, il copia machinalement ainsi, en faisant une faute au second mot roman : deapis. picherir. siluuarias. folliu. A mon avis, le glose primitive était donc simplement alvarias « ruches » et de apis ne faisait pas primitivement partie du texte.

153. ^^^^^ Puticla

Rtr. flascha « P'iasche » (Carigiet et Pallioppi). Carisch mentionne une formey'rac/a « Schoppen » qui suppose une métathèse * fascla.

53

154. Mandacaril moos. Nourriture. On comprend bien que ce mot doit se rattacher à mandu- CABE, mais la finale en reste obscure. Je corrigerais en manducaria, « mangerie », « mangeaille ».

155. Va cane.

Ail. mod. dialectal cane. C"est la forme ordinaire du réto-roman, voy. Gartner, Grain., | 26.

156. Fac iterum to auar.

Ail. mod. thu abermah. Iterim survit dans è (er nur vor Vokalen) « auch » (Carigiet), er, era, eir « auch », « noch » (Carisch).

157. Citius sniumo.

Aussitôt, à la hâte. Il n'est pas rare que des adverbes au comparatif prennent le sens du positif. C'est un phénomène qu'on trouve déjà dans le latin classique, e.\. : serius, ocius = ociter. .le n'ai pes retrouvé les descendants de citius dans le rtr. moderne.

158. 'Vivaziu iili.

.\11. mod. eile. C'est le comparatif vivacius qui donne l'adv. proven- çal vivais, viatsi, vite, l'adj. italien (a)vaccio, pressé, voy. Kôrting, 8790. 11 n'y a donc pas de difficulté dans cette glose, comme semble le croire Diez. Ce comparatif a pris le sens du positif, cf. la glose précédente. Si Vs a disparu ici, c'est qu'elle a été résorbée par le son palatal graphie par ^i. Quant à u, c'est une lettre absolument muette, comme dans porcin 78. Vivaziu n'e.xiste plus dans le rtr. moderne.

159. Argudu skeero. Rapide. Argltis a, en latin, le sens de « sagace ». ici, il a passé à celui de « rapide ». ce qui s'explique sans difficulté, voy. Diez. Il ne se ret^-ouve plus dans la langue moderne.

160. Moi mutti. 161.]^ Quanta moi in manage mutti. Moi de la première glose = modium. L'/ a la valeur d'une palatale, car DJ intervocalique en rtr. devient soit une sifflante, soit une palatale, voy. Gartner, Qram., p. 178, v. médius.

- 54 -

Dans la deuxième glose, la partie allemande doit être corrigée en «'eo manage mutte, combien de boisseaux ? 11 serait difficile d'expliquer quanta comme un neutre. Pour moi, je n'hésite pas à corriger en quanti moi = QUANTI MODii. Dans modii. 1"/ a été résorbé par la palatale comme dans porc/ M 78.

162. Sim halp. Ail. mod. halb. Le frioulan possède le mot : scem, sent (Pirona).

163. Aia tutti uuela aile.

AU. mod. wohl aile. Aia = le lat. eu : roumain ia. prov. eia, a. fr. aie, esp. ea, port, eia (Kôrting, 2787). En réto-roman, ei, ehi « Ausruf der Verwunderung » (Carisch).

164. Vestid cauuati. Rtr. vase/lieu, vischieu (Carisch), vistgû (Carigiet).

167. Tramolol sapan.

Toile fine. On nest encore parvenu en aucune façon à expliquer ce tramolol. Je conjecture que ce mot, résultat, comme pense Diez, d'un lapsus du scribe, doit se lire tramol et équivaut au frioulan tramuèle « trémie » (Pirona), manifestement dérivé de tremere. L'ail, sapan, par extension, peut bien avoir signifié « tamis », « trémie ».

168. Vellus uuillus. Toison. Je n'ai pas retrouvé le mot.

171. Campa hamma.

Fesse, gigot. On peut lire campa ou canpa. Voy. les représentants de GAMBA dans Gartner, Gram., p. 72.

172. Ponderosus haolohter.

Souffrant d'une hernie. Cette signification attribuée ici à ponderosus n'est pas latine, mais elle peut dériver de la signification « lourd ». Je n'ai pas retrouvé le mot en rtr., si ce n'est sous la forme ponderûs «. gewichtig », « schwer», « wichtig» (Carigiet), qui ne paraît pas être un mot essentiellement populaire, puisqu'il a conservé la voyelle contre- finale.

55

173. Albios oculus staraplinter.

Ail. mod. staarblind, aveugle de la cataracte. Albius oculus ne signifie absolument rien et il est de toute nécessité d'admettre ici une faute de copiste. Comme le rtr. ne connaît pas * aboculus, mais seule- ment ORiK s et CAECLS, je propose de corriger en orbus oculis.

174. Gyppus houarohter.

Bossu. Rtr.^'-oZ'. Je n'ai pas retrouvé les deu.x mots suivants, lippus et claudus, en rtr. Pour mutus, il est usuel.

180. Gulvium noila.

A. h. ail. nuoil, rabot. Nous avons affaire ici à une graphie latine évidemment. Je n'ai pas retrouvé le mot, qui est le fr. gouge.

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C. TEXTE CRITIQUE

Tout ce qu'on sait sur l'auteur des Gloses de Cassel, c'est qu'il était Germain : cela est prouvé par la confusion perpétuelle qu'il fait entre les sourdes et les sonores (voy. Diez, pp. VII et VIII). C'était vraisemblable- ment un homme d'Eglise et il avait sans doute voyagé en Romanie. Mais il n'est pas certain qu'il ait fait lui-même la traduction, ou, s'il l'a faite, ce ne fut très probablement que quelque temps après la composition du texte.

Pour l'hypothèse d'une traduction après coup (de l'auteur même ou d'une autre personne), faite avec une certaine négligence et en hâte, militent en effet les raisons suivantes : plusieurs mots (les gloses 107 et i53) n'ont pas été traduits et il semble qu'ils aient été sautés; d'autres sont traduits d'une façon inexacte ou approximative, un grand nombre le sont par des mots romans germanisés (pour plus de facilité) ; à un pluriel correspond souvent un singulier et réciproquement ; la glose 47 au lieu d'être traduite en allemand, a été tout bonnement réunie à la suivante par le mot allemand qui signifie « ou bien » : enfin le fameux segradas de la glose 101 qui doit vouloir dire « les latrines », étant donné la place il se trouve, a été traduit par « sacristie », ce qui est un contre-sens. Le m'ot (dérivé de sécréta) avait sans doute les deux sens en rtr.. la sacristie étant en quelque sorte un lieu secret, retiré. Si la traduction avait été faite en même temps que le te.xte, il est évident que l'auteur en énumérant les différentes parties de la maison n'eût jamais pensé à « sacristie ». Voyez encore, en faveur de notre hypothèse, un argument très important développé au Commentaire sous i5i et lii.

La question reste obscure, de savoir si l'auteur a fait un travail original ou s"il s'est aidé de glossaires antérieurs : cela, du reste, a peu d'importance.

Ce n'est pas le ms. original que possède la bibliothèque de Cassel. C'est l'œuvre de deux copistes (voy. Diez, pp. 72-8) ; car on reconnaît

- 58 -

à l'écriture la main de deux scribes différents : l'un a écrit la première partie jusqu'à martel hamar 147 (sur colonnes), l'autre le reste (sur lignes suivies), voy. Diez, p. 72. Ils ne se sont guère privés, l'un et l'autre, de faire des fautes grossières de lecture, principalement dans le texte roman : radi me meo colli 18, un osti spinale 25, innuolu 29, lalauun 32. articti- lata 47, cava 120 et cauuella 124, carisa 122, gerala i25, caldarora 128, implenus est i35, siluuarias i52, mandacaril 154, quanta moi 161, albios oculus 178. Nous allons essayer de restituer le texte, tel que nous le concevons sorti des mains de l'auteur ou bien des mains de l'auteur et d'un traducteur :

1. l'homme.

homo, man.

caput, haupit.

verticem, skeitila.

capilli, fahs. 5 oculos, augun.

aures, aorun.

nares, nasa.

dentés, zendi.

timporibus, chinnapahhun, hiuflilun. 10 facias, uuangun.

mantun, chinni.

maxillas, chinnpein.

collo, hais.

scapulas, ahsla. i5 humérus, ahsla.

tondit, skirit.

lundi meo capilli, skir min fahs.

radi me meo collo, skir minan hais.

radi mea parba, skir minan part. 20 radiées, uurzun.

labia, lefsa.

palpebre, prauua.

interscapulas, untarhartinun.

dorsum, hrucki. 25 un os spinale, ein hruckipeini.

renés, lehti.

coxa, diQoh.

59

os maior, daz maera pein deohes. [g\innuolu, chniu. 3o tibia, pein.

calamel, iiuidarpeini.

taluun, anchalo.

calcanea, fersna.

pedes, foozi. 35 ordigas, zaehun.

uncla, nagal.

membras, lidi.

pectus, prust.

brachia, arm. 40 manus, hant.

palma, prêta.

digiti, fingra.

polix, dumo.

index, zeigari. 45 médius, mittarosto. *

medicus, laahhi.

auricularis aide

minimus, minnisto.

putel, darm. 5o putelli, darma.

lumbulum, lentiprato.

Jigido, lepara.

pulmone, lungunne.

intrange, innida. 55 stomachus, mago.

latera, sitte.

costis, rippi.

unctura, smero.

cinge, curti. 60 lumbus, napulo.

umbilico, napulo.

3. LE BÉTAIL.

pecunia, fihu. cavallus, hros. equm, hengist.

- 6o

65 iumenta, marhe.

equa, marhe.

puledro, folo.

puledra, fulihha.

ammalia, hrindir. 70 boves, ohsun.

vaccas, choi.

armentas, hrindir.

pecora, skaaf.

pirpici, uuidari. 75 fidelli, chalpir.

oviclas, auui.

agnelli,- lempir.

porciu, suuinir.

ferrât, paerfarh. 80 troia, suu.

scruva, suu. « purcelli, farhir.

aucas, cansi.

aucm«/.caensincli. 85 pulli, honir.

pulcins, honchli.

callus, hano.

galina, hanin.

yKao.fphao. 90 pana. ;phain.

S. LA MAISON.

casu, hus.

domo, cadam.

nz(insîone,]selidun.

thalamus, chamara. 95 stupa, stupa.

bisle, phesal.

keminada, cheminata.

furnus,' ofan.

caminus, ofan. 100 furnax, furnache.

- 6i -

segradas, sagarari. stabulu, stal. pridas, uuanti. esilos, pretir. io5 mediran, cimpar. pis, first. trapes capretta. capriuns, rafuun. scandula, skintala.

4r. LE VETEMENT.

I lo pannu. lahhan.

lunica, seia. tunihha.

camisa, pheit.

pragas, proh.

devras . deohproh. ii5 fasselas, |lenti]fanun.

uuindicas. uuintinga.

miifflas, hantscoh.

iiuan^, irhiner [hantscôhj

5. LES VAISSEAUX.

uuasa, uuahsir. I20 dolea, cuva, putin.

idrias, tunne, choff'a.

carisa?, tunne, chofFa fodarmaziu.

sesterol?, stanta.

cuuuella, potega. 125 gerula, tina, zuuipar.

siccla, einpar.

sicleola, sedella, ainpri.

sestar, sehtari.

calice, stechal. i3o hanap, hnapf.

cuppa, chupf.

caldaru, chezil.

- 62

caldarola, chezi. cramaclas, hahla. i35 (im)plenus est. fol ist.'

6.

LES OUTILS.

palas, scufla.

sappas, hauua.

saccuras, achus.

manneiras, parta. 140 siciles, sihhila.

falceas, segansa.

taradros, napugaera.

scalpros, scraotisarn.

planas, paumscapo. 145 liones, seh.

fomeras, uuaganso.

martel, hamar.

mallei, slaga, hamar.

et forcipa, anti zanga. i5o et inchus, anti anapaoz.

7. VARIA.

aluuarias (de apis), picherir folliu.

flasca, puticla.

manducaria, moos. i55 va, cane.

fac iterum, to auar.

citius, sniumo.

viva^ht, iili.

argudu, skeero. 160 moi, mutti.

quanti moi, weo manage mutte.

sim, halp.

aia tutti, uuela aile.

vestid, cauuati. i65 laniu vestid, uuUinaz.

Uni vestid. lininaz.

- 63 -

tramol?, sapan.

vellus, uuillus.

punxisti, stahhi. 170 punge, stih.

campa (ou canpa), hamma.

ponderosus, haolohter.

orbus oculis, staraplinter.

gyppus, houarohter. 175 et lippus, prehanprauuer.

claudiis, lamer.

mutus, tumper.

tinas, zuuipar.

situlas, einpar. 180 gulvium, noila.

^'«-X^S^X^X?.-

TABLE ALPHABÉTIQUE DES GLOSES

(d'après le texte critique)

agnelli 77

aia i63.

aluuarias iSa.

animalia 69.

argudu iSg.

armentas 72.

aucas 83.

auciun 84.

aures 6.

auricularis 42.

boves 70.

brachia 3g.

calamel 3i.

caldarola i33.

caldaru i32.

calice 129.

callus 87.

caminus 99.

camisa 1 12.

campa (ou canpa^ 171.

capilii 4, 17.

capretta 107.

capriuns 108.

caput 2.

carisa ? 122.

casu 91.

cavallus 63.

cinge 59.

citius 157.

claudus 176.

collo i3, 18. costis 57. coxa 27. cramaclas 134. cuppa i3i. cuva 120. cuuuella 124. devrus 1 14. digiti 42. dolea 1 19. domo 92. dorsum 24. equa 66. equm 64. esilos 104. facias 10. fac iterum i56. falceas 141. fasselas 1 15. ferrât 79. fidelli 75. figido 52. flasca i52. fomeras 146. forcipa 149. furna.x 100. furnus 98. galina 88. gerula i25. gulvium 180.

- 66

gyppus 174. hanap i3o. homo I. humérus i5. idrias 120. (im)plenus est i35. inchus i5o. index 44. interscapulas 23. inirange 54. iterum i56. iumenta 65. keminada 97, labia 21. laniu vestid i65. latera 56. Uni vestid 166. liones 145. lippus 175. lumbulum 5i. lumbus 60. maior 28. mallei 148. manducaria 154. manneiras 139. mansione 93. mantun 11. manus 40. martel 147. maxillas 12. me 18. mea 19. medicus 46. mediran io5. médius 45. membras 37. meo 17. 18. minimus 48. moi 160, 161. mufflas 1 17. mutus 176. nares 7. oculos 5. orbus ocuiis 173. ordigas 35. os 25, 28. oviclas 76. palas i36.

palma 41. palpebre 22. pannu 1 10. pao 89. parba 76. paua 89. pecora 73. pectus 38. pecunia 62. pedes 34. pirpici 74. pis 106. planas 144. polix 43. ponderosus 172. porciu 78. pragas 1 13. pridas io3. pulcins 86. puledra 68. puledro 67. pulli 85. pulmone 53. punge 170. punxisii 169. purcelli 82. putel 49. putelli 5o. pulicla 1 53. quanti moi 161. radi 18, 19. radiées 20. saccuras i38. scalpros 143. scandula log. scapulas 14. scruva 81. sedella 127. segradas loi. seia III. sestar 128. sesterol ? 123. siccla 126. sicleola 127. sim 162. situlas 179. spinale 25. stabulu 102.

67

stomaehus 35. taluun 32. laradros 142. thalamus 94. tibia 3o. timporibus g. tina 125. tinas 178. tondit 16. tramol ? 167. trapes 107. lundi 17. tunica 11 1.

tutti i63. umbllico 61. un 25. uncla 36. unctura 58. va i55. vaccas 7t. vellus 168. vestid 164, i65, 166. uuanz 1 18. uuasa 1 19. uuindicas 1 16.

Fribourg (Suisse). - Imprimerie et Librairie de l'Œuvre de Saint-Paul, 259, rue de Morat.

y

COLLECTANEA FRIBURGENSIA

ï3ej—

COMMENTATIONES ACADEMICï

UNIVERSITATIS FRIBURGENSIS HELVETIORUM

FASCICULUS IV.

FRIBURGI HELVETIORUM

APUD BIBLIOPDLAM UNIVERSITATIS

MDCCCXCV

MEISTER ECKHART

UND

SEINE JUNGER

UNGEDRUCKTE TEXTE ZUR GESCHICHTE "DER DEUTSCHEN MYSTIK

HERAUSGEGEBEN VON

FRANZ JOSTES

FREIBURG (ScHWEiz)

COMMISSIONSVERLAG DER UNIVERSIT^TSBUCHHANDLUNG

1895

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'hf^te^

EINLEITUNG

In dem Lic-hte, welches die Forschungen Denifles ùber die Philosophie Eckharts verbreitet haben, ist der Glanz der Origina- litât seines Systems erhebiich abgeblasst. Als « Vater der deutschen Philosophie» werden ihn auch die i<.aum noch bezeichnen wollen, welche ihn dort, wo er die Wege der scholastischen Philosophie seiner Zeit verlâsst, anders beurteilen als Denifle. Es war ein Irrtum, in dem man sich befand, ein Irrtum, der indes aus den Zeitverhâltnissen nicht nur leicht erklârlich, sondern auch nicht einmal besonders zu bedauern ist. Wenigstens wurde in so weiten Kreisen schwerlich ein so lebhaftes Interesse fur den Meister aufge- kommen sein, wenn man von Anfang an gewusst hâtte, dass der Gegensatz seiner Philosophie zur Scholastik zum guten Teile ein eingebildeter war. Das Interesse aber, welches er gefunden, wird man auch heute bei unserer bessern Erkenntnis nicht als ein unverdientes betrachten diirfen. Sein Anteil an jener geistigen Bewegung, die wir mit dem Namen Mystik zu bezeichnen ptlégen, bleibt, wie allein schon das Urteil seiner Zeitgenossen lehren kann, immerhin noch gross genug, um ihm dauernd einen hervorragenden Ehrenplatz in der Geschichte des geistigen Lebens unseres Volkes zu sichern. Trotz des traurigen Zustandes der textlichen Ueberlieferung vermogen wir auch jetzt noch wohl einigermassen uns vorzustellen, welchen Eindruck er durch die

vin

Flugkraft seines Gedankens und den Adel seines Willens dereinst auf die seinen Worten lauschenden Zuhôrer gemacht hat.

In der Geschichte der deutschen Litteratur wurde sein Name immer einen guten Klang behalten, selbst wenn sein Unternehmen, jene Gedanken in unsere Mutterspraclie einzukleiden, die man vor ihm und wie lange noch nacii ihm ! nicht von der lateinischen Sprachhûlle glaubte loslôsen zu kônnen, weniger gelungen wâre, als es thatsâchlich der Fail ist.

Notker batte alierdings schon einige Jahrhunderte friiher den kiihnen Versuch unternommen, fur philosophische Termini deutsche llebersetzungen zu gewinnen; aber es scheint nicht, dass derselbe von grosser Wirkung gewesen ist. Anders liegt die Sache bei Eckhart. Man kann zugeben, dass er nicht gerade ailes hier noch zu thun vorfand, und dass das deutsche philosophische Sprachmaterial, welches sich im Laufe des 14. Jahrhunderts an- sammelte, nicht insgesamt ihm seine Formung verdankt; aber man wird doch kaum sehr fehl gehen, wenn man ihn auch hier durchaus als den Meister und die ûbrigen Mystiker als seine Jûnger betrachtet. Es bedarf hier freilich noch genaùerer Unter- suchungen als bislang gemacht sind; gegen die einzige vorliegende Arbeit von Kramm ^ hat sich Denifle ganz ablehnend verhalten, und eine griindliche Kenntnis der Scholastik als unentbehrliche Vorbedingung fur derartige Untersuchungen hingestellt. Gewiss nicht mit Unrecht ; allein da unter denen, welche im Besitze einer solchen Kenntnis sind, sich so leicht keiner zur LJebernahme der Arbeit bereit finden durfte, und fur die, welche sonst Lust und Fâhigkeit dazu hâtten, die ErfûUung der Vorbedingung gar schwer ist, so wûrden wir ihr Erscheinen schwerlich noch zu erleben hoffen durfen, wenn hier kein Mittelweg zu finden wâre.

Ich glaube nun aber, dass es einen solchen giebt. Schon im Laufe des 14. Jahrhunderts sind die lateinischen philosophischen Termini mit den deutschen Uebersetzungen bald mehr bald minder

Zeitschrift fur deutsche Philologie Bd. 16, S. 1 ff.

IX

vollstândig zusammengestellt worden. Teils sind sie fur sich bestehen geblieben, teils hat man sie schon bald den vorhandenen Vokabularien beigefûgt wie bereits im 14. Jahrhundert dem des Fritsche Ciosener oder sie bei neuen Abschriften in dieselben alphabetisch eingegliedert. Eine Untersuchung und Bearbeitung dieser Quellen wird meines Erachtens den Anforderungen des geschichtlich-sprachlichen Intéresses wenigstens einigermassen gerecht werden kônnen.

Was den Genuss der Predigten Eciviiarts uns am meisten ver- kùmmert, ist der traurige Zustand, in dem sie uns ûberliefert sind, traurig niciit nur insofern, als sein gesprochenes Wort unvoilstândig wiedergegeben ist das ist bei allen nachgeschriebenen Predigten gewiss der Fail sondern besonders weil sie, sclion von vorn- herein sehr dem Missverstândnisse ausgesetzt, von den Hânden der Abschreiber weit meiir als andere Texte verschlimmbessert worden sind.

Je tiefer man der handscliriftlichen Ueberlieferung auf den Grund geht, desto meiir ûberzeugt man sich davon, dass es in der That nicht angeiit, auf Grund der deutschen Texte allein von dem philosophischen Système Eckharts ein allseitig richtiges und klares Bild zu gewinnen. Auch dann, wenn noch zahlreichere Handschriften, als bislang benutzt sind, aufzufinden in Aussicht stunde, wiirde man kaum hoffen dûrfen, einigermassen authentische Texte herstelien zu kônnen. Und deshalb ist es hôchst zweifelhaft, ob Pfeiffer so bald einen Nachfolger erhalten wird, der seine langst zum Spekulationsobjekt der Antiquare gewordene Ausgabe durch eine berichtigte, ergânzte und soviel wie môglich verbesserte ersçtzen wird ; giinstig sind die Aussichten darauf jedenfalls nicht. Vorlâufig wird man sich damit begniigen mussen, das noch unbe- kannte IMaterial nachzutragen, und von dem Bekannten zu zeigen, wie unzuverlâssig die Texte ofl in den Handschriften sind; es wird dann vielleicht mit der Zeit auch gelingen, wenigstens bei einer Anzahl Predigten Eckharts eine einigermassen richtige Textgestalt zu gewinnen.

Hierbei mitzuwirken ist der Hauptzweck der folgenden Blâtter; sie ziehen eine Eckharthandschrift ans Licht, die nicht nur zu den âltesten sondern auch zu den reichhaltigslen ihrer Art gehôrt. Ich fand sie in der Niirnberger Stadtbibliothek Cent. IV, 40.

Es ist eine Papierhandschrift des 14. Jahrhunderts von 106 alt- bezifferten Blattern, 3o X 21 cm. gross. Die Holzdeckel sind mit rotem Leder ûberzogen. Die Blâtter sind zweispaltig beschrieben, die Spalte durchschnittlich zu 48 Zeilen. Auf der Innenseite des Vorderdeckels steht von alter Hand : » Das puch gehort in das Closter zu sant Katherein prediger orden in nurnberg ». Die alte Bibliotheknummer E XIII. hat sie um die Mitte des i5. Jahr- hunderts bei der Katalogisierung der Bûcher des Dominika- nerinnenklosters erhalten. (Vgl. unten S. 122, Nr. XIII.)

Nach diesem Katalog war die Hs. bereits vor der Reformation des KIosters, d. h. vor dem Jahre 1428 in dessen Besitz.

Dièse Sammlung ist aus kleineren Sammlungen zusammen- gesetzt, die man von verschiedenen Seiten her bekommen hatte ; man sieht es der Sprache noch an, dass das eine in ziemlich weiten Umkreisen, anderes direkter aus Eckharts Heimat herûberge- kommen war. Wie in den Anmerkungen gezeigt ist, haben die Schreiber einige Stiicke mehrfach abgeschrieben. Offenbar haben sie das nicht bemerkt; das begreift sich leicht, ja man muss sich nur wundern, dass es nicht noch mehr vorgekommen ist. Zwei Schreiber lassen sich deutlich unterscheiden ; auf den ersten Blick kônnte man glauben, es seien ihrer noch mehr daran beschâftigt gewesen, allein bei nâherer Prûfung kommt man von der Meinung wieder ab ; der Unterschied beruht wohl nur darauf, dass nicht ailes mit gleicher Tinte und Feder in einem Zuge, sondern nach und nach auch mit verschiedenen Abstânden der Buchstaben und Zeilen geschrieben ist.

Wenn man annehmen dûrfte, dass, wenn nicht ailes, so doch manches nach einem Diktate niedergeschrieben ware, so wûrden sich nicht nur die vielen Schreibfehler, sondern auch manche lautliche und sprachliche Eigentûmiichkeiten leichter erklâren

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lassen. Z. B. hat der Schreiber anlautendes b fur w offenbar nicht durchfûhren woUen (bold = wold, besen -r: wesen, bonen = wonen etc.), allein es ist doch so hâufig hineingeraten, dass die Annahme nahe liegt, sie seien durch das Gehôr hineingekommen. Behalt man vor Augen, dass die Texte ursprunglich in einem dem Niederdeutschen nahe stehenden Dialekte abgefasst waren, so erklart sicti auch noch manches, allein doch beiweitem nicht ailes : es bleibt noch mehr als zuviel an groben Versehen, Missver- stândnissen usw. ubrig, und meistens sind sie derart, dass sie mit einem kleinen Eingriff nicht beseitigt werden kônnen. Ich habe nur solche Stellen kenntlich gemacht, die sich entweder leicht oder gar nicht bessern lassen; wenn ich weder in der einen noch in der anderen Weise Bedenken angedeutet habe, so beweist das nicht, dass fur mich keine bestanden, sondern nur, dass man rébus sic stantibus den Satz zur Not allenfalls passieren lassen kônne; es wâre sonst der Text auch zu stark mit (sic!) durchsetzt worden. Die Verderbtheit ist nicht die alleinige Schuld der Schreiber unserer Hs. wo ist ûberhaupt eine Predigt Eckharts wirklich gut ùberliefert ? die Fehler gehôren vielmehr wohl nur zum allergeringsten Telle auf ihr Kerbholz. Um sich davon zu uberzeugen, braucht man nur zuerst die letzte Predigt (Nr. 82, Seite 84 ff) zu lesen : der Text ist, etwa von Kleinigkeiten abgesehen, durchweg ganz tadellos; es durfte keine von Nonnen nachge- schriebene, sondern vom Verfasser selbst aufgezeichnete Predigt sein. Anders kann ich mir den guten Zustand des Textes nicht wohl erklâren, denn die Materie war hier nicht weniger schwierig und dem Missverstândnisse ausgesetzt als in den ubrigen Predigten. Man kônnte das intéressante Stuck wohl eine summa mystica nennen, denn es umfasst die Hauptgedanken der Mystik. Manches weist auf Eckhart, aber anderes spricht deutlich gegen seine Ver- fasserschaft ; der Prediger ist indes ein ganz im Banne des Meisters stehender Junger von ihm. Die Predigt fallt dann weiterhin noch durch ihren Umfang auf. Ich môchte glauben, dass dieser in Wirklichkeit nicht allzu sehr uber das damais gebrâuchliche

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Durchschnittsmass hinausgeht. Die Predigten Eckharts sind nâm- lich sâmtlich unzweifelhaft stark gekûrzt, die Nachschreiber haben nur die Hauptmomente herausgezogen ; dièse sind dann von den y\bschreibern vielfach wieder gekûrzt, und oft ist von einer Predigt nicht mehr geblieben als ein oder mehrere « Sprûche », denn dass dièse nictits als Predigtreste sind, steht fur mich wenigstens fest. Unsere Handschrift bietet fur dièse Entwickelung des Textes manches intéressante Beispiel. Es lâsst sich dièses Verfahren auch leicht erklâren. Man kann sich daruber nicht tâuschen, dass der Kreis der Gedanken in den Predigten Eckharts ein ziemHch enger ist; bei seiner Abneigung, auf das praktische Leben einzugehen, war er genôtigt, dieselben abstrakten Ideen immer von neuem zu variieren ; sicher geschah das vielfach nicht am selben Orte und vor demselben Auditorium, ja manche verschiedene Ueberliefe- rungen einer und derselben Predigt kônnen sehr wohl auf Auf- zeichnungen an verschiedenen Stellen zuriickgehen, aber in den Hânden der Sammler kamen doch aile dièse Stûcke zusammen und da wurde man gewahr, dass vieles doppelt vorhanden und manche Predigt nur den einen oder andern neuen Gedanken enthielt. So kam man dazu, Streichungen oder Kûrzungen vorzu- nehmen, bald grôssere, bald geringere, bald mit mehr, bald mit weniger Umsicht. So ist es in manchen Fâllen schwierig geworden, das Eigentum Eckharts ûberall reinlich und mit Sicherheit aus der Masse auszuscheiden.

Wie vorsichtig man hier ûberhaupt mit dem Urteile sein muss, lehrt Pregers Urteil ûber Johannes Franko i. Die unten Seite 42, Nr. 43 mitgeteilte Predigt uber « Fiat » war Preger aus einer Kloster- neuburger und einer Oxforder Handschrift bekannt geworden, und nach letzterer hat er sie a. a. 0. Seite 467 f abdrucken lassen. Jetzt kann sich jeder davon uberzeugen, dass man dort nur ein ganz armseliges Fragment aus dem ersten Telle der Predigt vor sich hat (Preger suchte das Gegenteil darzuthun), und dass Pregers

' Geschichte der deutschen Mystik II lyS.

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Urteil ûber Franko vôllig in der Luft hângt. Es ist ûberhaupt unmôglich, auf Grund so kûmmerlicher Fragmente einen philo- sophischen Prediger zu charakterisieren.

Was nun schliessiich die Bezifferung der einzelnen Stûcke anlangt, so habe ich dabei lediglich einen praktischen Zweck verfolgt : sie hat innern Wert nur fur die mehr oder weniger voUstândigen Predigten ; was an einzelnen Sprûchen usw. zwischen solchen stand, habe ich unter einer Nummer vereint, ohne damit andeuten zu wollen, dass ich es fur Reste einer und derselben Predigt oder auch nur fiir Eigentum desselben Verfassers halte.

Die Predigt Nr. 4 des Anhanges 1 habe ich, da in dieser Hs. der Text sehr schlecht ist, nach einer anderen gegeben. Auch Sievers hat sie nach der Oxforder Hs. mitgeteilt, und so dùrfte von ihr jetzt am ersten ein leidlicher Text herzustellen sein, und sie sich daher vor allen andern zur Aufnahme in die Lese- biicher eignen.

Die drei ersten der im Anhang mitgeteilten Predigten ent- stammen einer Handschrift, die mit sehr vielen anderen c. 1400 Friedrich von Amberg 1 dem hiesigen Minoritenkloster zugebracht hat. (Msc. Nr. 95.) Er hat mehrere alte Stucke zu einem Bande vereinigen lassen, die 211 Blâtter (teils Pergament, teils Papier) neu beziffert und einen Gesamtindex vorausgeschickt. Der erste Teil besteht ausschliesslich aus Predigten bezw. Predigtentwûrfen, wâhrend sich im zweiten auch manche z. T. historische intéressante Traktate und Nachrichten finden.

' Ursprunglich Minorit in Regensburg, erscheint er 1384 als Provinzial und Professer der Théologie in Freiburg im Breisgau ; i SgS ist er Provinzial zu Freiburg im Uechtlande, wo er nach der Ordenschronik io3 Jahre ait 1432 gestorben ist. Er war ein Anhanger Clemens' VII. und soll von diesem zum General des Minoritenordens ernannt sein. Vgl. auch meine Abhandlung uber sein Exemplar des Vokabulars von Fritsche Closener in der Zeitschrift fur die Geschichte des Oberrheins iSgS, Heft 3.

Die Predigten sind «von mancherlei hergekommen », wie es der Katalog des Katharinenklosters ausdrucken wiirde ; Fried- rich von Amberg war eben ein Sammler im eigentlichen Sinne des Wortes und hat auf seinen vveiten Wegen eingeiieimst, was fur iiin erreichbar war. Nur drei deutlich erkennbare Gruppen der Predigten haben fur uns hier Interesse.

Die kleinste an Umfang wird durch Nr. i vertreten. Sie ist rein deutsch ; der Verfasser ist von der mystischen Bewegung nicht, oder doch nur wenig beeinllusst. Er trâgt seine Gedanken in einfacher, volkstumlicher, mit sprichvvortlichen Redensarten geschmûckter Sprache nicht ohne Geschick vor. Dass er nicht bloss einer alten sondern auch veralteten Richtung angehôrte, beweist der Umstand, dass seine Predigten kreuz und quer durch- strichen sind. Wenn Friedrich von Amberg das gethan hat und das ist doch wohl das VVahrscheinlichste so muss das Wunder nehmen ; ist er es doch gewesen, der die, hôchst wahrscheinlich authentische, Predigtsammlung des volkstumUchsten aller deut- schen Prediger auf die Nachwelt gebracht hat ^ !

Wenn Nr. 2 mit den iibrigen Predigten dieser Art nicht von Suso herrûhrt da wir zu wenig Predigten von ihm haben, ist ein sicherer Entscheid unmôglich dann hat es ausser ihm noch andere Minnesinger in Prosa gegeben.

Die lateinisch-deutschen Mischpredigten, von denen ich in Nr. 3 eine Probe biete, sind schon desshalb intéressant, weil sie zeigen, wie gelâufig der Gebrauch der deutschen Sprache in der Behandlung doch wesentlich philosophischer Fragen schon da- mais war. Man dachte auch bei diesen Materien bereits vôllig deutsch, sonst wâre es nicht môglich gewesen, dass der Verfasser bei seinen Entwurfen aus der offiziellen Schulsprache immer wieder in seine Muttersprache gefallen. Bei praktisch-volkstûm- lichen Predigten ist dies ja nichts Ungewôhnliches, allein auf

' Vgl. meine Mitteilungen uber dièse Handschrift im Histor. Jahrbuche 1891, Seite 359 ff, \vo ihr Aller indes zu niedrig angegeben ist. Nach P. Denifle, der sie seitdem untersucht hat, gehôrt sie noch dem i3. Jahrhundert an.

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spek.ulativ-m3'stischem Gebiete ist mir dafur bislang kein Fall bekannt geworden i.

Allein noch in anderer Hinsicht ist dièse Predigtgruppe intéressant : wie mich nâmlich mein Herr Collège, P. Michel, versichert, huldigt ihr Verfasser nicht thomistisch-mystischen, sondern durchaus pantheistischen Ansichten. Es wâre das um so bedeutsamer, als es sich hier um lateinische Formulierung deutsch vorgetragener Gedanken handelt, und deshalb jeder Zweifel darùber ausgeschlossen ist, ob es sich nicht etwa doch nur um eine nicht genaue oder ungeschickte Wiedergabe der lateinischen Termini handele.

In dem hier abgedruckten, wie auch in den andern Entwûrfen ist der ursprûngliche Text bisweilen abgeândert, aber augen- scheinlich nicht in der Tendenz, um den orthodox-bedenklichen Charak.ter mancher Ausspriiche zu beseitigen. Wo das ursprûng- liche Wort nicht mehr erkennbar war, habe ich das ûberschriebene, sowie die Zusâtze durch Klammern kenntlich gemacht.

Da dièse ganze Arbeit nur eine Ergânzung frûherer Verôffent- lichungen bildet, schien mir hier die Stelle nicht unpassend zu sein, um auf die Handschrift hinzuweisen.

Dass die Nûrnberger Eckharthandschrift bis jetzt unbekannt bleiben konnte, erklârt sich daraus, dass die Benutzer der Stadt- bibliothek sich auf den Katalog verliessen, nach welchem in der- selben Episteln und Evangelien des XIV. Jahrhunderts enthalten sein sollen. Dièse falsche Angabe, welche die andern Benutzer der Bibliothek an der Handschrift vorbeifuhren musste, fiihrte mich zu ihr hin, und wenn ich auch etwas anderes fand, als ich suchte,

' Vgl. z. B. Schônbach, Ueber eine Grazer Handschrift iateinisch-deutscher Predigten. Graz 1890.

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erlebte ich doch keine unangenehme Ueberraschung. Damais sah ich indes in jener Angabe des Kataloges nur einen vereinzelten Irrtum und hielt im Uebrigen denselben fiir ziemlich zuverlâssig und den Inhalt der Bibliothek. im Ganzen um so cher fur wohibekannt, als sie von allen, die sich mit der Mystik befassten, Preger, Denifle, Wagner Lisw. benutzt worden war. Erst in den vorigen Herbstferien, als der Druck dieser Texte schon fast vollendet war, uberzeugte ich mich bei einem nochmaligen Besuche der Bibliothek davon, dass der ganze Katalog durchaus unbrauchbar und vielfach irrefiihrend ist. Der Grund liegtdarin, dass der Verfasser sich bei den Handschriften des ehemaligen Katharinenklosters zu sehr auf die im i5. Jahr- hundert eingeklebten Inhaltsverzeichnisse verlassen hat, sodass wir im Wesentlichen einen Katalog jener Zeit vor uns haben. Dass unter diesen Umstânden eine systematische Durchlbrschung der fur die mystische Bewegung so uberaus wichtigen Bibliothek eine unerlassliche Vorbedingung fur einen Geschichtsschreiber der deutschen Mystik war, davon wird sich jeder, wenn er es nicht von vornherein zugiebt, durch meine weiter unten gebotenen Mitteilungen uberzeugen mussen.

Ich bemerke dies indes weniger um hiermit Preger einen Vorwurf zu machen, sondern lediglich um die Thatsache festzu- stellen und andere vor einem Irrtum zu bewahren, in dem ich leider selbst zu lange befangen war, indem ich den Inhalt der Bibliothek fur bekannter hielt, als er ist. Hâtte ich die Wahrheit fruher eingesehen, so wûrde auch dièse Arbeit eine etwas andere Gestalt gewonnen haben.

Das geistig-geistliche Leben einzelner Nonnen in den Domi- nikanerinnenklôstern des 14. und i5. Jahrhunderts ist uns hinreichend bekannt. Manches freilich liesse sich noch wohl nachtragen, auch aus den Nurnberger Handschriften, aber fur die

Litteratur-, wie fur die Kulturgeschichte wird sich etwas Bedeut- sames kaum noch gewinnen lassen. Jemehr das mystisch-exsta- tische Leben sich verbreitete, desto mehr nahm es an Tiefe, Originalitât und Interesse ab. Die Erzâhlungen darûber werden flacher, allgemeiner, eintôniger und schablonenhafter, wenn es auch da und dort nicht ganz an einzelnen poetischen Zûgen fehlt. In dem Leben der Nonnen von Weiler wird von Elisabeth von Esslingen genau dasselbe erzâhlt, was aus Toss uber Beli von Sar berichtet wird. Nicht die Gleichartigkeit des Zustandes der beiden, sondern der Umstand, dass zwei verschiedene Aerzte zu der gleichen merkwiirdigen Diagnose kommen, zeigt deutlich genug, dass bei diesen Erzâhlungen auch die Sage ihre gestaltende Hand mit im Spiele hatte.

Interessanter indes aïs die Bekanntmachung noch weiterer Belege der litterarischcn Produktion in den Frauenklostern jener Zeit dûrfte es sein, ûber Umfang und Art ihrer Bildung an einem Beispiele etwas Genaucres zu erfahren. Und da bietet uns das Katharinenkloster in Nûrnberg, das sich der mystischen Bewegung gegenûber ausschliessiich rezeptiv verhielt, mit seinem nicht blos durch die Reichhaltigkeit interessanten Kataloge eine vorzûgliche Gelegenheit. Bevor wir aber auf dièses Denkmal niiher eingehen, sollen zur Orientierung einige Bemerkungen ûber dièses Kloster vorausgeschickt werden.

Das im Jahre 1295 konfirmierte Kloster war der gegen Aus- gang des 14. Jahrhunderts in Angriff genommenen Reform nicht gûnstig gesinnt, dagegen wurde dièse vom dortigen Dominikaner- kloster wie auch vom Stadtmagistrat crnsthaft gewûnscht. Es licgen gar keine Anzeichen dafûr vor, dass die Nonnen sittlich verkbmmen waren, und wenn Joh. Nider an die Nonnen von Schônensteinbach schreibt, sie hiitten bisher ein Leben gefiihrt, «in dem ihr ungern sterben wolltet», so muss man bedenken, dass die Schonensteinbacherinnen die strenge Regel, fur die Nider schwârmte, bereits 1897 angenommen, also vom Ordensleben ganz andere Begriffe hatten. Wenn das geistige Leben in Nûrnberg

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nicht ein so reges war wie in manchen andern auch nicht refor- mierten Klôstern, und die Einfûhrung der Reform hier besonders nôtig sein mochte, so erklârt sich das leicht aus der Lage des Klosters. Die Nonnen waren durchweg Bûrgerkinder und blieben somit auch nach dem Eintritt ins Kioster, da dièses keine Klausur kannte, wenigstens mit einem Fusse im Leben der Reichsstadt stehen. Nicht nur wurden die Famihenbeziehungen beibehalten, sondern aile Zwiste der einzelnen Geschlechter in der Stadt konnten natûrlich auch auf das Leben innerhalb der Klostermauern nicht ohne Einfluss bleiben ; und so ist es denn schon deshalb wohl verstândlich, dass die Dominikaner die Reform hier mit viel mehr Eifer betrieben als in den einsam gelegenen Klôstern, etwa in Engelthal und anderswo, und dass sie sich 1408 ganz von dem- selben zurûckzogen ', als sie ihren Plan nicht zur Ausfûhrung bringen konnten.

Sein Misslingen hatte fur die Stadt auch einen materiellen Nachteil ; denn reiche Bûrgertôchter , die den Beruf zu einem strengeren Leben in sich fiihlten, gingen, wahrscheinlich auf Rat der Dominikaner und anderer Geistlichen, in auswârtige Klôster, besonders nach Schônensteinbach im Elsass, mit dem die Nurnberger Dominikaner in regen Beziehungen standen. Auf dièse Weise wurde «gros gut» aus der Stadt gefuhrt, und dass dieser Misstand es vor allem war, der den Magistrat allmâh- lich fur die Reformation von St. Katharinen geneigt rnachte, spricht Endres Tucher in seinem Mémorial zum Jahre 1428 mit aller nur wûnschenswerten Deutlichkeit aus -. So erfolgte sie denn doch endlich im Jahre 1428 durch den Generalmagister Bartho- lomâus Texerius und den Provinzial des deutschen Ordens

' Schieler, Magister Johannes Nider aus dem Orden der Predigerbrûder. Mainz i885, S. iSy A. 2.

' Item man hat die frawen vermaurei zu sanl K.atharina, und es kommen fremd nonen her und mussien den orden halten als die municii zu den predigern: wan das macht, das gar reich jungCraw und witihen gros gui in ander klosier fureten aus der siat, do einikait was in andern klosiern. Chroniken der deutschen Stàdte II 18.

XIX

Nikolaus Notel unter Beistand des Nûrnberger Priors Johannes Nider.

Letzterer hat sie in dem 9 Jahre spater geschriebenen dritten Bûche seines Formicarius (Kap. 3) ausfûhrlich geschildert, aber seine Darstellung, die auch sein Biograph Schieler wiedergiebt, stimmt nicht recht zu den ûbrigen, diesem nicht bekannt gewe- senen, Quellen. Die Chronik erzâhlt nâmlich, dass die Reform vom 16-28. Oktober vor sich ging ^ und ein anderer Bericht giebt an, dass von den 35 Schwestern 8 die Reformation ablehnten und in die Klôster Engelthal (5) und Frauenaurach (3) ubersiedelten, wâhrend Nider den Vorgang in den Advent verlegt und sâmtliche Schwestern nach lângerem Weigern die Reform annehmen lâsst ^. Der Widerspruch- ist aber vielleicht nur ein scheinbarer und so aufzulôsen, dass Nider von den 27 gebliebenen Schwestern spricht, die anfangUch einverstanden, aber bei der wirklichen Durch- fuhrung der strengen Regel Widerstand erhoben und auch MitgHeder des Rates auf ihre Seite zu bringen verstanden ^.

Ohne Verpflanzung von Nonnen aus bereits reformierten Klôstern nach Nûrnberg schien indes trotzdem der Bestand der Reform keine gute Aussicht zu haben ; man sicherte ihn durch Herûbernahme von 10 Nonnen aus Schônensteinbach. Dass man, soweit es anging, Nurnbergerinnen dabei berûcksichtigte und in Gertrud Gewichtmacherin einer solchen das Priorat ùbertrug, war

' Item anno dom. 1400 und 28 jar zwischen Galli und Symonis et Jude (16-28 Oci.)v da verkertcn dy predigcr sant Kathreinkloster den nunen ir rcgelen und vcrinauertcn sy in ire iieht und winden uberall, und lurrcn nimer llaisch essen.

hem in derselben Jarzal an sant Lucia, Otilia und sant Jobstag da tet man zchcn nunen hinein, dy kamen von Rolmarberg { Schônensteinbach) herauf und di sullen den orden regiren und das kloster, und waren ctlich purgerskint hie. Chron. d. deutschen Stadte I SyS.

^ Unter dem Titel « Die Reformation des Katharinenklosters zu Nûrnberg im Jahre 1428 » hetausgegeben von Theod. v. Kern im 3i. Jahresberichi des hisio- rischen Vereins in Mittelfranken (Ansbach i863).

' Die im Formicarius V, erzâhlte Begebenheil, Liber die man denken kann, wie man will, hat nach Niders Angabe auf den Umschwung der Gesinnung auch bctrâchilichen Eintluss ausgeubt.

XX

in den Verhâltnissen genugsam begrûndet. Unter den Kindern der Stadt waren ausser ihr noch die 1419 eingetretenc «Gretlin Vornan » (f 1477 in Nûrnberg) und die 1422 eingetretenc, 1472 als Priorin in Freiburg gestorbene « Greta Karthuserin » ; die Namen dieser drei werden uns auf den foigenden Blattern mehrfach wieder begegnen. Die neue Priorin, welche 1418 in Schônenstein- bach eingetreten war, blieb 40 Jahre und 2 Monate im Amte (f 1469), sodass es also an Stabilitat in der Leitung nicht gefehlt hat. Der Geist, welcher unter ihrer Leitung im Katharinenkloster herrschte, war freiiich ein anderer als der fruhere. Nicht weniger als 104 Schwestern konnte sie aufnehmen, und war damit in den Stand gesetzt, bei der Reformierung einer Reihe von Klostern, die durch Aegidius Schwertman stattfand, in gleicher Weise mitzuwirken, wie es von Schônensteinbach aus in Nûrnberg geschehen war.

Allein nicht bloss hinsichtlich des klôsterlichen Lebens hatte sich eine Wendung vollzogen, das gesamte geistige Streben erhielt frische Fôrderung.

Denifle mag Recht haben, wenn er die Uebernahme der Seelsorge in den-Frauenklôstern als dem Dominikanerorden hôchst nachteilig betrachtet, indem dadurch so viele der tuchtigsten Krâfte ihrem eigentlichen Berufe entzogen wurden ; aber spurlos verloren hat sich der Geist der gelehrten Nonnenseelsorger doch keineswegs. Nicht bloseinzelneDominikanerinnenjenerZeiterregen unsere Hochachtung, sondern die mystischen Predigten setzen fur die Convente im Allgemeinen eine Hôhe der Geistesbildung voraus, die fur uns nur schwer klar vorstellbar ist. Fur die Aufnahme in jene Klôster genûgte keineswegs bloss ein frommer Sinn und Anstelligkeit zu irgendwelcher praktischen Thatigkeit : man verlangte auch ein bestimmtes und, wie es scheint, gar nicht so geringes Mass von Intelligenz und Bildung. Dafur nur ein Beispiel : Im Jahre 1429 hatte man in Schônensteinbach eine beguterte Nurn- bergerin, MargarethaRigleriri, aufgenommen; man warmitihrwohl zufrieden und hoffte ihren einzigen Fehler, « das sie die lernunge

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hart ankumet », besiegen zu kônnen. Aber nach zwei Jahren sah man sich doch getliuscht und entliess sie « propter defectum dis- cendi. » Ans den bei Gelegenheit ihres Austrittes vom Convente mit Joh. Nider und andcren gewechselten Briefen ersieht man, dass dcr vorgegebene Grund in der That der \viri<.Iiclie und alleinige war '. Eine derartige Hochschiitzung niciit blos des geist- iichen Wollcns sondern auch des geistigen Konnens hat sich gewiss nur unter dem Einfluss der tûchtigen mannlichen Berater ent- wickeln kônnen.

Der Geist von Schônensteinbach beherrschte von der Re- formation ab das Katharinenkloster. Aliein in einem Punkte liisst sich doch ein Unterschied wahrnehmen : wâhrend der elsâs- sische Convent noch mit abwesenden Geistlichen Briefe wechseh '^, nimmt man in Nurnberg davon nichts, oder nur wenig wahr; was man an geistiger und geistlicher Aufmunterung bedurfte, fand man eben an Ort und Stelle selbst. Dagegen suchte man ailes, was von geistlicher deutscher Litteratur hierhcr oder dorther zu eriangen war, abzuschreiben und dem eigenen Bûcherschatze einzuverleiben. Manches Stuck brachten allerdings auch die eintretenden Frauen mit ins Kloster, manches wurde von frommen Seelen gestiftet, aber wie viel ist nicht auch wieder an Abschriften aus der Schreibstube des Klosters in die Weit hinausgegangen ! In den ersten dreissig Jahren nach der Reform was vorher vorhanden war, ist im Bùcherverzeichnisse ausdrucklich angegeben wuchs die Masse der Bûcher und Bûchlein derart an, dass man

' Der Grund zu dem Briefwechsel, den uns Joh. .Meier aufbewahrt hat, bestand darin, dass der Convent das bereits eingebrachte Vermôgen an Geld, Gewand und Bûchern fur Kost und Unterritht zurijckbehalten wollte, gewiss nicht ganz ohne Rechl ; aber sâmtliche beratcnen Manner entschieden fur vollstandige Ruck- erstattung, billigten Indes durchaus den Grund der Entlassung.

' So unter andern mit dem Dominikaner Johannes von .Mulberg in Base!, den Nider in Formicarius II, i den bedeutendsten deutschen Prediger seincr Zcif nennt, der aber sonst nicht bekannt ist. Ein Bericht seines Begleiters ûber seinen Tod und die Ueberfûhrung seiner Leiche nach Maulbronn, vvo sie in besonders ehrenvoller Weise in der Abteikirche beigesetzt wurde, steht unter anderen Briefen in Cent. VII 20 Fol. 169 ff; Predigten von ihm werden unten E Nr. 54 auf- gefijhrt.

xxn

sich offenbar nicht mehr durchzufinden wusste. Man suchte diesem Uebelstande in den funfziger oder sechziger Jahren, jedenfalls nach 1456 und vor dem Tode der Priori n Gertrud 1 1469) dadurch abzuhelfen, dass man eine Anzahl kleiner Stucke gleichen Formates und meiir oder minder gleichartigen Inhaltes zu je einem grôsseren Bande vereinigte und dann ein Verzeichnis des gesamten Schatzes mit ausfuhrlicher Angabe des Inhalts der einzelnen Nummern abfasste, zugleich in dièse selbst kurzere Inhaltsverzeichnisse hineinkiebte. Man batte dabei vor allem die Regelungder Tisciilektûre im Auge und wollte der Vorleserin das leichte Auffinden eines passenden Textes ermôglichen. Die Hs. befindet sich jetzt Cent. VII 79 und enthâlt 168 Papierblâtter von 21 X 14 Va '^"1- Grosse. Sie ist in blosses Schweinsleder gebunden, auf das eine spâtere Hand geschrieben bat : « Ein alter notel, was man des jahrs gelessen hat. » Fol. 2^ steht die Gebrauchsanweisung (siehe unten S. 114); Fol. 3 ■'^ 87 folgt der Kalender mit Angabe der Lektûre fur die einzelnen Tage. Damit der Léser sich eine Vorstellung von der Einrichtung machen kann, sei hier eine Probe mitgeteilt.

An dem Cristobent frii zfi tisch.

E XVII. puch : III mesz und die prophecie und

epistel und ewangelio .... am VI. plat.

A XIII. puch : Cantica canticorum .... am IV. plat.

F II. puch : das Racionale divinorum ... am L. plat.

E XVI. puch : von den lezen und von den

dreven meszen an dem cristag am CXVIII. plat.

Aller sel tag.

J XX. puch : die legent von allen selen . . am XLVI. plat.

E XXXVII. puch : ein predig von allen selen . . am CVI. plat.

J XVI. puch : von dem fegfeur am I. plat.

J XVI. puch : von Dugdalus fegfeur.

N IV. puch : von den IX velsen .... am I. plat.

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XXnt

Fol. 86 beginnt dann der Katalog selbst und reicht bis Fol. iSg. Fol. 159-167* sind leer, Fol. 167'' findet sich von der jûngsten Hand eine Notiz ûber die verschenkten Bûcher. (S. unten Seile 160.)

Der ursprungliche Katalog ist von einer und derselben Hand geschrieben, ebenso die (hier eingek.lammerten) Nachtrâge. Beide sind in der Wiedergabe der Laute etwas nachlâssig, was besonders bei den Namen unangenehm berûhrt. Die Nachtrâge, welche i5-20 Jahre spâter eingetragen sein môgen, rûhren von einer bejahrten Person her, deren Hand unsicher und zitternd war, so dass man in einigen Fâllen die Schrift kaum lesen kann.

Als eigentlichen und vollstândigen Bibliothekkatalog giebt sich das Schriftstûck nicht aus, sondern nur als Verzeichnis derjenigen Bûcher, die sich zur Tischlektûre eigneten. Deshalb finden sich auch nur versprengte kleinere lateinische Stûcke, wâhrend es an grôsseren Buchern in dieser Sprache dem Kloster gewiss nicht so ganz gefehlt hat. Ja bei dem Zwecke dièses Verzeichnisses ist es nicht einmal ausgeschlossen, dass man auch in deutscher Sprache noch andere Schriften besass ^

Doch wie dem auch immer sein mag : die c. 370 Nummern bilden doch einen fur jene Zeit hochst ansehnlichen Bestand an deutschen Bùchern, auch wenn man in Betracht zieht, dass eine ziemliche Anzahi Duplikate sich darunter befindet. Dass der Inhalt durchw^eg nur religiôser Natur ist, kann nicht ûberraschen ; nur einige. Nummern wie der Renner des Hugo von Trimberg [0, XLV| und zwei anscheinend polemische Schriften gegen die Juden [0, XXX] und gegen die Waldenser |0, VJ machen einigermassen eine Aus- nahme. Aber was auf diesem Gebiete, abgesehen von Nieder-

' .Dass man auch nach P>findung der Druckkunst in St. Katharinen noch cifrig weiter schrieb, beweist ein noch jetzt im Verzeichnis liegender Zettel. der mit den Worten beginnt : « Item es hat ein geistlich man, gênant pruder Hansz, XI puchlein herein gelihen am nehsten montag vor des heiligen evangeUsten und zwelfpotentag sant Matheus anno LXXIIll ». Auf dem Zettel war schon Triiher etwas geschrieben gewesen, wovon die Worte (Johan)nes lleroll noch vollig lesbar sind. Das legt die Vermutung nahe, dieser sei der « Bruder Hans». Aber wieerklart es sich dann, dass im Sermo 85 des Discipulus von Herolti4i6 als das laufende Jahr angegeben wird ? Ist die Stella wôrtlich anderswoher entlehnt ?

XXIV

deutschland, wâhrend des 14. und i5. Jahrhunderts entstanden isl, das haben die Nonnen im Wesentlichen zusammen zu bringen vermocht. So besass man an biblischén Schriften :

Eine vollstândige Bibel [A 1-6], eine Bibel mit Ausnahme der Propheten S 5 Evangelienharmonien (D 5, 8, 10, i5, 16), i Hohelied (A i3), 8 Psalter (C i-5, 7-10), 2 Apostelgeschichten jA i5, D 5;, 2 Apokalypsen (A i5, 16), 3 Historienbibeln (A 11, 12, 17), 11 Peri- kopenbûcher (Propheten, Episteln, Evangeiien, Passion) (D 1-4, G-9, II (mit dem Nikodemusevangelium) 12-14.

Man sieht, dass der biblische Lesestoff sehr umfangreich ist und die Uebersetzer fiir die Abnahme ihrer Ware keineswegs auf die Waldenser zu warten brauchten !

Ausser den Ileiligenleben ist dann besonders die mystische Litteratur des 14. Jahrhunderts stark vertreten ; man besass wenigstens die Hauptsachen von Eckhart-, Tauler, Suso, das Buch

' Dièse zvveite Bibel ist nur eine Abschrlft der ersteren : weshalb grade die Propheten fortgeblieben sind, vermag ich nicht einzusehen ; vieiieicht inleressierie dieser Teil die Frauen am w enigsten, vieiieicht ist es auch nur Zufall, denn die Reihenfolgc, in welchcr das Einzelne abgeschrieben ist, erschcint ctwas sonderbar. l'^s sind nàmlich noch 3 Bande des jungeren, von Kunigund Niklasin geschriebenen tîxemplares vorhanden : Cent. III 40 « daz ander puch », 41 « daz dritte puch», 43 das Neue Testament enihaltend. Aile drei tragen die Initialen K.. N.. Nr. 40 ist Allerseelen 1445, Nr. 41 am Abend vor Frohnieichnam 1437, Nr. 43 am Dienstag vor St. Michael 1443 beendet, Cent. III 42 gehôrt dem âlteren Bibelexemplar an und ist identisch mit A, V. (Siehe Seite ii5.) Hiernach sind die Angaben von Walther, Die deutsche Bibelubersetzung des Mitteialters S. 3io f, \\o auch nur von 3 Banden die Rede ist, zu berichtigen.

* Eine Eckhartsche Predigt ist ausdriicklich als Tischlekture empfohien (sichc unten Seite 107, Anm. 2). Um die Mitte des i5. Jahrhunderts schrieb man nicht blos Tauler und Suso, sondern auch Eckhart noch neu ab. So enthalt der Codex Cent. VI 46'', dessen Inhalt zum Teil von Denille auf einem eingeklebien Blatte identifiziert ist, ausser Stucken von Hane dem karmeliter, dem von der Sterngassen usw. auch eine Reihe von Eckhart. Aber der Schreiberin ist es doch schon nicht mehr recht wohi dabei gewesen, denn eingangs nennt sie das Buch « swer und unbekant » manchen Menschen. «. Darumb sol man es nit gemeyn machen, des pitt ich durch got, wann es ward auch mir vcrbotten. Wer yemantz. der es straft'en wollte, der soll es werlich schuld gcben seincr plintheit. Wer aber icht hie inné, das man strafFen môcht in der wahrheit, so sol man da wissen, das es da nicht schuld ist meins unglaubens, sunder es ist schuld meiner unbekantnusz ; darum pild man es zu dem pesten».

XXV

von den Neun Felsen usw. Am meisten vertreten war die allerdings auch ganz in der Nâhe von Nûrnberg entstandene Schrift des Mônchs von Heilsbronn von den sechs Namen des Fronleichnams.

Dieser alte Bestand wurde dann aber fortwâhrend durch die Produkte derGegenwart ergânzt, wobei man naturlich die Predigten und Schriften jener Mânner bevorzugte, die den Nonnen in Nûrnberg oder Schônensteinbach persônlich nahe standen oder gestanden hatten, Nider i, Herolt, Mûiberg usw.

Wenn man die Geistesprodukte der letzteren mit denen ihrer eigenen Ordensgenossen des 14. Jahrhunderts vergieicht, so begreift man kaum, wie eine und dieselbe Ordensgeneration beide gieich vortrefflich und erbaulich finden konnle. Nider z. B. war gewiss ein in seinen Kreisen hervorragender Mann, und an kultur- geschichtlichem Werte ûbertreffen seine Scliriften vielleicht die gesamte mystische Litteratur des 14. Jahrhunderts, aber was den Ideaiismus anlangt, wird er auch von jedem minder bedeutenden Mystiker des vorhergehenden Jahrhunderts ûbertroffen : der Geist ist dahin, der Drang in die Hôhen ist verschwunden, man hâlt sich am Boden und begnugt sich bei der Seelenleitung mit dem praktisch Erreichbaren. Daher wird die Litteratur nûchterner, aber fur den Durchschnittschristen verstândlicher und brauchbarer ; sie erhâlt einen stark katechetischen Charakter : die Unter- weisungen uber Pflichten und Sunden des Menschen, ûber die Einrichtungen und Gebrâuche der Kirche, Lebensregeln usw. tauchen in frûher ungeahnter Zabi auf und dringen in die weitesten Kreise der Burger. Bei der AusfuhrHchkeit unseres Kataloges kann man sich schon mit seiner Hulfe allein einigermassen ein Bild von dem Charakter dieser Lehr-, Gebet- und Erbauungs- litteratur des i5. Jahrhunderts machen.

Der Hauptsache nach haben die Schwestern die Bûcher selbst

' Aus I Nr. 8 (S. i33) geht hervor, dass die Vierundzwanzig goidnen Harfen Niders aus Predigten erwachsen sind. Da man in NiJrnberg dariiber gui unter- richtet sein konnte und die Strassburger Ausgabe von 1493 dieselbe Angabe entliâlt, wird ihre Richtigkeit kaum zu bezweifeln sein.

XXVI

geschrieben ; ausser den Drucken ist nur das eine oder andere Stûck fur Geld gekauft. Mehr schon wurde ins Kloster geschenkt, und ziemlich viel haben die einzelnen Nonnen mit hinein gebracht; gehôrte doch schon von Alters her der « Psaiter » zur Frauenhabe. Bei einzelnen Nonnen war die Zahl der zu ihrer Ausstattung gehôrigen Bûcher sehr bedeutend fur jene Zeit. So brachte Katharina Tucher gegen 3o Stûck mit ins Kloster, darunter eine Historienbibel und ein Lektionar. Es scheint nicht es ist gar kein System in der AusMahl dass dieselben erst ad hoc fur sie geschrieben, sondern ihr aus der Familienbibliothek abgetreten wurden, denn dass reiche Familien wie die der Tucher auch damais schon eine betrâchtliche Anzahl Bûcher geistlichen und weltlichen Inhaltes besassen, kann nicht bezweifelt werden. Andere Werke wurden von Bûrgern und Bûrgerinnen, anscheinend wenn dièse sie selbst ihres Alters vs^egen wohl nicht mehr benutzcn konnten, geschenkt, wie z. B. ein N'eues Testament vom «alten Steffan Tetzel ». (A 5.i i

Wirft so das Bûcherverzeichnis in willkommener Weise Licht auf das religiôse Leben im i5. Jahrhundert, so ist es auch an sich nicht ohne erhebliches Interesse, fur die Geschichte des Bibliothek- wesens. Die Umsicht in der Anlage und Sorgfalt in der Ausfùhrung mûssen fur jene Zeit ûberraschen. Zuerst teilte man den ganzen Bûcherschatz in i3 bezw. 14 mit den Buchstaben des Alphabets bezeichnete Gruppen. Das Prinzip, welches dabei massgebend gewesen, ist freilich kein rein sachliches, sondern ein gemischtes, ein sachlich-formelles : im Allgemeinen ist zwar der Charakter des Inhaltes massgebend gewesen, aber anscheinend hat man daneben besonders auf das Format Rûcksicht genommen. Da die Aufstel- lung der Bûcher zweifellos der Anordnung des Kataloges entsprach,

' Im i5. Jahrhundert waren Neue Testamente in den Hànden gebildeter Burger gar keine Seltenheit; gevvôhnlicher war indes ein « Evangelienbuch ». « Ein geschreven duitsch evangeliumboich » fand sich auch im Nachlass des i3i9 verst. K.olner Burgers Thonis Bertholt. Annalen des histor. Vereins fur den Niederrhein 1844, Seite 120.

XXVII

konnte man auf dièse VVeise natûrlich mit eineni geringeren Raum ausicommen. Bei der Herstellung von Sammelbânden war ohnedies weitgehende Rûcksichtnahme auf das Format geboten, und deshalb allein schon war es nicht môgiich, die Gruppierung lediglich nach dem Inhalte vorzunehmen.

Im Aligemeinen aber ist dieser massgebend gewesen. A enthâlt Biblica, B kateciietische Schriften, G Psalter, D Perikopen, z. T. mit den Auslegungen, E Predigten und religiôse Traktate, F Liturgik, G und H Regeln usw. der Dominikanerinnenklôster, J Heiligen- leben, Schriften und Predigten beriihmter Dominikaner, K Recht und Medizin, L Gebet- und Erbauungsbucher, M und N ebenso ; die Nachtrâge zu N, ebenso O enthalten Vermischtes.

Wie gesagt, ganz streng ist das Prinzip nicht durchgefûhrt und es Hess sich, bei den Sammelbânden wenigstens, auch gar nicht durchfûhren, aber im Aligemeinen ist es wohl zu erkennen.

Besonders intéressant ist das Verzeichnis dadurch, dass iiberall, wo es môgiich war, die Herkunft der Handschriften oder der Vorlagen, die Schenker und die Schreiberinnen und bei den Drucken auch die Preise angegeben sind. So dûrfte denn das Verzeichnis durch Umsicht in der Anlage und Sorgfalt in der Ausfûhrung unter den mittelalterlichen Katalogen ziemlich einzig- artig dastehen.

Eine gute Anzahl der Handschriften enthâlt jetzt noch die Nûrnberger Stadtbibliothek, aber manches ist auch verloren gegangen. (S. oben Seite i3 Anm. 2.) Dièses im einzelnen Falle an- zumerken, sowie auch den Inhalt der einzelnen Nummern durch- weg genauer zu bestimmen und wo angângig mit Litteraturnach- weisen zu versehen, wâre gewiss sehr wûnschenswert gewesen ; allein" wenn man bedenkt, dass eben nicht ailes mehr vorhanden, das noch Vorhandene mit Handschriften anderer Abkunft ver- mischt aufgestellt ist, der jetzige Katalog wenig taugt und das vorliegende Verzeichnis trotz aller Ausfùhrlichkeit doch oft wieder recht ungenau ist, so kann man leicht abmessen, dass eine solche Arbeit, soUte sie wirklich zuverlâssig sein, im Wesentlichen

XXVIII

der Ausarbeitung eines neuen Kataloges gleichkommt, wozu es mir, da sie nur an Ort und Stelle gemacht werden kann, schon an der Zeit gebrechen wùrde.

Uebrigens denke ich, dass das Verzeichnis auch so, wie es hier geboten ist, denen, die auf diesem Gebiete arbeiten, praktisch doch gute Dienste leisten kann.

Dem Herrn Stadtarchivar Mummenhoff in Nûrnberg spreche ich fur seine stete Hilfsbereitschaft und nicht eriahmende Geduid, die er mir gegenùber bewiesen, auch an dieser Stelle meinen herzlichen Dank aus.

I

Nr. 1.

Fol. I. Sanctiis Matheus hcschreibet uns in sincm cwanj^'clio : Evn nienschc het gemachet ein ahentezzcn usw. Plcifler S. i i i fl'.

Nr. 2.

Fol. 2^. Mail liset in dem heligen ewangclio. daz miser herre vil s volkcs spiset mit tunff girsten hroten usw. Pfcifter 495-502, 10.

Nr. 3. 1

Fol. 5. Man sol got suclicn mit irretumc und mit vcrgezzcnhcit und mit unsinnen. Wan di gotheit hat aller dingcraft an ir und hat kein ding nicht gelich. Davon muz di oberst clarheit dez ainvaltigen wesens aile 10 ding erlauchen. Dar auf spricht S. Dyonisius, daz die schonheit daz wol geordent si mit einer aufgezogen clarheit. Da von ist di gotheit ein zok der dreier person. Deu sel sol mit den nidersten creften sein geordent under di obersten und mit den oberstcn under got und mit den uzwen- digen sinnen under di inwendigen und mit den inwendigen sinnen 15 under di redelicheit und mit dem gedanch under di wechantnùz und mit der wechantnùz under den willen in die eynicheit, also daz di sel alleyn sey und daz nicht in si vlizze den dy bloz gotheit, di da uzgeflozzen ist in sich selben. Dar auf spricht S. Dyonisius, daz si ir creft geoffent hab mit einem blossen wesen, daz di obersten creften allein worchten. 20

Ditz, spricht eyn wiser maister : Alz di oberst craft uberhant nimt an den werchen. so gen di andern ail in si und verlizent ir werk. Da stat di sel in ir ordenung und in irm blozzen wesen, daz ist ir aufgezogen clarheit, di hat aller ding craft in im. Ditz spricht ein heidennisser meister : Bekant sich di sel selb, so wechant si aile ding. Alzo ist di 25 gotheit geflozzen in den vater und in den sun und in den heiligen geist und in der ewicheit in sich selben und in der zii in di creatur, in ein iglich alz vil, alz si sein emphahen mach : dem stein daz wesen, dem paum daz wazzen, dem vich daz enphinden, dem engel di rediicheit, dem menschcn di vier natur aile. Davon ward got mcnsch, daz er aller ding s

' Wiederholt sich Fol. 7g b f.

2

natur an sich nam in der zit von f;nadcn (5 ''), alz er si in der ewichcit het von natur. Dar uff spricht S. Pauius : Cristus ist mir aile ding. Da geschiecht ein leuchen und ein widerleuchen sin selbes natur. Gotes wesen ist eyn erstes wescn und ein vlizzendes wesen und ein vestes und 5 ein ursprincleiches wesen und ist ein volchumens wesen. Auz allen wesen so fluzzct di craft in di werk. Da von sint di drei person ein ufhalt der gotheit, und di drei person di geuzent sich in daz wescn der sel mit gnaden. VVan gotes wesen ist ein nachvolgen den person in daz wesen der sel, und ein wesen durchget daz andcr alzumal. Di oberst craft deu vluzzet

lo us dem wesen der sel, alz di drei person flizzent auz der gotheit. Und alz got sin gnad gûzzet in di sel, so gûzzet er si in daz wesen der sel. Wan in daz wesen der sel mak kain vlech gevallen, di creft tùn, swas si tùn. Di oberst craft der sel di zcut ir tugent auz dem wesen der gnaden, deu da in dem wescn der sel ist, und di oberst craft get uz der nidersten in ir

i5 wesen. Der wachsend gaist und der volgend [enphindend] geist gotes natur ist ein nachfolgcn Christi persone und menschlicher natur. Also di sel in gotlicher natur gezogen wirt, so wirt ir abgenumen allez daz si ist an gebrestcn und an unvolchomenheit, und si wird getotet in gotlicher natur, daz si in ir selben nimt gotlich natur, alz der vater in im het. Si en nimt

2o es von ir natur nicht, si nimt es von gotlicher natur in ir natur, si nimt volchomenheit und vermugencheit, alz sanctus Pauius spricht : Ich vermach aile ding in dem der mich sterkt. Dy weizzeit, di.da enspringet in der verstantnuzze, di ein weginn ist in der verstantnùz und wirt volpracht in der wegir, und si hot weder hertze noch gedank, dar uf

25 spricht S. Dyonisius : Als di sel ein auzfluz nimt und wegreift in der ewichait und in der zeit und ir selbes verstantnùz, so sol si dan wider chercn in dem eindoz, wi got wider in di sel fluzzet, und sol nicht flizen. (jot der fleuzt wider in sich sclb;n, daz er sein alz lutzel achtet, alz do si nicht en waren. Also sol di sel tun. Si sol mit der menscheit begriffen

3o di per.son dez suns, |^und mit der person dez suns] wegriffen den vater und den heiligen geist in in baiden und si peide in dem heiligen geist und mit der person dez vaters wegriffen daz einvaltig wesen und mit dem wescn wegriffen daz abgrunt und sol verseuben in daz abgrund an materic und an forme. Di materie und di forme und di verstantnuzze und

35 daz wesen daz hat si in der einichait verlorn, wan si ist zu nicht worden in ir selben. Wan got wurkt aile ir werch (6^) und helt si in seinem wesen und fùrt si in siner craft in di blozzen gotheit, da fleuzzet si mit der blozen gotheit in allez daz da got infleuzt. Und si ist aller dinge stat

I 5 enphindend geist heisst es Fol. 8o. i 9 in im tet. 3o dez suns der wegrirt'en.

- 3

und si hat sclb chcin stat. Daz ist dcr icst dcr weishait, di wcdcr hertz noch {^edank hat. Deu sel fleuzt (in) der gothait also nahen, daz manich mcnsch dar an wetrogcn ist ; wan swaz si ist, daz ist si von gnaden, und da si ist, da ist si auf eins andern craft; doch fleuzt si der gotheit also nahen, daz si di gotheit enphet in dcr craft dez vaters von gnaden, sam 5 si dcr vater von natur enphet. Dar auf spricht s. Paulus : Mit ein gepild sul wir flizen von einer clarheit in di ander. Daz ist daz man dcu gotheit am volcumlichcn cnphahcn schol und allez daz, daz auz ir geflozent ist. Dar in sol si di gotheit enphahen, alz si sich selben enphet, und ir willc und gotes wille suln ein sein : swa got sci, daz wir sein mit got. Dar zu m mag nimant chumen an disem leib, wan alz got deu letzten gab, di cr der sel gibt, daz ist der anplich der gotheit, dennc wirt di sel gestergt in dcr drivaldichait.

Daz wir dar zu chumen, dez helf uns got. Amen.

Nr. 4.

Kol. 6=". Man liset in dcm ewangelio, daz unser herre zu seinen iungern sprach : Ir wetrubet euch, daz ich enwcch gc. usw. Pfcifl'cr 238 IV.

Nr. 5.

Fol. 8 ''. Ein mcister spricht, daz di sel sol sein ein ort oder ein ek. Wiedcrholt sich in ausfuhrlichcrer Kassung Foi. 87''; dort fehlt indes =" die Unterschrift : Discn sin sprach mcister Ekkart in einer predige.

Nr. G.

Fol.f)''. Nicht das der vater icht enphach von icht. daz er selben niclit en ist. W'i ez um den einfluz des vaters sic. Pfeitl'er 521-527,0. Daran schliesst unmittelbar Pfeiffer 5o3 .,„ f. 25

Nr. 7.

Fol. i3. Ks ist ein Irag undcr den meisteren. und dai. ist die hôchstc frag.usw. Pfeid'er r)82 „;-.„;.

Nr. 8.

l'"ol. i3^. Dan iu dcr mcnsch ein mcnsch, wen daz er an im 30 getôtet hab allerley fleizlicher gcliist und gir, und daz er aile sein sinne gcntzlich gezogen hab von Iciplicher wollust. Swen daz dcr mcnsch gcnug

4 da iz si. 7 von einem clarheit.

- 4

nimt an cinem iglichcn sinn. so en ist cr nicht cin mensch. so ist er vihlich. Alz lang daz dcr mensch mcnscli ist, so en ist er nicht geist. Wen daz der [geist] wurkt in allen sinen creften und in aller siner wenuge, denn alerest ist der mensch recht geistlich. Alz daz mensch seit, da sint zwen 5 sin an zu merken, cin geistlich sin und ein lipiich sin. Ein mensch, der geistlich ist, der volget aile wcg dcm geistlichen sinn und inclaidet ein iglich creatur und ensit si niht in i ir eigen form, mer cr bringet si aile weg mit siner redlicheit in cin gotlich form. Dar von chumt, daz di leute alz lichticlich gegirich werdent an ein wort, daz si horent auf ander clein lo sach : daz chumt davon, daz si ein iglich ding enphahent an dem rohen sinn. Di leute werdent rnimmer] mer geistlich. Swenn der mensch ein rechter geistlicher mensch ist, so ist [er noch alz verre von got, alz \on niht zu iht. Niht stat verre von natur. So der m2nsch in einer einicheit sol werden mit gat, daz en mak anders niht geschehen dan mit heiz i5 der minne.

Ditz wort sprach meister Ekkart und sprach : Solten wir sprechen,

waz ein rehter mensch wer, so namen wir wcnik menschen. Daz wer ein

gerehter mensch, der mit gotlicher minne durchbrant wer, daz er gotlich

wekantnùz het. Alz lang alz du dez niht enbist, alz lang daz du chein

2n mensch bist', du bist alz ein gcmaltez mensch.

Ditz wort sprach meister Ekkart : Nimst du got in siner gùt auf sein barmherzicheit, so nimst du got in dem valle. Der got nimt in dem usbruch, do er da ist in der sel, der nimt in gar reht.

Ditz wort sprach er auch : Da der vater vil chindelbette han, da ist 25 daz si enge und di dek in nam di ist smal, anders ez muz immer ab- vallen [sic! vg1. Pfeiffer 598 j,". Allez daz daz got niht en ist, daz muz abvallen.

Ditz sprach er auch : Swa icht frcTul^z ist, da wirt got nihtgeborn. Disen sermo sprach meister Ekkart.

Nr. 9.

Fol. 14. Vidi civitatem sanctam Jherusalem.

Sand Johannes sach in dem geist ein stat, di waz heilig und heiz Jherusalem; di stat waz niwe, si chom her nider vom himel und waz gemacht von golt und waz geziret alz ein braut irm man. 35 Daz wil ich auf di sel bringen. Der sun ist ewiclichen gewesen in

dem vater, und er gebirt sinen suh an underlaz, und di geburt ist aile zeit newe. Waz bei sin:m angang ist, daz ist newe. Ein hauz, daz gestern gemacht ward, daz ist heut newo, wan ez ist nihen bei sinen angange.

5

Got scliuf'di sel in seinem einborn sun und bildet si in im und sacli si in im, \\\ si im vvchagte : do wehagt si im wol. Di sel, deu niwc sol sein, di schol sicii liallen al miltel in y,ol und sich vvider bilden in sinem einborn sun und schol wercit sein zu enphahen an underlaz den influz von got. l'nser hcrre wart gefraget, wer sand Johannes wer, ob er wer ein prophète. 5 lir ist mer den ein prophète : allez daz die proplieten ye yeprophetizirten, daz geschach in cim naiurlich lauf. S. Johannes waz alz verre gezogen uber di natur, daz aile creatur warn ze grob dar zu, daz si sine wcrch enphahen mochten.

Johannes ist alz vil gesprochen alz gnad. .Nu wart gefragt ein wôrtlein lo in unser schùl, daz di gnad wart mangerlei. .'\ntwurt ich dar zu und sprach : si enhert ni nicht auz einem trephelin, aberein lunkelin daz vellet \\o\ auz der gnad in di sel, daz hat alz vil creit in im, daz dar uuz ent- springent di creft der sel, wechantnuzze und gelaub und minne, di werden webegct. Waz istgnad ? Gnad, alz gnad an ir selber ist, so enwurht si is niht uz, mer si wurcht inn. Wer ein mensch, der diser gnad het ein trôpflin,der het mergutes und^^wer^ inreilichergefugt in daz redlich wesen an werch, alzo, geworcht er nimmer niht und slitlall weg, nochden wer er ncher got und inreilich^er got. Ich sprich : wer daz ein mensch do sich luinderlstund eines tages lizze brennen leuterlichen durch got, aile sine 20 werch chônden im nit gehelllen dar zu, daz er kond in daz ungeborn wesen gefugt werden, alz dicz mensch an werch. Waz ist gnad ? gnad wurchet ein in dem bodem der sel ; da nie geburt in gedacht ward, da wurket gnad in und wurkt alz verre in, daz di drei ein wesen sein. Got und gnad sint alzo glich, wo got furget, do treit er di gnad auf dem nikken. 25 Dicz spricht meister Ekkart.

Der prophet spricht : Frawe sich auf der der nicht gebirt diner l'rucht sic ! der ist vil, der ist wol tausend stund mer dan di t'rucht gebernd sind in der werlt, der ist an zal vil. Di sel hat ein naturlich licht in ir. In dem naturlichen licht hat got mer lustes und me genug dan 30 in allen creaturen, die er ie geschuff ; er verzirt aile sin craft in dem natur- lichen liht. Nem man ein schvvarzen kolen : alz unglich der wer vvider den^ himel, alzo sind aile creatur wider dem naturlichen licht, daz ( 14 '^j di sel in ir treit. Wan si ingetragen wird in daz liht, so gebirt si sich selben und ir selber in ir selber, und gebirt sich wider sich selber in sich. Si 35 verleust alz. gar aile di gebùrt und wirt alz gar uber sich derhaben und wirt alz gar geneiget ein in ein. Si chùmt dar zu, daz si got gebirt, alz

i5 si enwurht si. iH an weg. 28 Mit Hull'g des Propheten (Jesaias 54, ,) ist dieser Stclle nicht zu hcll'en, cher mit Galatcr 4, ,,.

sich got selbe gebirt ; und da geschiccht rchte einung trucz allen creaturen, trucz den cngeln, trucz got selbe, daz er da einik untcrscheid vinde.

Sùmlich meister die suchen selicheit an bcchantnuzzeodcr an willen :

5 ich spricli, daz selicheit wcder an wechantnuzze noch an willen en liet. Daz ist selicheit, daz sie leit aile selicheit, daz ist aile ir selbesheit. Der himel wurchet aile sine werch darum, daz er sich got gelichen wil ; niht daz er sich gelichen wol an den werchen, mer er sùcht reuwe, alzo alz daz wesen ist an werch : daz selbe sucht der himel^ daz er cheme in ein stille stan.

10 Sucht dicz der himel und ander creatur, di snoder ist, waz solten wir danne tun ? Da belibet got got, da bclibct selicheit selicheit und gnad gnad und sel sel.

Meister Ekkart sprach : got der wer ein spruch an spruch und wer ein wort an wort, und in dem werden lebendich aile creatur und

,5 waschende. Wer hat daz wort gesprochen und den spruch gesprochen ? Der himlisch vater der hat in gesprochen in sinem eingeborn sun. Mag daz wort Tund den spruch; nimant gesprcchen ? Nein, den mag niemant gesprechen dan der himlisch vater, und wirt doch gesprochen. Wenn wirt er gesprochen und wo wirt er gesprochen ? Wenn die sel chein genug

20 hat an cheiner creatur und si sich ze malin got getragen hat mit allen iren werchen und ir selbs vergezzen hat und meint got lauterlichen ; da gibtgot merdan si sclb immer gedenken mag. Alz si sich alzo leuterlichen in got getragen hat, so gibt sich ir got alzo, daz er ir werch wurket in ir an erbeit, daz si sei ein miiwurcherin mit got.

35 Und wo wirt er gesprochen ? Wen daz alleroberst teil der sel bloz

und ledich ze mal vereint wird mit got, da wirt daz wort gesprochen und der spruch, und da ist mund zu mund kumen und da ist kùz ze kùz chumen, und di sel verstet daz wort in dem wort und nieman mer; und di sel di chunde auch etwaz dar auf geworten. Hie ist di sel zu irm

3o aller obersten kumen. Daz uns dicz geschc, dez helf unz got.

Nr. lo.

Fol. 14''. Maistcr Ekkart sprach: Etlich meister di fragent, ob verstantnuzze edler sei oder minne. Etlich meister sprechent, daz di minnc edler sei dan verstantnuzze. Ich sprech, dez ensei nicht. Unser 35 beste meister di sprechent, daz verstantnuzze edler sei dan di minnc. Minne und wil di nement got mz er gut ist. Wer got nicht gut, der wille en nem sein niht ; wer got niht minneclich, di minne en nem sein niht. Daz entct di verstantnuzze iiiht. Di verstantnuzze keret sich weder an

ïïût noch an minnc noch an wcizheit noch an hcrschaft. Allez daz di sel

o

gote(s) (15") zu gelegcn mach an namen, da zeiihet si got ein haut Liber iid wcbillct got : daz entut di verstantnuzze niht. Wer gotwedergut noch weise, ez nem 'in] doch verstantnuzze, di schclt alz uf ; si cheret sich weder an weisiicit noch gùt noch an herschaft noch an gewalt. Si érigent 5 wider in daz blozze wesen und nimt got blozze, e er worde bcclcidet in den gedanchen mit weisheit und mit gùt. Da dcr sun nimet in dem vatcr sein selicheit, da nimet di verstantnuz ir selicheit. '

Nu wil ich sprechen, daz nie gelesen wart und noch nie gepredigiet] wart ! 10

Wan gestern do laz man in der schule : ein bodem ist in der sel, der ist glich der vaterschaft. Alzo alz der vater ist auzbernde den sun in dem heiligen geist, und di drei sint ain got, alzo ist diser bodem usbernde verstantnuz und willen und ist doch ein craft, alzo alz got ist ein wort. Und der bodem i-st alzo lauter, da cnmak kein schad von keiner creatur i5 in. Allez daz man gesprechen mag von der sel, daz ist ein zuhangen(sj des bodems, und in dem bodem] da sihet got di sel an, und di sel di sihet got an. Nu sprichtS. Paulus : Wann wir ansehen und sehen den glantz gotes, so schul wir werden gewandelt von clarheit in clarheit und mit dem bilde als eins. Ditz bilde wirt got also vereint, daz ez aile creatur nicht chennen 20 gescheiden noch got selb wil es niht scheiden. L^nd auwe ! daz wir daz bilde alz clein ahten, daz wir daz niht enhalten in alz grozzcr lautercheit, alz ez uns got gegeben hat! Wan allez daz wir getun mùgen, da wege- nuget got niht an, wir ensten da in blozheit aller dinge, daizl got aile zeit und an unterlaz in disem poden wurchen muge sinen einborn sun. 25 Dise geburt gechiht niht eins iars noch eines ze der stund noch eines ze dem tag, wan aile zeit uber zit, in der weil, da(z) weder hie noch nu ist. Ditz ist der bodm, do ich ab gesprochen han. Daz wir alzo leben daz, got in uns gewurchen muz, dez helf uns got.

Ich' han etwenn gesprochen, daz di sel [seij daz nachbilde gotz; nu so sprich icli, daz si sei daz bilde und auz dem selben bild, daz der vater ewiclichen gebildet hat, und auz dem selben, da Cristus auz gebildet ist.

Dicz spricht meister Ekkart : Aile creatur di haben einen widerslac in sich : ein, di versait, daz ez niht di ander si : dcroberst engel der versait, daz cr niht der niderst sei. Got der ist ein versagen dez versagens : (dazj 35 daz ein daz verseit aile anderheit. So wir einen baum nennen alz einen baum, dez en nennet niht ; wann aile di sinne di sint betrogen. So wir in nennen alz in dem ersten usbruch (i5 ^) in der lautercheit, da nenne wir

> Vgl. Pfeiffcr 270, 26 f.

8

in nilit alz einen baiitn, wir nennen in bloz gotliciier natiir. Einn ander sin, der ein wenig pczzer ist, dar uber. Di gotlicli natur di sclicidct bloz ab. Ditz spricht meister Eivicart : Der Phariseus der bat unscrn hcrren, daz er mit im ezze. Waz ist der Phariseus ? ez ist alz vil gesprochen alz 5 ein siinderunge ; daz ist ein Phariseus, daz gcscheiden ist von allcn und ist gefùget zu einn. Der prophète spricht : Herre, erbarm dich uber daz werk, daz in dir ist. Daz héchste werk, daz got ie gewarcht, daz geschah in barmherzicheit. Di bechantnuz di treit alz verre in, daz si daz wesen nimt bloz alz daz wesen in im sclber, aber da daz wesen sich selben

,0 verlizend ist und entsinket in im selben, da vellet bekantnuz ab.

Ditz spricht bruder Johannes : Ez ist frag under den meistern, wcder daz mugen in der sel oder in got [si], daz si got werden môcht. Ich sprich, daz daz mugen in der sel si. Sol daz geschehen, daz di sel got werden mak, so muz got wurchen in daz mugen und muz daz mugen in sich zihen : dar

,5 um ist daz werch in got und daz mugen in der sel. Wer ich allez daz [ich ?] pin, so wer ich got, so en wer an mir weder zit noch stat noch kein wandelhafticheit. Mir enist kein ding alz liht noch alz muglich alz got sin ; so belib ich an werch, da wedarf ich cheins werches zu, met soit ich ein anders werden, so must ich zu niht werden : nu bclip ich, daz

2o ich pin.

Ich sprich, daz chcin creatur alz snôd sic, si mug ein wesen geleisten ; alz verre alz si wesen mak gelcisten, so ist ir daz mùglich, daz si got sie, wan allez daz wesen ist, daz ist got.

Bischof Albrecht spricht : Den allererst ist der mensch ein gotlich

25 mensch, alz er gotlich influz enphet an hindernuzze. Ein heilig spricht : Daz liht meiner sel daz erlasch nie, und mein begir stund an underloz in der anschauung gotez.

Nr. II. Daz wort daz ich gesprochen han in latine etc. Pfeiffer 335 t'.

Nr. 12.

Eol. i6 b. In dem angeng waz daz wort, und daz wort waz bci got, und got waz daz wort, und daz waz bei dem angeng bei got. Und aile dinch sint durch in gemacht und an in ist nihtgemaht, daz gemaht ist. An im (daz) ist daz leben, und daz leben daz ist daz liht der liht und daz liht daz (17") leuhtet in der vinsternùzze, und daz xinsternùz wegriffet dez lihtes niht. Ein mensch wart gesant von got, dez nam waz

24 Silscholf Albrecht.

35

Johannes. Er chom in cin gczeugiuizzc von dcm liht. Er waz daz lilit niln, mer daz er daz gezeugnùz hilt von dcm liht. Daz waz daz war lilit, daz da erleuhtet aile menschen, di da koment in dis wcrlt. In dcr werlt waz er, Lind die werlt waz diirch in i,'emacin und di werit erkant sin niiit. Kr chom in sin cigcn. und si enpiigen sin niiit, und di in enpllgen, den yab er ^'cwalt ijotez chinder ze werden, di da f,'ehuihtcn in sinen namen, di. iiiht in dem blut noch in dem willen dez mannes, mer us got geborn sint. l:nd daz wort ist vieiz worden und wont in unz, und wir habcn gcsehen sein er alz oins eingeborn sunes von dcm vater vol gnaden und warheit. 1 liera» schlicsst sich die Prcdigt bei PfciUcr 527 tf.

Nr. i3. Fol. iS''. Dy gotheit di hat aile dink getan usw. Pfeiffer 532,

Nr. 14.

l'^ol. 21 ^. Unser lierre sprach zu sinen iungern : Eins cleines seclit ir meinn nieht usw. Pt'cilf'er i38.

25

Nr. i5.

Fol. 22''. Jhesus hub sein augcn aul' und saeh in den himel und sprach : Vater, di zit ist chumen, clar dincn sun, daz dich dcin sun wider clar.

Von der weis/ieit, da^ di sel irirt gelragen mit gotlichcr weisheil in goi.

Ez sprach auch sanctus Augustinus. daz aile di wort und di 1er der menscheit gotes sein ein bilde und ein figure unsers herren Icbens und grozzcr wirdicheit vorgot.

Di sel muz gelautert werden und chieinlich gemacht in ^dem liht der gnaden, und ailes abgescheiden und geschelt werden, daz fromdcs ist an der sel, und auch ein teil daz si selber ist. Ich hab ez mer gesprochen : Di sel muz also gar geplozzet werden allez dez daz zugevallen ist und alzo lautcr aufgetragen werden und wider einflizen in den sun, alz si 3o auzgeflozzen ist in im. Wan der vater hat di sel geschaffen in dem sun, dar um muz si alzo wider einflizzen in in, alz si auz im geflozzen ist. iNu spricht er : Er underhub sein augcn. In dem wortlein ligen zwen sin. der ein ist ein beweisung lauter drivaldicheit. Sùll wir immer chumen

r7 Vgl. das kicinc Bruchstiick aus dioscr Predigt bei PleiHer 224, 30 fi'. 18 daz di doin. 32 svven sin.

10

in den grunt gotes und in sein inneslcs, so muzwirzu dem ersten cliumen in unser cigcn grunt und in unscr innestes in lautcr drivaldichcit. Di mcister sprcciicnt, daz di sterne gizzcn allcn craft in den grunt dezcrtrichs und in di natur und in di élément des ertriches und wurchen daz lauterst

5 goit.

Alz verre alz di sel chumt in den grund und in daz innist irs wesens, alz verre ergeuzzct sich di gotlich craft zemal in si und wurchet gar vcrborgenlich und offenbar gar groz und gar liohe dinch in der minne gotes, di sich dem lautern goit gelicht. Daz ist der erst sin.

lo Der ander sin ist, daz sich di sel auftragen schol mit allcn iren

gebresten und irn sunden in demuticheit und schol sich sezzen und underbeugen under di portcn der wirdicheit gotes, da got auz smilzet in barmherzichcit, und schol auch auftragen allez daz tugend und gut werch in ir ist, und schol sich damit sezzen (23''») under di portcn, da got auz

i5 smilzet in gut weis. Alzo sol di sel volgen und sich orden nach dem bild. Daz ist: er underhub sein augen.

Ein meistcr sprichct, der listig wer und wol damit chund, der ordcnde wazzer uber wein alzo. daz dez weines craft mak darinne gewurchen. So macht des weines craft wazzer zu wein, und wer ez wol

2o geordent uber den wein, ez wûrd bczzer dan der wein : doch zu dem minsten wirt es alz gut alz der wein. Alzo ist ez in der sel, di wol (si) geordent ist in dem grunt der dimuticheit und alzo aufchlimmet und wirt aufgezogen in der gotlichen craft, di gereuwet nimmer, si chom goriht uf got und ruret in blozz und beleibet alzo inné (ist auch der sel wesen,

= 5 wan got ist ein lauter wesen). Ez sprichet ein meister : In got, der ein lautcr wesen ist, enchomet nihtes niht, ez sei lauter wesen. Dar in ist auch der sel wesen, di da geriht chomen ist auf got und in got. Dar um spricht er : Plr underhub von unden uf sein augen und sach in den himel. Ez sprach em chrichischer meister: Der himel bedeuthet alz vil alz einen

3o hùt der sunne, wan der himel geuzet sin craft in di sunne und in di sterne, und di sterne engizent ir craft inmitten auf daz crtrich und wurchent goit und gestein alzo, daz daz gestein hat craft ze wurchen wunderlich werch. Ein habent di craft, daz si an sich zihen gebein und cisen. Iglich gestein und chùrtel krùtel ist ein heusclin der sunnen, daz

35 in sich geslozzen hat ein himiische craft. Alzo daz der himel geuzet sin craft in di sterne, alzo giezent si di sterne furbaz in die chruter und in di tier. Daz craut ist edler dan daz gestein, wan ez hat gewaschendez leben. Ez vermocht nicht zu waschen under dem leiplichen himel, ez wer den ein vernunftige craft dar in, von der ez sein leben enpfhet. Alzo alz der

9 der creft sin.

nidcrste engel geuzct sein craft in den liimel und tut in umlaiifcnd und wurchet, alzo geuzet der himel sein craft gar heimiich in ein iglich clirut und in di ticr. Da von liât ein iglich ding ein eigenschaft dcz himcis und wurchet alumme sich sinibel aiz der himel.

Die tier trettend baz uf und habent sinnechlich lebcn und belibent 5 | doch in der zit und in der stat. Awer di sel trilet uber an iren hohsten naturlichen liht, uber zit und uber stat. in di glichnuzdcz lihtesdcr engel, und wurchet mit im vernunfticlich in dem himel. Alzo sol di sel allez uf chlimmcn in der vernunftigen wurchung. Da si iht vindct gotlihs lihtez und gotlilis glichnuz, do sol si huten und niht wider cheren, biz si aber k, baz ufgeclimmet. Und alzo sol si sich baz erhebcn in dem gotlichcn liht und alzo chumen uber aile hut in daz lautcr bloz angcsiht gotcz mit den engeln in den himel. Darum spricht er : Kr hub auf sine augen und sach in den himel und sprach : Vater di zit ist chomen, chlarweiz deinen sun, daz dich din sun clarweiz. ,5

^\'ie der sun den vater clarweiz und wie der vater den sun clarweis, da ist pezzer von ze sweigen dan zu reden ; si solten engel sein, di da von reden solten, aber von dem wortlein ein wenik (23 ^) wil ich sprechen, daz er spricht : Aile di du mir gegeben hast. Der den sin ciglich ansiht, so mcint er alz vil : alz daz du mir gegeben hast, ich gib in daz ewig 20 leben, daz ist daz selb, daz der sun hat in dem ersten auzburch und in dem selbcn grunt und in der selben lautercheit und in dem gesmak, da er sein eigen selicheit in hat und da er sein eigen wesen inn besitzet. Daz ewig leben gib ich in, anders cheines. Disen sin hab ich etwen gesprochen gemeinlich, aber hinnach t laz ich in, und leit eigentlich in der latine, 25 aiz ich immer gesprochen han du bit sic ! in selber und sprich chuntlich auf minen lip !

Daz ist daz ewig leben, daz si dich bechennen allein einen waren got. Bechanten zwen ein got, und ein erchant tausent, und der ander erchant got allein, wie clein daz wer, er erchant got me den di tausent. 30

Je mer got wird ein erchant, ie mer wird er erchant. Wer mein sel sinnelich und wer edcl und lauter, si erchant, daz wer niht dan in erchant ein engel ; und weren dez zehen und bechanten ein ander engel, der edler wer, daz selb ez wer ein. Dar um spricht sanctus Augustinus : Krchant ich ^ aile ding und erchant ich got niht, ich hct niht erchant ; erchen ich 35 aber got und anders chein dinch, so hab ich aile dinch erchant. le man nehern und tifcr erchent ein, ie man mer di wùrzellein erchennet, uz der aile dink gesprozzen sint. le man die wurtzen und den chern und den

12 I ersten auzburcli. - einen clianten (ausend. -

- 2.^ liin nach. 2(') vielleiclit : du beken selber ? 29 und 3o got ercliant nie den. 38 gesprochen sint.

ib

12

grund dcr fjotlicit nier crclicniict cin, ic man mer crclicniicl aile dink. Dar umh spricht cr : daz man dich erchenne allcin einen warcn got, und meinet. daz di sel ahschel allez daz man got zelegt in gedanchcn oder in verstantiiuz, und nem in bloz alz cr ist ein lauter wcsen : alzo ist cr war. 5 Dar Limb spricht iinser herrc : Daz ist daz cwig ieben, daz si dich erchennen alein einen warcn got. Daz wir chumcn zu dcr warhcit, dcz hclt" uns got.

Nr. 16.

Sta in porta domus domini et pra'dica verbum. IMcillcr l'io IF.

Nr. 17.

l'ol. 24-'. lierre, ez zimct wol dem hauz, daz ez helig sei, da man dich in lohct, daz ez sei cin bcthauz in dcr Icng dcr tag.

Ich mein di tag hic, wcn ich sprich : ein leng an leng, daz ist cin leng an breit ; wcn ich sprich : aile zeit, so mcin ich uber zit : mer allez hinuber alz ich nu sprach, da weder[hie] noch nu en ist. lun frauwc fragt unsern herren, wo man peten schold. Do sprach unser herre : Di zit sol chomen, und ist izunt. daz di warn beter suln got anbcten in dcm geist und in dcr worheit. Wan got ein gcist jst , dar unib sol man in anbcten in dem geist und in dcr worheit. Der di worheit sehver ist, dez en si wir

20 niht, mer wir sein war, da bei ist etwaz unwar. Alzo ist ez in got niht. Mer in dem ersten uzbruch, da di worheit uzbricht und enspringen in der porten dez gothauses, sol di sel ston und sol uzsprechcn und fùrbringen daz wort, alz daz in der ist [und] sol sprechen und loben : und di stimme sol niniant horen in der stille und in der reùw. Alz ich nu sprach von den

25 engcln, di da sitzen in dcn choren der worheit, di sint dcr] stul gotcz, in dcm got ruwet. In discr stil und in diser ruwc sol di sel stan, und in dcr porten, da sprichet got in di sel und sprichet sich allzemal in si. Da gcpirt der vater sin eingeporn sun und hat so groz lust in dem wort, und im ist so gar lib dar zu, daz er nimmer ufgehoret, er sprech daz wort aile zit, daz

3o ist ubcr zit. Ez chomet wol zu unsern worten, daz wir sprechen : Dinem haus zimct wol heilicheit und daz man dich dar in lob und daz niht dar in sei dan daz dich lob.

Ez sprichent unser mcister und fragcnt, waz got lob ? daz tut (24'') glichet. Alz allez daz da glich in der sel ist, daz lobct got ; waz icht

35 unglich got ist, daz lobet got niht. Alz ein pild lobct scinen mcister, dcr ez in si gedrukt hat und imz so^ar glich gemacht hat : di glichet dcz bildz lobet sinen meister an wort. Daz man got mit worten loben mak, daz ist

14 leng ein breit. i 7 warn berat. 20 etwaz enwer.

- i3

clcin, oder mit dcm mund hctct. Unscr herre sprach : Ir betct, aber ir cnwizzet niht. waz ir betct. Waz ist gebet ? Dionisius spricht : Ein vcrnunrtiges iifclimmcn in got, daz ist gcbctet. Kin hcid spriciit : Wo geist ist iind einiciieit und evvicheit, do wurcht got : wo (Icisch ist wider gcist, wo zustôrung ist wider einicheit, wo zcit ist wider cwichcit. do 5 enwurcht got niht, mer er chan damit niht.

Ich sprich : Allé [freud ?' und aile genùg und wunnc und aile wcld die man hic gchaben mak, daz muz alz ab ! Der got loben wil, der nniz hcilig sein und gcsammet sein und ein gcist und nindert uz sin, mer allez glich aufgctragen in di ewigen cwichcit. Min auf bohcn aile ich mcin nicht aile creatur, di geschaffen sint, mer allez daz er vermochte. ob er wolde dar ubcr sol di sel chomen. Di weil vor der sel icht ist, und di wcil ich[t vor got ist. daz got niht ist, so cnchomet si in dcn grunt nicht der Icng der tag. Augustinus spricht : Wen daz liht der sel uberschinet di creaturen. da in si ir wesen nemcnt, daz heizzet er einen morgcn : und is alz dez cngclz liht uberschcinet daz liht der sel, daz hcizet cr einen mittcn morgcn. David spricht : Dez rechten menschen steik is wcishet und nimet zu in einen vollen mittcn tag. Der steik ist schon und bcheglich und lustik und hcimlich : mer alz daz gotlich liht uberschinet daz liht dez engels, und daz liht der sel und dez engels licht flizzen in daz gotlich 20 liht alz ein fluz, daz hcizet er den mitten tach. Dan so ist der tag am hôhsten, und gcuzet di sun irn schein in di sterne, und di sterne giezcn irn schein in den man, daz cz allez geordent wirt undcr di sunnc. Alzo hat daz gotlich liht dez engels liht und der sel liht in sich gcslozcn, daz ez allez geordent ist und ufgericht stet : und da lobct ez allzemal got. Da en 25 ist niht mer, daz got niht en lobet und stet allez gotlich. ie glichcr, ie voiler gotez, und lobet alzemal got. Unser herre sprach : Ich sol mit cuw wonen in euwern hauz. Wir biten dez unsern herrcn, daz er mit uns won hic, daz wir mit im ewiclichen wonen in sinem hauz und ewiclich mit im sclich sc'in. Dez helf uns got. 3o

Nr. 18.

Fol. 24''. Man lisct an derheiligcn geschrift von virdhandcn chomen zu got. Daz erst ist \licgen, alz Ezechiel der prophet sach Séraphin vligen ze got. Daz andern ist climmen, alz Jacob der patriarch sach an der laitter. Daz drit ist pharen, alz Elias der prophet in dem feuren wagen. 35 Daz vird ist laufen uf den fuzen alz Moyses.

Wer nu chumen wil ze got alz (25 ") . . . Daz erst daz iVloyscs

7 aile werlt. 20 engels sich llizzeii. 3/ Beim Uebargang zu einer iieuen 1-age scheint der Sclireiber ziemlich viel iiberschlagen zu liaben.

14

genumen waz ah den wazzern. Daz andor daz er gar ein vernunftig mensch waz. Daz dritle daz er sein schcflin treib und weidet an di innern weid der wùst. Daz vird daz er di schuch abzog vor der stauden, da got in waz.

5 Daz erst daz Moyses ab dem wazzer genumen waz, [daz bedeutet'; daz

sicli der mensch genumen hab von dir valschen werld, von aile dem daz dar inn ist bozheit und unselicheit. Daz ander daz Morses senftmutig waz; alzo sol der mensch eines so senftes geists sein, da mit er aile widerwertichcit winde. Daz drit ist, daz .Moyses sein schefel treib an di

lo inner weid der wùst, daz ist, daz der mensch mit allen sinen sinnen, mit allen den creftcn siner sel sol aufcheren an di berge und an di wùst der hohen gotheit und sol da spisen sine schefel. Daz vird ist, daz Moyses die schuh ablost vor der stauden. Der schuh ist gemacht von einem toten leder und bezeihent, daz sich di sel ablozen schol von allen totlichen

i5 dingen und zergenclichcn und sich aufswingen mit dem obern teil der sel uber aile di ding, di der himel bedechet, wan si aile den tôt an sich tragent und ùppik sint, und sol blozheit von allen dingen warnemen, waz got mit ir reden wôlle. Dar um sprach unser herre zu Moysen : Zeuch ab din schuch ! daz ist di fuzze diner sel, daz ist : dcin verstantnùz

20 und dein bcgird soin niht gewunden sein mit cheinen totlichen ding, ob icht got mit ir reden sol.

Waz weg hat di gotheit oder wo mak si gewandein, wan si doch niht fuze hat noch niht daz leiplich ist ? Der weg der gotheit daz ist di cinicheit, da di drei pcrson wandelt in eime wesen under einander. 25 Daz wandeln der person ist, daz si sich chennen und minnen under einander. Ir iglich bechcnnet und minnet sich selben an der andern : also wandelt di person in der einicheit under ein ander.

Di fuze, da di gotheit mit get oder wandelt in di person alz di person in daz wesen : der ein fuz der gotheit ist di vorsichticheit aller ding, der 3o ander fuz ist di bcheilicheit der vorgesehen ding.

Nu môcht man sprechen : Waz weheglicheit môcht an got gevallen. wan von niht mûsten im aile ding behagen ? Wan daz er do sach. daz waz got. Dar uf spricht S. Dyonisius : Got der sach sich selber an allen dingen. dar um behaget got im selber, wan got ist an im selber ein einich gùt. ■ib Dar um sol di sel ansehen ir einvaltiges biide in got, daz nie auz enquam alzo enthotten allen dingen sic! . Wan di volmechticheit des geistes liget dar an, daz daz icht, daz er hat gsschafl'en, komet zu mit sinem niht, daz daz bild ist. Alzogot niht ist dan geist, alzo ist in auch daz bild nihtlj, an dem

I 9 den schuch.

- i5 -

wir doch niht erchenncn, wi wir ewiclich in gotgewcsenscin an unssclber. Dar uf i^sprichr S. Dyonisius : Di meist weld, di dcr geist hat, daz ist, daz cr (ver)vliezze in daz niht sines bildes und dar in vervlizze ; da vcrleuzet der geist sine werch und sein form und sin sin, und niht sein wesen. Doch so hat daz wesen dcr gotheit daz hloz wesen dez geistez aufgezogcn von im 5 sciber an sich und im gemachet glich, daz niht dan ein wesen scheinet. Alzo verleust der geist sein werch (25 ^) und sein form und sein sin. Alzo hat daz bloz wesen der gotheit den geist in sich verslunden, daz niht einbeleibet, dan die bloz ganster, daz da mens heizet. Dar uf spricht sanctus Dionisius, daz di gotheit allcn den crcften der sel ze niht wordcn lo sein. Daz meint Dionisius, daz daz bloz wesen der gotheit di bloz ganster dez geistez in sich gezogen hat und er doch nirgen grund vindet in dem wesen. Ditz bêchant Paulus, do er in den drittcn himcl gezogen waz und sach so getan dinch und hort sogetan wort, di man niht wol sprechen mak, und ruft mit lauter stim : O du her richtum der weisheit und der chunst. i5 wie Krundioz sint dein urteil und wie unbei'riffenlich sint dein wege !

Nr. 19.

Foi. 25 ''. O altitudo diviciarum sapiencie.

Di reichet gotes ist und niht en ist noch niht enhat allez, des man geworten mak. Di weishet gotes ist daz bechenncn aller ding, c daz si 20 geschehen. Di chunft gotes ist vcrneigung sein selbs in eincm swebenden liht. Dar uf spricht S. Dionisius : Daz liht. da got in wonct, daz ist sein selbs wesen, daz nimant bêchant ist dan im selber. Daz ist der hoh weg der gotheit, do nie crcatur inné gewandelt. Dar uf spricht got : Mein weg soit ir habcn ob den curen alz den himel ob dcr crde. Ditz spricht 25 ein heilig, daz niht nutzers sei noch geistlichers noch scligcrs sci dcr sel dan ze wandeln in ein bcchantnuz der heiligen drivalticheit.

Nu me'rket mit fleiz di underscheid der person und daz wesen ! Waz ist person ? daz da gebirt und auzgibt und gibt aile ding. Waz ist wesen ? daz da niht engibt noch nicht gebirt. Welhcs ist di vermugenhcit des Sn wesens ? Di vermugenhcit des wesens ist, daz es sunder personlichcit ist, (da niht daz es sicii von den person schcidc). Mer daz sclb wesen dcr person. daz ist auch wesen aller ding ; ez ist wesen dcr wcscnden und ist ieben dcr Icbenden und auch liht der liht. Alzo en ist ez niht umb di person, wan si sint niht person aller ding, alzo daz wesen aller ding wesen ist. Dez en 35 vcrmak dcr vater niht niemandes person ze siner sclbes person. Er gebar

2 di meist werlt.

- i6 -

an dcr pcrson uz sincr pcrson, niln aiiz dem wcscn. mer mit dem wcscn in daz wcsen. Alzo hat daz wcscn der wcscn dcu wcscnhcit der vcterlichcit durchviozsen gewaldig cincn zc machcn. cincn zc gcbcrnnc giich im sclber. Alzo ist geofFcnbart daz wcsen von dem auzgang der person. Daz s ist di vermuglichet dcr pcrson : ze offenbarn daz wcscn, daz sich von im sclber niht gcoffcnbarn mak, wan es wider gibt noch gcbirt. Di vcr- miigentheit dez wescns ist sein liohst vermugenthcit, mer cz ist auch offenbar im sclber. Di person bechennen und begriffcn gcntzlichcn daz wcsen .

lo Nu ist frag undcr den meistern, ob di person bechennen und be-

griffcn ze grund daz wcsen mit dem wcscn und niht mit den pcrson. Wan wcscn wirt von niht begriffcn dan mit wcscn : hie von sint di person gotes got. Mer daz ist auch alzo clein. daz si begriffcn hat, alz cin tropf wazsers wider dem mir. Doch do icht gotes ist, daz ist got alzc-

i5 mal; mer daz inblibcndc gut, daz ir cwiclichcn bliben sol, daz ist daz versplcndet niht, tut si vcrsenchen von ir selb.

Nu mach man fragen : war um ist niht cin pcrson, alz ein wcsen ist? Daz mùgt ir mcrken an allcn dingen, di da sint: di sint niht von ir sclber, mer si sint gesachet von einer sach, di irs selbes ist, daz ist dcr

20 vater ; und aller ding bilde in im hat, daz ist der sun ; minne ze dem selben bilden daz ist der hciligcist. Hier um enhet der (26 a) bild cwiclichcn aller ding in dem vater niht geswebet, so en moht dcr vater niht geborn haben. Ditz ist gcsprochcn von dcr gesachten mugentheit dez vaters. Hier um must nu mer person sein dan ein, wan an dem

1.5 ewigen auzfluzze von dem vater sein uzgcflozzcn aile dinch, und niht an in selbar. Also ist der ewig usfiuz ein sache aller dinge an der cwichcit : ab^r an der zeit sint si von niht geschaffen : da von sint si crcatur. Aber in dem ewig uzfluz. in dem si uzgcflozzcn sind sunder sich sclber, da sint si got mit got. Dar uf spricht sanctus Dionisius, daz di crst sach sachet

3o aile ding nach dem glichnùz ir selbs.

Nu m;rcht underscheid dez uzfluz in dcr cwichcit und in dcrzit! Was ist ein uzfluz ? daz ist ein bcheglichcit seines willen mit eim lihten underscheid. Alzo sei wir uzgegangen in der zeit in der behagenung siner minnc. D;r ewig uzHuz ist ein offenbarung sein selbs im selber : alzo

35 fleuzzct di offcnwarung in cin bloz bechennen sain selbs. Da ist be- chennen daz selb, daz da bêchant ist. Ditz ist der ewig uzfluz, dez nie ein zaher auzquam in verm^ngunge aller creatur. Ditz ist der sun. Von dem vater eincm zitlichen uzfleuzet aile ding uz mit mazsenj,, awer in dem

2 daz vvesen der wescnheit. 2,S ^cborclu haben. it) \n verinengiiuge.

I

15

ewigen fluz sint si sunder mazze bilden. Also ist der fluz verflozsen in sich selbcr. Dar ut' sprichi sanctus Dionisius: (îot der ist brunnc. der in sich selbcr ist verflozsen. Der vatcr ist ein sach dez siins, daz ist an siner ewigen geberiinge ; der vater und der sun, uz dem der iieiligcist geflozsen ist, (geflozsen) daz ist ein ewige eingizzung.

pja, nu moht man fragen, wie ez sei um di veterlicheit, weder si sei ursprunlicheit des wesens oder daz wesen ursprunlicheit si der veter- licheit. Nu verstet mit eim erleuchteten geist, daz daz wesen nocii en minnet noch en gebirt niht. W'cr das wesen ursprinlicheit des vatcrs. so wer daz wesen berende : alzo en ist ez niht. Wer aber die veterlicheit ursprinlicheit des wesens, so wer daz wesen nemend : also ist ez auch niht. Da(z) daz wesen in im bioz hat sich selben, al da ist ez niht dan bloz wesen : mer di natur dez wesens, di selber doch daz wesen ist, di(ch) naturet in di genaturten natur di verborgenheit ir selbes natur. Di verborgenheit ist niht von dem niht, von dem niht ist sie ein, von dem einen ist sie al, von dem al ist si aimai, llir umb ist sie niht nihtes niht, hir um ist si ein einik ain und ist auch aimai.

Ditz ist di ursprinlicheit des vaters, und der vater ist ursprinlicheit des suns, und si beid sint ursprinlicheit irs geistez, di ein natur mit in beiden ist.

Eia, bold der geist, der da gemein ist, von im selber in daz rich bloz bechennen, daz doch unbechant ist den, di niht bloz sint irs wesens ! Wen di bloz sel mit irm verstantnùz iht gotez enpheht, so bêchent si sich selber. Swen si bêchent, wi si ze im gehoret und wie si bcid in einung sein, und moht si den von der swer irs lichnams, si bleib stetlichen da. Daz hoh bechennen, daz di sel hat von der verborgen unbechantheit, daz ist, daz Job spricht : Di gruntlicheit des mugenliches geistes chomet (er) und runt ze den orn der man. Waz meint er mit der gruntlicheit? Daz ist di sorchjsamicheit in disem bechennen, von dem hie gesprochen ist, die ofTenwarung der blozsen verborgen wohrhcit. Daz runen ist di ver- llozsen einung, da daz bechantnuz und der (26 ^) bechcnner ein sint. W'an di bechantnuz ist manigen leuten unbechant.

Nr. 20. Fol. 26 h. Doinine. in dicione tua cuncta sunt. Sievers 413.

Nr. 21. Fol. 27. W'ir schullen ewiclich also arm sin. Pfeiller 532,.,^. 3;

8 ork'uclitcntom i;eist. 2S niim. 2.S rumen.

3o

- i8 -

Nr. 22. Fol. 28. Justi in perpetuum vivent. Pfciirer 189.

Nr. 23.

Ein won ist in dcm ewangciio. daz spriclit aiso : Icli sent cuch 5 meinen engel. Pfeifl'er 161.

Nr. 24.

Fol. 29''. « In dem anbegin waz daz wort, und daz wort waz hci got, und got waz daz wort ».

S. Augustinus (spricht) der wedeutet ditz wort, daz es svvcr ze vcr-

■" nemen sei. Wer es niht vcrsten chan, der sol wissen, daz es schuld ist seines ungeùbten sinnen in dem liht und in der gnad. Der ditz niht verstet, der bit got, daz er iniz ze versten geb. Der hie von screibet, der screibet es niht dar um, daz man hie von singen soit, alain man doch wenik hie von sprechen mocht, wan es ist veste allen m^nschen. « In

'^ dem anbegin waz daz wort », daz ist daz der sun gaborn ist von dem vater : « und daz wort waz bei got », daz ist, daz di person des suns waz ewiclich bei der person des vaters. « Und got waz daz wort », daz ist, daz der sun daz selb ist, daz der vater ist an dem wesen.

Nu merchet mit fleiz und mit einem auferhaben geist ! Ditz wort waz

2" ein anbegin, ein ersticheit, alein man dar an chein ersticheit gesetzen mùg, daz ist ze vernemen von der person, dar en ist chein e dan di ander. Da von heizet es ein ersticheit, wan es chein anbegin hat. Wan aile ding habent an im anvank, vor im niht en ist, und er e ist dan iht. und auch man anders niht lebsn mak, wan aile ding weisent ze der ersten

=^5 sach, von der si geschaft'en sint. Da b^darf niht die ersticheit der andern alz di ander der ersticheit; da beweiset di ander, daz si der ersticheit niht gelaugen mak. Dar uf spricht s. Augustinus von allen creaturen, daz si daz angeng niht en sein. Ditz ist gesprochen von dem angeng, dar ab spricht sanctus Johannes.

3" Nu merket, waz badeutet daz, daz wort in im ; daz bedeutet als vil,

alz da chein underscheid niht en ist, alz auch en ist sic ! . Wan daz wort hat ewiclich geswebet in dem begin an underscheid des wesins. Dar ut spricht sanctus Dyonisius: Got ist in sich selb^n verflozzen. Daz wort bei waz es ist in niht ist leiplich no;h materielich, dar um ist es unverstent-

35 lich allen creaturen. War um spricht er : « daz wort waz » ? da meinet er,

24 niht lobcn mak. 20 F,s handelt sich liier wohl uin eine misverstandene Deutung der Wôrtclicn « in » und « bei ».

19

daz es anders niht wcr don cin lauter vcstantnùz. W'as man aiidcrs davon spricht, daz ist ditz wort niht, wan es ist ein verstantnùz, daz sich selben verstet. Alzo spricht daz dem vatcr, wan im ist offenbar, daz er ist. Dar iif spricht s. AugListinus : Alz cin meistcr. der aile chunst in im het. der niht auzzer im suchet. sunder einen iungern het, in deii er gûzz aile sein 5 chùnst, so oit'enbar der iunger seinen meister. Alzo hat der vater in seinen sun gegozsen ailes daz er ist ; alzo ist der vater geotTenbart an seinen sun, wan es uzbracht hat an der ewigen gebùrt di naturen und daz selb wesen, daz der vater ist, und er doch ein ander ist an der person. Wan waz die gotheit aufheltet, daz heldet auch di menscheit mit ir uf, m di ditz wort an sich genumen hat. Waz man anders gesprichet, es S2i vveisheit oder der schein oder ein pild, daz ist es ailes ze clein gesprochen. Wie daz sei. daz er di natur und daz selb wesen sei und doch ein ander person, daz ist ob virsten allen menschen.

Nu mocht man sprechen : Was nùzzes ist den dar an ? Der es relit i.s merken wil, so hat di sel ein glichnùz des selben gotes und daz leit an den obersten creften. Di erst craft wurchet sich uz und hôrt und vernimt (30=") und zeuht in sich aile leipliche dinge geistlich.

Di ander craft di schauwet es an und machet es ir glich und treit es uf die ersten sach. Di drit craft, an der si volchomen glicheit het des ersten 20 wesen s ; alz daz wesen in im selben ist sein virsten, alzo ist in der sel ein ursprunk, an dem si aile worheit versteht. Dar uf spricht ein hoher meister: Swer di worheit versten schol, der sol si niht versten, alzo alz si worheit ist, alein er sol si auch in einer warheit versten. Ez ist gewiz, daz der ursprunch der ersten worheit in uns ist beschenlich. Swen der 25 geist dar ze chumt, daz er ubernement wirt von der anschauung geistlicher pild in daz ungepiltes wjsen der ersticheit, da kùmt der geist wider in den ursprunch der ersten sach. Da von spricht der prophet : Wer da chumen wil auf den berk der hohe des wesens von geist, der schol sunder sunde sein und sol gescheidcn sein von allen leiplichen dingen und schol 3o ûber gen aile di creft der sel. Wan di oberst craft da sol er in wonen, in der wirt er gefuget in daz erst wesen.

Nr. 25.

Fol. 3o. Man liset in dem ewangelio von einer witewen sun usw. Pfeififer 253. ' 35

Nr. 26.

Fol. 3i. Maria Magdalena saz zu fùzen uns;rs herren und hort s:in wort. Sicvers 25 1 .

ÎO

Nr. 27.

Fol. 3i i'. Circumfulsit Pauliim lux. Sanct Paulus umviench ein

liht und slug in nidcr, da hort cr cin stim, di sprach : Saule, Saule, war

um echtest du mich ? Do sprach er : Herrc, waz vvil du, daz ich tun ?

5 P> wart gezuchet in den dritten himel. Der zuk ist aiz \il alz daz er

uber di natur ist oder gezogen uber die dinch. di naturlichen sint, und vil

alzo von seiner natur. Damescenus der sprichet : Der mensch ist ein pild

gotes, dar um ist im zimlich, daz er got bechenne, und doch niht mit

(32 ^) natur. Ez geschiecht, ob ir mir gelauben seit, uber di natur.

,0 Wie bêchant cr ? Wart er entzuckt in den dritten himel, in dcn

himel. da got ist. niht da im bevveiset vvurd ein form ? Ein heilig spricht :

Cjot ist ein liht. da niht zeganges ist. Sanctus Augustinus spricht:

Der Sun von dem vater alz liht \on liht. Wan got ist ein unbegriffen-

lich liht, es ist so uberswenk, daz man in mit verstantnùz niht begriffen

,5 mak, wan er ist ein liht uber natur. Daz liht ist niht ein glichnùz, daz

man seht mit glichnùz. Dar um enbleib er da niht. Diiz liht ist zweierlei :

eines ist formlich liht. daz im beleib in der bechantnùz ; daz ander beleib

im niht in der bechantnùz. Di weil er enzucket waz, do het er glauben

noch geding. Er bêchant sunder bild, an mittel got in seinem wesen, alz

20 er ist.

Nu ist ein frag, ob Saulus tôt waz oder lebend. Nu spricht er selb : Ich weis einen mensch in Cristo, der wart enzuckt in den dritten himel. weder ez wer in dem leib oder niht, des weis ich nicht, mer got der weis es Nvol. Sanctus .augustinus spricht : Dez en sol sich nieman annemen, 25 daz er daz sprech, wan er ez selben niht en sprach. Er sach an pild. niht anders den mit im selben. Im beleib chein craft, die sinlichwaz; im heleih niht craft dan verstantnùz. Swaz leben gibt, des waz niht in Saulo, mer im beleib vil minner den einem, der da sletfet, daz hat doch bild in dem traum. 3o Nu ist ein frag, wie vil er bêchant got. Er bêchant got, alz er waz,

und beleib niht, alz er bêchant, es wurd gedruckt etlich bild in in. Dar um beleib er niht selich alz di heiligen. Im geschach alz einem menschen, daz von sehen rot wirt : so daz abgat, so ist es aber pleich. .\ber di heiligen di sint stct rot alz ein mensch, daz von natur rot ist. S5 Ein lerer spricht: Ein mensch môcht alz groz gir haben, er wùrd

erzucket, daz er went, daz er enzucket wer und doch niht wer enzucket. mer cr chumt wol in ein vcrgezzen sein selbs. Ein volchomen sache ist unser begerung nicht, mer alcin daz verstantnùz wart enzucht.

Do Cristus stund an dem creutz, do sach sein sel got an. alz si hent

I

21

dises tages tut. awcr di glori mocht niclit iizfliiz haben in den leip, er wcT anders untôtlicli f,'c\vcsen. Wan cr chcin lielf het \on der sel, so waz sein pein grozzer den ie cheines nicaschen. Alzo waz es um sand Paulo : wer den nidern creften iclit worden des ziickes, so wer er iinleidlich i,'e\vest, und da von waz cr wurcliend. 5

liz ist daz bestc, daz man mit der gnad besletij; daz hertze. Nilit isl iioiier dan gnad. Volchomenheit eines dintjes leit an dem cnt, spriclit der wcis man. Der mcnsch chùmi nimmer zu dem besten, er begrifsein ende. Allez daz ist mak in nicht begrillen von naturlicher art. Dar um wan so cr uberswenket, so ist unmuglich, daz di sel got begriffen mug, si m enwcrd geruchet uber natur, daz ist gnad. Gnad ist ein anvanch. Daz minneste, daz gnad heizset, vvurchet mer (32 *>) dan aller creatur natur. Gnad di zeuhet natur in got. Daz minnest wcrch daz gnad wurchet. ist uberswenkcr dan ailes daz creatur wurchet. Mit der minsten gnad wird creatur gezogen uber ail engel natur sunder gnad. Daz minst, daz gnad ,5 i.st, daz ist edler und hoher dan allez daz creaturen gewurchen mugen. Der minst mensch mit der gnad ist pezzer dan aile menschen sunder gnad. Gnaden werch ist ob aller creaturen wcrch. Got wurchet einen iglichen in gnad. In gnad zeuhet got den geist uber sich selben. Aller naturen werch ist gemezsen, gotez werch in gnad ist ungemezsen. Da 20 got bleibet in der sel, und ruet di stl, da wurchet er in gnad. .Mz gnaden inchomen, so zeuhet er di sel uber sich selben. Darum spricht er : Ez ist daz beste, daz man mit der gnad bestetiget daz hertze. Swaz nicht stet ist, daz fleuzet. Gnad wurchet nach gotlicher natur. Gnad ist nindert wan in wcsentheit der sel, nicht in dem hertzen, wan ez ist leiplich ; und er] 25 sprichet doch : Es ist daz beste, daz man mit der gnad bestetig daz hertze. Gnad ist nindert den in dem grund der sel, da si gezogen wirt in daz uberwesen. Daz hertze lebet von der sel, alzo ist gnad in dem hertzen. Awer eigenlich so ist gnad alein in dem wcsen der sel. Daz hertze hat di art, daz'cz nimmer enpheht, den so es stirbet. Ich sprich : Ez mag 30 cheinen wctag leiden an tod, und man sprichet doch : mir ist an dem hertzen we. Ez ist niht an dem hertzen, ez i.st um daz hertze. Daz hertze ist aile weg wurchend und wird doch nimmer mud.

Daz wir mit der gnad bestetiget werden, dez helf uns etc.

Nr. 28. Eol. 32''. Jésus hiez sein iungern uf'gen in ein schetflein und liiz si varn uber di wùt. Wie heizet daz mer ein wut ? Daz es wùtet und unrubik ist. Er hiez sein iungern ufgan. Wer daz vvort horen wil und 1 2 daz inneste.

22

Cristi iungern wcsen wil, der muz aufj,'en iind sein verniinft crlieben liber leipleich dinge und muz varn uber di wùt der unsteticheit der zergenclicher ding. Alzo lang alz da iht ist wandelwertichcit, ez sei chun- diclieit oder zorn oder trauricheit, daz wedekt di vernunft, daz si daz worl 5 nicht gehoren mack. Kin meister spriclit : Wer naturlich dink verstan schol und auch materieiich dinch, er muz enbiozen sein verstantnùz von allen andern dingen. Icii han ez auch mer gesprociicn : alz di sun irn schein uzgeuzet ut" di leipiichen ding, waz si den begriffen mak, daz macht si clein und zeuht ez auf mit ir macht. Der schein der sun, da er

,o auf geflozsen ist, wen er ez aufzcuhet in den luft und ez den groz ist an im selber und warm von der sun, wan ez den aufclimmet ze der chelten, so findet ez ein widersiak von der ciielten und wird hcrnider geslagen und wird zu regen ode ze sne. Alzo ist der heilig geist. Er herhebet di sel aut (33 ^) und derhebet si und zeuht si auf, und wer si bercit, ez zug

,5 si in den grunt, da er auz geflozsen ist. Alzo tut der heilig geist : liz man in in der sel, so climmet si auf: alz der heilig geist abvellet von der sel, so sinket si nider. W'an waz von der erden ist, daz sinket; fiir und waz von feuwer ist, daz wirt aufwertes gezogen. Dar um muz der mensch under di fùz getreten han aile dinch di irdisch sint und ailes daz ditz

2o verstantnùz bedeken mak, daz da nicht beleib dan alein. daz dem ver- stantnùzz glich ist. Wurchet si noch in verstantnùz, so ist si dem glich. Di sel, di alzo aile dinch uberchumen hat, di herhebet der geist und underhebet si mit im in den grunt, da es uz geflozzen ist. Ja, er hcbetj si in ir ewig pild, da si uz geflozzen ist, in daz pild, da ir aile dinch al

,5 einik sint, in di weit und in di tietf, da aile dinch wider in endent. Der

hie ze kumen wil, der muz aile dinch under di fùz getreten han, di den un-

glich sint, und daz wort hôren wil und Jhesus junger wesen wil dez heiles.

Nu mercht ! Sanctus Paulus spricht : Alz wir mit dem enplôzten

antlùze anschauwen den glantz und die clarheit gotz, so werden wir

3o wider gepildet und ingepildet in gepild, alz da sich di gotheitgab in unser frauwen vernunft alzemal, wan si bloz und lautcr waz, do si got in sich enpfinch. Von der ùberfùlle der gotheit prach ez uz und floz ûber in den leip unser frauwen und wart gepildet ein liht von dem heiligen geist in unser frauwen leip. l'nd het si di gotheit nicht getragen in unser frauwen

35 leip in vernunft, si en het in nie enpfangen leiplich. Ein meister sprichet, daz es ein sunderlich gnad ist und ein groz gab, daz man mit der veder des verstantnùz ufflig und erhcb sich vernunfticlich gegen got und werd ubergefuget von clarheit mit clarheit. Di vernunft der sel daz ist daz

38 und weder ubergefuget.

23

liochste dcr sel. AIz si f,'esterket isl in got, so wirt si gefuret von dem heilif,'en geist in daz pild und dar gceinigct. IJnd mit dem pild iind mit dem hciligen geist wirt si durch gefurct imd ingefuret in den grunt, da der sun in gepildet ist. Da so! di sel in gcpildct werden, di da aizo ingevurt ist und imdcrfiozzcn und ingefîozzen got ist. Der sint aile creatur under- 5 tenik alz sant Peter: diweil sein gcdank einvalticlich underfiozsen und eingeflozsen got waz, do sloz sich daz mer zesam under sein fùzz, da cr ut" dem wazzer gink : zchant do er den gedanch dor ab chert, do sank er.

Ez ist wol ein groz gab, daz die sel alzo eingefûrt wirt von dem heiligen geist, wan alz der sun geheizzen ist ein gab, alzo geheizet in di ,0 geschrift.

Ich han auch mer gesprochen : Min minnet got als er gut ist. En wer er got nicht gut , so minnet di min] sein nicht und nem sein nicht ze got. Cjùt an minne en het si nicht. Vernunft der sel minnet got alz er ein lauter wcsen, ist ein uberswebendes besen. Wan wesen und gût und worheit ,5 sint gtich preit und alz verre wesen ist, so ist ez gut und ist war. Nu nim gùt und ieg si auf wesen ; daz bedekt wesen und macht im ein hùt. wan es zugeleget ist; (33'') so nemen si in auch alz er worheit ist. Ist wesen worheit? Ja, wan worheit bestet an wesen, wan er sprach zeMoyse: Der da ist, der hat mich gesant. Sanctus Augustinus spricht : ^o Di worheit ist der sun in dem vater; wan worheit bestet an wesen. Ist wcsen worheit ? Der des manigcn meister frcget, er sprech : ia ! Der mich selb gefraget het, ich het gesprochen : ia ! wan worheit ist auch zegeleit. Nu nement si in alz er ein ist, wan ein daz ist eigenlicher ein dan daz da eint. Da al ander ab geleit, mer doch daz selb daz da abgeleit ist, daz selb daz ist zugeleit, in dem daz es andert.

Und ister noch gùt noch wesen noch worheit noch ein, waz ist er dan ? Er ist auch nicht, er ist wedcr dicz noch daz. (jedenchst du noch icht der, daz en ist er nicht. Wa sol den di sel nemen worheit? Vindet si da nicht worheit, vda si in gepildet wirt in ein einicheit, in di crsten lauterheit, in den indruk der lauter wesenlicheit ? (vindet si nicht worheit). Nein, si en vindet chein grifFeiner worheit, mer do chomet worheit nach, da chumet worheit ab. Sanctus Paulus (spricht) wart gezucket in den dritten himel. Welties di himel sein, daz merket : der ein ist obsein aller leiplicheit, der ander ein enfremden aller pildicheit, der dritt ein ploz versten an 35 mittel in got. Nu ist ein frag, ob man sanctum Paulum het gerûcht in der zit, do er enzuchet waz, ob er sein het enphunden. Ich sprich : ia, do er beslozzen was in den slozzen der gotheit, het man in gerùrt mit

25

3o

35 ein enlreuden. aller mittel.

einer nadeispicz. er wer sein j^cwar worden. W'an sanctus Aiigutinus spricht in dem puch \oii der sel und von dem gcist : Di sel ist ge- schaften alz aut ein ort zwizen zit und cwiclicit; mit den niderstcn sinncn nach der zil ubet si zitlicli ding, nacli der oherslen craUt begrillet 5 und enphindet si an zit ewij,' dinj;. Darum spricht er, iiet man geruret sanci Paul mit einer nadeispicz in der zit seiner enzuckung, er wer sein gcwor worden, wan sein sel beleib in seinem leib, alz di form an ir materie. lind alz di sun erleuchct den luft, und der luft di crden, alzo enphink sein geist lauter liht von £,'ot und di sel von dem geist und der

,o leip von der sel. Alzo ist otlenbar, wie sanct Paul wart cnzuckt und auch

beleib. Er waz enzukt noch der f,'eistlichcit. er beleib noch der selicheit.

Di ander frag ist, ob sant Paul verstund an zeit oder in zit. Ich

sprich : Kr verstund an wan, er verstund an zit: wan er verstund nicht

von den engeln, di in der zeit geschatten sint. sunder er verstunt \on got,

,5 der da waz vor der zit, den nie zit begreif.

Di dritt frag ist, weder er in got verstund oder got in im. Ich sprich : Got verstund in im, und er alz nicht in got. Nenict ein glichnùz : di sun schinet durch daz glaz, daz wazzer von der rosen chumt mit clukheit der materie des glazes von der berlichen craft der sonne : alzo birl di sun in

20 dem glaz und nicht daz glaz in der sun. Alzo waz ez um sanctum Paulum : do di clar sun der gotheit sein sel durchschein, do wart uzge- drungen von der heiligen rosen suzzes geistes des minneclichen gotlichcs (34'') underscheides fluz, von dem der prophet sprichct : Der sturm des fluzzes erfreuwet nie mein stat, daz ist mein sel. l'nd daz geschah

25 im doch von clarheit seiner sel, di durchdrang di minne von berungder gotheit. Di gemeinschaft des leibs irret, daz dein sel nicht alz lauter versten mak alz der engel, awer alz vil alz man bechennet an materlich ding, alz vil ist man cngelisch. Di sel erchennet von auzzen, got verstet in im selben durch sich selber, wan er ist ein ursprunch aller ding.

Nr. 29.

Fol. 34''. Jésus sprach zu seinen jungern : Selich sint di augen, di sehent, daz ir sehet. Tractât von der wirkenden und moglichen 35 Vernunft (Sitzungsberichtc der k. Akademie, phil.-hist. Classe. Mûnchcn 1871, S. 170. Preger II 146 fl").

-Nr. 3o. Fol. 36^. Wer belle noch himelrich nicht usw. PfeiH'er 5 16. u-520, :;,.

25

Nr. 3 1 . i

Kol. 38 •'. Meistcr F^kkan sprach : Diz wort, di(ch) icii han fur gcleit in latcin di sint fjcscrebcn in dcni puch dcr weisheit und list man si \on sanct Aui,'ustinu,s und sprcclien in dcLisch alzo : Alz cin inorycn- stcrnc enmittcn in dcni ncbel und alz vol man in scincn tagcn oder 5 alz cin widerblicken odcr cin widerschcin dcr sun hat diser herrc uz i^'cschcin in dcni tenipcl gotes. Jch nim daz Ictztc wort : dcn tempel gotz. W'az ist got oder waz ist gotz tempel ? Vir und zwcnzich meistcr chomen zusam und wolten aile sprechen. waz got wcr. Si chomen und iglicher pracht sein wort, der nim ich fùnIV. Kiner sprach: Got ist etwaz, gegen ,, dem aile zitlich dinch und wandelwer niht en sint. Der ander sprach : tint ist etwaz uber wesen. Der dritt sprach: Cîot ist ein vernunfticheit, dcr da lebt seins alleins bechantnùz.

Ich la di ersten und di letzten zwci und sprech \on dcm andern. daz got ist etwaz uber wesen. W'an alz daz wesen hat zeit oder stat, daz rùrt zc got nicht, wan er ist da oben. Got ist in den dingen. alz si wesen habent und ist doch da obent, wann waz in vil dingen cin ist, daz mùz von not oben dcn dingen sein. Daz selb, daz er ist in allen dingen, daz ist erauch oben dcr dinge. Ktlich meistcr wollent, daz di sel aizemal in dcm herzen sei. Dez ist nicht : di sel ist aizemal ungeteilet, in den augen unge- teilet, in den fuzen ungeteilt, in cinem iglichcn glid ungetcilt. Ich nim ein stuk der zeit, daz ist der tag heut noch der tag morgen : so nim ich awer nu, daz nimt in sich aile zit. Daz nu, da got di werlt in macht, daz ist alz nahen dem tag, der gester waz, alz daz nu, da ich itzunt inné sprich : der iungest tag ist alz nahen in ewicheit alz daz nu, da ich izunt inné sprich.

Gros meistcr sprechen, got der sei ein lauter wesen. Dez ist niht! got ist ob dem wesen alz hoh, alz dcr oberst cngcl ob einer mukken. Da niht wesen waz, da wurht ( wart) got in nichtwesen wesen. Chlein meister lèsent in der schui, daz aller hande wesen sei in zehen weis geteilt, di sprechen si got aizemal ab, der enrùret got chein noch verbirt in ir chein. Di erst und auch di grôbste. di wescns aller meist treit. di ist glich dir, di wesens aller mynsj treit. wan si habent ein pild in got. In got ist aller ding pild glich, awer ungelicher ding pild. alz dcr engel und di sel und di mukke. Alz ich gesprochen han : got der enist nicht wesen, da mit han ich im nicht wesen abgereret, mer ich han es im erhohet. Nim ich cupher in dem gold, so ist es da. awer in eincr hohern weis, wen es an im selber sei, und

i5

25

35

' Vgl. l'I'eiller 267. Zcilf 1 3 ciUstandeii,

10 l);c Zahl lunl ist ollcnbar durch cin jMisvcrstandiiis von

26 -

f;ebrichet docli cupbers in dem t^old niclit. Ein meister spricht, iinddaz ist sanctus Dionisius : (iot ist weder ditz noch daz. VVcr went, dcr got habc bêchant, bêchant cr yc icht, daz istgot nicht. Sanctus Augustinus spricht : Got ist gevvaltig an gewalt und weis an weisheit und ist gùt an gut. Ein 5 meister spricht: Got ist etwas, daz wurchet in ewichcit ungetaiit in im selber, der nimans hilf noch gezeûg bedarff, in im seiber bcicibent ist, nichtes bedarf und sein aile aile ding bedurfen, da aile ding in krigen alz in ir letztes end, da end ist an weise und entweschet der weis und got in di freùd.

lo S. Bernhardus spricht: Got zu minnen daz ist weis an weis. Ein

arczt, der ein sichen gesunt wil machen, der enhat nicht weis, wie gesunt cr in machen wolle, er hat wol weis, wo mit er in gesunt machen wôli, alz gesunt (28 t") alz er immer malc, und daz ist an weis. Wie lip wir got sullen haben ? alz lip alz wir immer mugen, und daz ist an weis. Chein dink

,5 wurcht ob scincm wesen. Daz feuwer wurcht nicht dan in dem hoitz. Got der wurcht ob dem wesen an der weise, da er sich geruren mak. Got ist gut, er ist pezzer, er ist aller peste. Gut lebt an wesen und ist nicht breiter dan wesen ; wer nicht wesen, so wer auch nicht gùt; wesen ist noch lauter dan gùt. Nu spricht unser herre : Ez ist nimant gut, alein got alein. Den

20 liiez wir ein guten menschen, da der ist nutz und gcmcin. Her uf spricht ein heidnisch meister : Elin einsidel ist weder gùt noch boz in dem sin, wan er nicht nutz und gemein ist. Chein dink gemeint sich von dem sein, daz es sei, wan si von im selben nicht en sein. Daz selb daz si sein, daz habent si von einer andern. Got ist daz aller gemeinst, wan cr von im

25 selber ist, daz er ist. In allen seinen gaben gibt sich got alzemal got alz er ist, der in enphahen mocht, alz er ist. Di sel di got mint, di mint in under dem vcl der gùt.

Noch sint ditz allez heiden wort, di nicht bechanten dan in natur- lichen wechantnùz. Noch en chum wir nicht zu der heiligen meister

3o wort, di da bechanten in vil hoherm licht.

Ich laz in der schui, daz vernunfticheit wer edlcr dan wil. Ein ander meister laz in einer andern schuI, daz wil sei edler dan vernunfticheit. Dez ist nicht. Wil nimt di dinch, alz si in in sein, vernunfticheit nimt di dinch, alz si in ir sein. Daz ist war. Ein auge ist edler an im selb dan ein

35 aug gemalt an di want. Nu nem wirs in der sel. di hat auch ein irôplein der vernunfticheit, di hat creft, di wurchet in dem leib. Ein craft, di deut und wurchet mer in der nacht, dan in dem tag, da von der mensch zu nimt. Ein ander craft hat di sel^ da mit ich gedench. Ich gedench an ein rosen in dem winder, so nicht rosen ist. Mit der craft wurchet di sel in

40 unwesen und volget got, der in wesen wurcht.

27

Ein ander craft liât di sel in den aiigen, di ist alzo cleinlich, daz si di dinch nicht nimt, alz si in in" sein, si muzen e gelautert wcrden in dcm luft und in dem liht. S. Jacobus spricht : Aile groz volchomcn gab chumt von dem vater der liiit. (Meinen al valle in verbleichen me im vcr- wept'en.) Nem wir got in wesen, so nem wir in in seinem fùrbùrge. Wesen 5 ist gotes fùrbiirge, do er inn wont. Nu, wo wonet got in seinem tempel ? Vernunfticheit ist der tempel gotz, da er in wont und lieilig in scheint. Nindert wont got eigcnlicher dan in seinem tempel der vernuntticheit, wan er da in seiner stilheit ist , da ni nicht in gerurt. Got in seins aleins bechantnùz bechennet sich selben in im selben, alz der ander ,0 meister spricht : Got ist ein vernunfticheit, der da lebt in seins aleins bechantnùz.

Der ein chunch cleid in grab cleider an dem tag, alz er zu chunch gemachet wurd, der het in nicht wol gechleit. Gut ist cleid, da got under verborgen ist. Wen nicht gùt in got, ein wil wolt got nicht. Ich bin ,5 dar um nicht seljch, daz got gut ist ; ich pin auch dar um nicht selich, daz got vernunftig ist und ich daz bechenne; ich sprich awer, daz ver- nunfticheit ist pezzer dan der wil, wan vernunfticheit zeuhet got ab daz vel der gùt und nimt in bloz, da er encleidet ist von gut, von wesen und von allen namen. Di vernunfticheit gotz ist, da dez engels wesen und 20 sein Icben alzemal an hanget.

Man fraget m ich, weder daz bild eigenlicher in dem spigel sei oder in dem, von dem es auz get. Ich sprich : Es ist eigenlicher in dem, von dem es auz get. So der spigel vor mir stet, so ist mcin bild dinn, (Bg'») so awer der spigel ab velt, so ist mein bild nimmer din : mein bild ist in ^5 mir, von mir, ze mir. Di vernunfticheit gotz ist, da des engels wesen und sein leben zemal an hanget, da er sich in bêchent alz ein morgenstern enmittel in dem nebel.

Daz eigenlichst daz man von got sprechen mag, daz ist wort und worheit. Wan unser herre sprach : Ich pin di worheit, und sanctus 30 Johannes sprach : In dem beginne waz daz wort. Do mcint er uns, daz wir sein pei dysem wort ein peywort. Recht alz der vreistern, der an dem freitag ist gênant frei, als er vor der sun auf get, so heizet er ein morgen- stern, so er nach der sun get, so heizet er ein abentstern ; under wilen ist er ob der sun, under weillen under der sun. Under allen stern ist er der 35 sun aller neste.